Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Bons plans et avis Gearbest: Xiaomi Mi Mix2, OnePlus 5T
Code promo Gearbest: réduction, coupon, livraison...
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Michel le Vendredi 15/05/2009 à 00:00
Un nouveau regard sur la disparition de la banquise arctique
Le comportement mécanique de la banquise arctique favoriserait son démantèlement et son déclin rapide. En s'appuyant sur le mouvement d'un réseau de bouées dérivantes, des chercheurs de l'INSU-CNRS, de l'Université Joseph Fourier et de l'Université de Savoie ont mis en évidence une forte augmentation de la vitesse (On distingue :) de dérive des glaces et de la déformation interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital...) de la banquise (La banquise est une étendue de mer gelée. Elle se forme durant l'hiver polaire, lorsque la température de l'eau de mer descend en dessous de -1,9°C. Au cœur de l'hiver, l'épaisseur de...) depuis 30 ans. Ces deux effets liés aux propriétés mécaniques de la banquise contribuent par eux-mêmes au déclin rapide de la banquise arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire. Elle se situe à l'opposé de...). Cette étude est publiée dans le Journal of Geophysical Research du 14 mai 2009.


Une balise attise la curiosité des ours.

Inspirés par l'aventure de la goélette Tara, prise volontairement dans les glaces de l'Arctique, et qui a dérivé avec la banquise à une vitesse plus de deux fois supérieure à celle du Fram (Le Fram est un navire qui fut utilisé pour l'exploration polaire successivement par les explorateurs norvégiens Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup, et Roald Amundsen entre 1893 et 1912....), le bateau (Un bateau est une construction humaine capable de flotter sur l'eau et de s'y déplacer, dirigé ou non par ses occupants. Il répond aux besoins du transport...) de l'explorateur norvégien Nansen, 115 ans plus tôt, des chercheurs du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme...) de Grenoble (LGGE, CNRS/Université Joseph Fourier) et du Laboratoire de géophysique interne et tectonophysique de Chambéry (LGIT, CNRS/Université Joseph Fourier/Université de Savoie) ont analysé les trajectoires de plus de 600 bouées enchâssées dans la banquise depuis une trentaine d'années (1). Ils ont ainsi mesuré une augmentation de la vitesse moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous identiques sans changer la dimension...) de dérive des glaces de 10 % par décennie. En étudiant plus spécifiquement les trajectoires relatives des bouées, ils ont aussi calculé la vitesse de déformation de la banquise: celle-ci augmente de plus de 50 % par décennie, en été comme en hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.). Cette augmentation combinée de la dérive des glaces et de la vitesse de déformation de la banquise pourrait refléter l'amincissement progressif de la banquise qui favorise les deux phénomènes.

Un lien étroit entre la fracturation de la banquise et sa déformation avait déjà été démontré par une équipe du LGGE (2). Des vitesses de déformation plus élevées se traduisent par l'ouverture de plus en plus fréquente de fractures et de failles, favorisant la pénétration des rayons solaires dans l'océan et son réchauffement estival. D'autre part, une banquise plus fracturée et plus mobile s'évacue plus rapidement vers l'océan Atlantique. Ces deux effets liés aux propriétés mécaniques de la banquise contribuent donc vraisemblablement au déclin général de la banquise arctique.

L'année 2007, qui avait vu une chute brutale et inattendue de l'étendue de la banquise en été, pourrait bien constituer un exemple frappant de l'enchaînement de ces mécanismes. En effet, les vitesses de déformation mesurées par les chercheurs, particulièrement exceptionnelles au cours de l'hiver 2006/2007, pourraient avoir contribué à la spectaculaire débâcle estivale qui suivit.

Ces processus complexes, mal décrits dans les modèles climatiques actuels, pourraient ainsi expliquer pourquoi les spécialistes ont jusqu'à présent été incapables d'anticiper ce déclin brutal de la banquise, si symptomatique des changements climatiques globaux à l'oeuvre actuellement.


Augmentation de la vitesse de dérive de la banquise arctique, de 1979 à 2007.
En gris clair, la vitesse moyenne de dérive estivale (juillet-septembre) pour chaque année.
En gris foncé, la vitesse moyenne de dérive hivernale (octobre-juin).
Sur les trois décennies, la tendance à la hausse est très nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un emprunt au grec ancien νη̃ττα,...), en été comme en hiver.

Ce travail a été en partie soutenu par le programme européen DAMOCLES coordonné par le Laboratoire d'océanographie et du climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il...): expérimentations et approches numériques (LOCEAN, Université Pierre et Marie Curie/CNRS/IRD/MNHN).


Notes:

(1) Bouées mises en place par l'International Arctic Buoy Programme, à l'origine pour mesurer des paramètres atmosphériques dans la région.
(2) Weiss, J., Schulson, E.M., Stern, H.L. (2007), Sea ice rheology from in-situ, satellite (Satellite peut faire référence à :) and laboratory observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir...): Fracture (En traumatologie, le terme de fracture désigne par définition une solution de continuité osseuse ("rupture" des os).) and friction, Earth and Planetary Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir...) Letters, 255, 1-8


Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: CNRS / INSU
Illustration: © Photo courtesy D. G. Barton 1992 (Photo) & © LGGE, P. Rampal (Graphique)
 
Jeudi 23 Novembre 2017 à 00:00:06 - Vie et Terre - 0 commentaire
» Un bon odorat pour une bonne croissance
Mardi 21 Novembre 2017 à 12:00:21 - Physique - 0 commentaire
» Photosynthèse: de l’huile dans les rouages