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Posté par Michel le Mercredi 08/04/2009 à 00:00
Améliorer la vue en modulant l'activité cérébrale
Peut-on améliorer la vue en modulant l'activité cérébrale ? Oui, répond Elvire Vaucher, de l’École d'optométrie de l’Université de Montréal, qui a récemment démontré que les neurones cholinergiques du cerveau jouent un rôle précis dans l'apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences, d'attitudes ou de valeurs culturelles, par...) et l'attention visuelle. «Ils ont notamment pour fonction d'accroitre l'intensité de la transmission nerveuse des neurones visuels», affirme la scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les...).

C'est du moins ce qu'elle a constaté au cours d'une expérience menée avec des rats dont les neurones cholinergiques avaient été lésés. «C'est clair, relate la chercheuse. Les images du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...) en action obtenues par neuroanatomie fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en...) montrent une activité beaucoup moins intense des neurones du cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) visuel chez les rats qui avaient une insuffisance d'acétylcholine. En revanche, lorsqu'on administre des drogues qui miment le travail de l'acétylcholine, on augmente la réponse électrophysiologique de ces neurones. Cette amélioration dure plusieurs heures (L'heure est une unité de mesure  :), ce qui représente la base neurobiologique de la mémoire des stimulus visuels dans le cortex.»

Poussant plus loin ses expériences, cette pionnière de la neurochimie du système visuel a effectué des tests de neuromodulation dans le cortex des rongeurs. Grâce à cette approche novatrice, elle a mis en évidence un lien fonctionnel entre l'acétylcholine corticale et l'apprentissage de tâches comme la «discrimination» fine entre deux stimulus visuels. Dans l'une des expériences qu'elle a conçue, un rat (Le mot « rat » désigne en français, dans le langage vernaculaire certains mammifères rongeurs, le plus souvent du genre Rattus ou au moins de la famille des muridés. Mais...) doit nager dans un bassin rempli d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) et trouver une plateforme sur laquelle il peut se réfugier. Cette plateforme est associée à des stimulus visuels que l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de substances...) apprend à reconnaitre. Le rat dont les neurones cholinergiques ont été endommagés réussit cette tâche, mais ne parvient qu'après moult efforts à retrouver la plateforme si l'on change les stimuli visuels. Quant au rat dont les neurones ne sont pas altérés, il retrouve avec beaucoup plus de facilité la plateforme associée aux nouveaux stimuli.

«Cela laisse entendre que les lésions cholinergiques n'ont pas influé sur l'acuité visuelle des rats, mais elles perturbent considérablement l'apprentissage visuel en réduisant la capacité de stocker de nouvelles informations», estime la Pr. Vaucher. Les résultats de sa recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...), réalisée en collaboration avec la technicienne de laboratoire Florence (Florence (en italien Firenze) est une ville d'Italie, capitale de la région de Toscane et chef-lieu de province (370 051 habitants, les Florentins)....) Dotigny et les étudiants Alexandre Yossef Ben Amor et Jun Il Kang, ont récemment fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois...) d'une publication dans la revue Neuroscience.


Étudier les interactions neurochimiques....

Les neurones cholinergiques, dont la dégénérescence est à l'origine de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) d'Alzheimer, contribuent jusqu'à 80 % à la synthèse de l'acétylcholine corticale, souligne Elvire Vaucher. Ses travaux visent entre autres à mieux comprendre les interactions neurochimiques en cause dans les processus de la vision. «L'organisation (Une organisation est) cérébrale des voies visuelles est bien connue, mais pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré comme une durée.) les composés neurochimiques en jeu le sont moins», admet-elle. À son laboratoire de neurobiologie de la cognition visuelle, son équipe étudie tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) particulièrement l'influence du système cholinergique sur l'attention et l'apprentissage visuel. «L'objectif ultime, déclare-t-elle, est d'explorer la possibilité d'accélérer le rétablissement des facultés visuelles à la suite d'un déficit partiel (Le mot partiel peut être employé comme :) de la vision par des agents cholinergiques.» La découverte de la Pr. Vaucher pourrait avoir des retombées significatives dans le traitement des maladies oculaires comme la rétinopathie diabétique ou la dégénérescence maculaire liée à l'âge.

...et le contrôle du débit sanguin oculaire

Âgée de 39 ans, Elvire Vaucher n'en est pas à ses premiers travaux dans le domaine. Après un doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le docteur. Selon les pays et les époques, le doctorat peut...) en neurosciences à l'Université Pierre et Marie Curie (Maria Sk?odowska-Curie (née à Varsovie le 7 novembre 1867 et décédée à Sancellemoz le 4 juillet 1934), connue en France sous le nom de Marie Curie, est une physicienne polonaise...) (Paris VI) sur le contrôle neurogène de la microcirculation cérébrale, elle a été engagée comme professeure en 2000 par l'École d'optométrie, où elle poursuit depuis ses travaux en neurobiologie de la vision.

Outre ses recherches sur l'incidence des neurones cholinergiques sur les processus de la vision, la chercheuse étudie la possibilité de prévenir les maladies oculaires par le contrôle du débit sanguin oculaire. Avec son équipe, elle a mis au point (Graphie) un modèle de mesure quantitative et régionale du débit sanguin rétinien «par cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la représentation de données sur un support réduit représentant un espace...) autoradiographique et débitmétrie au laser (Un laser est un appareil émettant de la lumière (rayonnement électromagnétique) amplifiée par émission stimulée. Le terme...) par effet Doppler». «J'utilise ces techniques chez des rats atteints de diabète pour étudier les variations du débit sanguin de la rétine et les compenser par des traitements pharmacologiques», explique Mme Vaucher. Cet axe de recherche est réalisé en collaboration avec le Dr Réjean Couture, du Département de physiologie.

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Source: Communiqué de presse de l’Université de Montréal