Alors que les secteurs du LHC refroidissent pour atteindre leur
température (La température d'un système est une fonction croissante du degré d'agitation thermique des particules, c'est-à-dire de...) cryogénique d’exploitation, tout le
monde (Le mot monde peut désigner :) bout d’impatience à l’approche des premières collisions. Mais attention, pas de précipitation. Avant de faire entrer les particules en
collision (On appelle collision le choc entre deux objets.), il faut procéder à une manipulation complexe de milliers d’éléments très fragiles. Les spécialistes vont mettre la machine en
route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée...), étape par étape.
Etat du refroidissement du LHC par secteur au 15 octobre 2009
S’il existait une recette de la collision de particules, elle ressemblerait probablement à ça: produisez des particules, faites-en des paquets, formez deux faisceaux avec ces paquets et faites-les accélérer en sens opposé de façon que les particules entrent en collision. À première vue, c’est assez simple. Pourtant, à chaque étape, des milliers d’aimants doivent fonctionner à la perfection, des milliers d’éléments de systèmes de
contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) doivent donner le coup d’envoi attendu et des milliers de composants électroniques doivent accomplir sans faute leur mission.
Au CERN, les faisceaux sont préparés dans les petits accélérateurs, situés en amont, puis sont injectés dans le LHC via les lignes de transfert. Le week-end du 26 au 28 septembre 2009, des particules (des protons dans un premier temps, puis des ions) ont été envoyées jusqu’au seuil du LHC, ce qui montre que la
chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) d’injection fonctionne bien et qu’elle est prête à jouer son rôle.
En parallèle, le LHC se prépare à accueillir à nouveau des faisceaux. Pour cela, la machine tout entière doit être portée à une température d’exploitation de 1,9 K (soit -271 °C), le nouveau système QDS (
http://cdsweb.cern.ch/record/1207352?ln=fr) doit être mis en place et testé dans chacun des huit secteurs, et le courant doit être envoyé à travers les 9000 aimants (en l’absence de faisceau). Le nouveau système est extrêmement complexe. Les premiers signes tendent à montrer qu’il fonctionne bien, mais il faudra beaucoup de temps pour le tester entièrement et le mettre en service.
D’après le calendrier, les faisceaux devraient être injectés dans le LHC dans environ cinq semaines avec une
énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la...) de 450 GeV: l’énergie maximum que le SPS (le dernier accélérateur de la chaîne d’injection) puisse produire. Ils feront alors leur premier tour de piste. Pour commencer, un paquet de protons sera injecté et guidé dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’un des deux tubes de faisceaux. Si tout se passe bien, un second faisceau sera injecté quelques
heures (L'heure est une unité de mesure :) plus tard dans le sens inverse des aiguilles d’une montre dans le deuxième tube. Une à deux semaines plus tard, les deux faisceaux parcourront en même temps les deux anneaux de la machine. Une fois qu’ils seront stables, ils seront amenés à entrer en collision au niveau des quatre points d’interaction. À cet instant, les expériences observeront les premières collisions à basse énergie et les gerbes de particules produites. Les
données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose,...) collectées ne présenteront pas un grand intérêt pour la
physique (La physique (du grec φυσικη) est étymologiquement la science de la nature. Son champ...), mais elles permettront d’ajuster le réglage des détecteurs.
L’équipe d’exploitation devra ensuite faire monter l’énergie, augmenter progressivement le courant dans les aimants et accélérer le faisceau à l’aide des cavités radiofréquence. Cette opération sera exécutée sur chaque faisceau l’un après l’autre, puis sur les deux faisceaux en même temps. Dès que les deux faisceaux seront stables, l’équipe s’attellera à les faire entrer en collision avec une énergie plus élevée, avant la période de Noël.
Plus de 10 000 aimants, répartis sur plus de 30 km, sont nécessaires pour provoquer les premières collisions de haute énergie. L’enchaînement devra être réglé comme une montre suisse. Et comme dans une montre suisse, on ne voit pas de l’extérieur la complexité des rouages qui lui permettent de fonctionner.