
Dans l'arche de Noé, les animaux venaient par paires: mâle et femelle. Dans le corps humain, plusieurs milliards de cellules sont également couplées entre elles, de même que les molécules à partir desquelles elles sont formées. Pourtant, celles-ci ne forment pas de paires mais plutôt des amas indifférenciables. Et parce que ces réseaux cellulaires complexes sont les chevilles ouvrières de la vie (et de la maladie), les scientifiques cherchent depuis longtemps le moyen de les dissocier pour remonter jusqu'à leur
paire (On dit qu'un ensemble E est une paire lorsqu'il est formé de deux éléments distincts a et b, et il s'écrit alors :) originelle.
D'après les résultats d'une nouvelle étude publiée dans la revue
Nature Methods deux chercheurs de l'
Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche),...) de
Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue...), Stephen Michnick et Po Hien Ear, ont réussi à décomposer des réseaux de cellules et à remonter jusqu'à leur genèse. Cette découverte pourrait avoir des applications pour la
recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de...) sur des maladies comme le cancer, le découplage des cellules délétères pouvant en effet freiner leur multiplication dans l'organisme.
"Nous proposons une méthode très simple pour découpler un réseau cellulaire d'un autre", explique Stephen Michnick, professeur de biochimie à l'Université de Montréal et titulaire d'une Chaire de recherche du Canada en génomique intégrative. "Une fois découplé, il est alors possible de préciser la fonction d'un réseau par rapport à un autre."
Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont reproduit des réseaux de gènes en utilisant de la levure de boulanger – un organisme cellulaire qui présente les mêmes fonctions essentielles que les cellules humaines.
"Nous avons isolé les relations entre les cellules pour déterminer celles qui étaient essentielles et celles qui ne l'étaient pas", explique le professeur Michnick. "Et nous avons découvert que le découplage des cellules permettait de réguler la croissance. L'identification de molécules qui découplent d'autres réseaux (comme nous l'avons fait) pourrait constituer un moyen de lutte contre le cancer, ralentir sa croissance et affaiblir l'activité de la maladie."