Pour la première fois dans l’histoire de la
médecine (La médecine est une science, un art, et une technique dont l'objet est à la fois l'étude du corps humain et de son...), la thérapie génique a permis de réparer les poumons endommagés de donneurs potentiels afin qu’ils puissent être utilisés pour la transplantation. Ce travail a été publié dans la revue
Science (La science (du latin scientia, connaissance) relève Historiquement de l'activité philosophique, et fut pendant...) Translational Medicine parue le 28 octobre 2009. L’équipe à l’origine de cette innovation médicale est dirigée par le docteur Shaf Keshavjee du McEwen Centre for Regenerative Medicine de Toronto au Canada. Il est estimé qu’avec cette nouvelle technique, le
nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) de donneurs d’organes disponibles pour une transplantation pulmonaire pourrait doubler. Cette nouvelle permettrait de sauver beaucoup de vies chez les patients en attente de greffe du poumon.
La thérapie génique au secours de la greffe de poumon - Illustration: Dr. Marcelo Cypel
Bien que la première transplantation pulmonaire ait été réalisée chez l’homme dès 1987, elle est l’une des moins pratiquées des greffes d’organes principalement à cause du manque de greffons sains. La très grande majorité des poumons greffés sont prélevés chez des patients en état de mort cérébrale. Dans plus de 80% des cas, celle-ci peut engendrer une inflammation des poumons et les endommager partiellement, les rendant incompatibles avec une greffe. Pour réparer les cellules pulmonaires et diminuer cette inflammation, les auteurs de l’article ont mis au point une nouvelle
stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » -...).
Dans un premier temps, les poumons prélevés sont conservés hors du corps dans un
dôme () de protection à une
température (La température d'un système est une fonction croissante du degré d'agitation thermique des particules, c'est-à-dire de...) de 37°C. Le système développé par l’équipe canadienne fait passer en continu à travers les organes une solution contenant des protéines, des nutriments et de l’oxygène, mimant les conditions physiologiques normales. Ensuite, les chercheurs injectent dans les poumons un virus modifié non
pathogène (Le terme pathogène (du grec παθογ?νεια ! « naissance de la...) (un adénovirus responsable du rhume) contenant le gène de l’interleukine 10 (IL-10), cytokine connue pour son effet naturel anti-inflammatoire. Par cette technique le gène de l’IL-10 est transféré aux cellules des poumons endommagés qui expriment alors la protéine IL-10 permettant une amélioration significative de leurs fonctions jusqu’à 30
jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux...) après l’injection. Les scientifiques ont montré que l’expression pulmonaire de l’IL-10 a lieu environ 6
heures (L'heure est une unité de mesure :) après l’intégration du gène dans leur ADN.
Auteur de l’article: Pierre-Alain Rubbo