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Posté par Michel le Vendredi 16/10/2009 à 00:00
Succès d'un essai préclinique en thérapie génique dans la maladie de Parkinson
Un nouveau traitement de la maladie de Parkinson a été mis au point par des équipes franco-britanniques associant des chercheurs et des neurochirurgiens de MIRCen (1) (CEA/CNRS-URA 2210) de l’Université Paris 12 et de l’hôpital Henri Mondor (AP-HP), ainsi que des chercheurs d’Oxford BioMedica, société de biotechnologie (L’OCDE définit les biotechnologies comme "l’application de la science et de la technologie aux organismes vivants à d’autres...) britannique spécialisée dans le développement de thérapies géniques.

Ces résultats sont publiés dans la revue Science Translational Medicine du 14 octobre accessible en ligne. Développés à MIRCen, centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) CEA-Inserm dédié à la recherche translationnelle, des essais menés sur des modèles primates de la maladie de Parkinson (La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique affectant le système nerveux central responsable de troubles essentiellement moteurs d'évolution progressive.) ont permis d’accélérer le lancement d'un essai clinique (Un essai clinique est une étude scientifique réalisée en thérapeutique médicale humaine pour évaluer l'innocuité et l'efficacité d'une méthode diagnostique ou d'un traitement....) de phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) I/II conduit à l’hôpital Henri Mondor chez des patients atteints de cette pathologie (La pathologie, terme provenant du Grec ancien, est littéralement le discours, la rationalité (λογία logos) sur la souffrance (πάθος pathos),...).

Avec environ 100 000 patients en France, la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) de Parkinson est l’affection neurologique dégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer. Elle constitue donc un véritable problème de santé publique.

Qu’est-ce que la maladie de Parkinson ?

Cette maladie neurologique se traduit essentiellement par des symptômes moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une...) de sévérité progressive et croissante, tels que des tremblements, une rigidité des membres et une diminution des déplacements. Cette pathologie est due à la dégénérescence des neurones produisant la dopamine, un neurotransmetteur (Les neurotransmetteurs, ou neuromédiateurs, sont des composés chimiques libérées par les neurones (et parfois par les cellules gliales) agissant sur d'autres neurones, appelé neurone postsynaptique, ou, plus...) intervenant dans le contrôle des mouvements du corps.

Comment est-elle traitée ?

Actuellement, le traitement des personnes atteintes par cette affection consiste en l’administration orale de médicaments mimant l’action de la dopamine manquante dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps,...) de ces malades ; c’est ce que l’on appelle un traitement dopaminergique. Si ce traitement permet d’obtenir une bonne amélioration de l’activité motrice dans les stades initiaux de la maladie, des effets indésirables sévères apparaissent au cours du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.): fluctuations de l’effet du traitement et mouvements anormaux involontaires, appelés dyskinésies.

Comment concevoir une restitution physiologique de la dopamine manquante ?

Depuis quelques années les experts de la maladie de Parkinson, chercheurs et médecins, ont émis l’hypothèse selon laquelle la prise de médicaments intermittente dans la journée altère le fonctionnement du cerveau en stimulant (Un stimulant est une substance qui augmente l'activité du système nerveux sympathique facilitant ou améliorant certaines fonctions de l'organisme. Parmi les stimulants...) de manière trop irrégulière les neurones ; ce qui serait à l’origine des complications du traitement dopaminergique.

Les enjeux actuels du traitement de la maladie de Parkinson consistent donc à développer une technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) qui permettrait d’induire:
1. une stimulation (Une stimulation est un événement physique ou chimique qui active une ou plusieurs cellules réceptrices de l'organisme. La cellule traduit la...) dopaminergique continue ;
2. une stimulation dopaminergique locale afin d’induire des effets moteurs bénéfiques tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en évitant les complications neuropsychologiques consécutives de la stimulation d’autres régions du cerveau non atteintes par la maladie de Parkinson.

Malgré une recherche active dans le domaine des médicaments dopaminergiques, il reste très difficile de restituer un rythme physiologique de stimulation cérébrale.


C’est pourquoi, aujourd’hui, les espoirs se tournent vers la thérapie génique qui consiste à faire exprimer directement un gène thérapeutique par les cellules du cerveau. À l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il...) actuelle, les systèmes les plus efficaces pour faire exprimer des gènes d'intérêt in vivo (In vivo (en latin : « au sein du vivant ») est une expression latine qualifiant des recherches ou des examens pratiqués sur un...) passent par l'utilisation de vecteurs viraux ; des enveloppes virales débarrassées de leurs propriétés de multiplication (La multiplication est l'une des quatre opérations de l'arithmétique élémentaire avec l'addition, la soustraction et la division .) et rendues non pathogènes.

Comment transférer avec les gènes la capacité de synthèse de la dopamine ?

Dans la majorité des cas, la maladie de Parkinson n’est pas d’origine génétique. Cependant, les modifications biochimiques responsables des symptômes pourraient être corrigées par une stratégie de thérapie génique de type « remplacement ou restauration » de fonction pour augmenter la synthèse de dopamine (par l’expression des gènes impliqués dans la biosynthèse de la dopamine) et restaurer en partie la fonction des cellules dopaminergiques.

C’est cette approche qui a été adoptée dans l’étude publiée aujourd’hui. Les chercheurs ont d’abord étudié l’innocuité et l’efficacité d’un vecteur (En mathématiques, un vecteur est un élément d'un espace vectoriel, ce qui permet d'effectuer des opérations d'addition et de...) viral (développé à partir de l’equine infectious anemia virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous la forme...), EIAV) codant pour les trois gènes essentiels à la biosynthèse de la dopamine (AADC, TH, et CH1). Ils ont établi la preuve du principe du transfert de ces gènes dans le striatum (2), partie du cerveau en manque de dopamine, et observé la synthèse de dopamine in vivo de façon locale et continue.

Ils ont ensuite démontré, sur le long terme (44 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) de suivi) l’efficacité thérapeutique de ce vecteur viral sur le même modèle primate (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des...) de maladie de Parkinson, et ceci sans les complications habituellement associées à la prise orale du traitement dopaminergique (fluctuations motrices et dyskinésies).

Comment transférer cette technologie de l’animal vers le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) ?

Fortes de ce succès, les équipes de cliniciens chercheurs de l’hôpital Henri-Mondor impliquées dans ce programme, en collaboration avec MIRCen et le SHFJ (3) (CEA) ont d'ores (ORES, l'Opérateur des Réseaux Gaz & Électricité est le l'opérateur des réseaux de distribution d'électricité et de gaz pour les 8 gestionnaires...) et déjà, avec l'accord de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), du comité d’éthique (CPP Ile-de-France IX) et, avec la promotion d'Oxford BioMedica, lancé un essai clinique de phase I/II. Celui-ci a pour objectif de montrer l'innocuité et l’efficacité de cette approche chez des patients atteints de la forme évoluée de la maladie de Parkinson. Les premiers patients traités à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...) montrent des résultats encourageants d’amélioration de la motricité et de la qualité de vie (La vie est le nom donné :) jusqu’à un an après l’injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :) du gène médicament. De plus, le traitement s’avère bien toléré, sans effets indésirables sévères.

Les résultats intermédiaires de l’essai seront présentés par le Pr Stéphane Palfi , qui est à l’origine de la mise au point (Graphie) de ce protocole de thérapie génique, au congrès annuel de la Société européenne de thérapie génique et cellulaire à Hanovre, en Allemagne en novembre 2009.

Ces développements thérapeutiques complexes représentent une illustration exemplaire de partenariat public-privé, et démontrent les synergies possibles entre recherches scientifiques biomédicales académiques et industrielles. Cette approche appelée recherche translationnelle médicale, qui est au cœur de la stratégie de MIRCen et du Pôle Neurolocomoteur de l’hôpital Henri Mondor, permet un transfert de technologie rapide et maîtrisé du modèle animal vers le patient.



Note:

(1) MIRCen (molecular imaging research center) est une plateforme d’imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se...) préclinique développée en partenariat par le CEA et l’Inserm. Son objectif est de développer des nouvelles thérapies pour lutter contre les maladies neurodégénératives, en particulier, et aussi cardiaques hépatiques et infectieuses. Elle est installée au CEA Fontenay-aux-Roses.

(2) Le striatum est la partie du cerveau en manque de dopamine chez les patients atteints de la maladie de Parkinson.

(3) Le Service Hospitalier Frédéric Joliot du CEA, à Orsay, est l’un des seuls centres de recherche en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité...) à combiner les différentes méthodes de l’exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres...) du corps humain (Le corps humain est la structure physique d'une personne.): SPECT (Single Photon (En physique des particules, le photon est la particule élémentaire médiatrice de l'interaction électromagnétique. Autrement dit, lorsque deux particules chargées...) Emission Computed Tomography), PET (Positon Emission Tomography) ou TEP (La tonne d'équivalent pétrole (symbole tep) est une unité d'énergie d'un point de vue économique et industriel.) en français, IRM (imagerie par résonance magnétique) et TEP-TDM qui combine tomographie par émission de positons et tomodensitométrie.


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Source: CEA
Illustrations: CEA