Bien que les panneaux solaires de la
sonde spatiale (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des objets du système...) Rosetta soient un excellent choix technique pour cette mission, leur rendement est très faible. Ils n'exploitent qu'environ 22 % de l'
énergie solaire (L'énergie solaire est l'énergie que dispense le Soleil par son rayonnement, directement ou de manière diffuse à travers...) incidente de sorte qu’ils ne sont d’aucune utilité au-delà de Jupiter, par exemple. L'
énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la...) produite par ces panneaux serait insuffisante pour alimenter un système aussi complexe que Rosetta.
Le Générateurs thermoélectriques à radio-isotope (RTG)
Se pose la question de la maitrise de ces générateurs thermoélectriques à radio-isotope qu’utilise avec succès la
NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de...) depuis plusieurs décennies. Cette source électrique utilise une
matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont...) fissile qui est pratiquement indispensable dès qu'une mission s'éloigne trop du Soleil. Les
sondes Voyager (Voyager 1 et 2 sont des sondes spatiales ayant réalisé depuis 1977 une moisson d'observations astronomiques qui ont...), Pioneer,
Galileo (Galileo est le nom du futur système de positionnement par satellites européen, en test depuis 2004, qui commencera à...) et
Cassini (La mission Cassini-Huygens est une mission spatiale automatique réalisée en collaboration par le Jet Propulsion...) en sont équipées.
Vue d'artiste de Pioneer 10 (La sonde Pioneer 10 (à ne pas confondre avec la sonde lunaire Pioneer X) lancée le 3 mars 1972 fut le premier objet...)
Le principe de fonctionnement est simple, puisque c'est la chaleur produite par la désintégration radioactive du
matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) fissile, souvent du Plutonium-238, qui est convertie en
électricité (L’électricité est un phénomène physique dû aux différentes charges électriques de la matière, se manifestant par...) au moyen de simples thermocouples. Les thermocouples ont
besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un...) d'une source chaude (le matériau radioactif) et d'une source froide qui peut être un radiateur orienté vers l'espace froid. Le rendement de conversion n’est pas très élevé mais il n'y a pas de pièce mobile, et cela peut fournir de l'énergie pendant plusieurs dizaines d'années.
Aujourd’hui, l’Europe ne possède pas cette technologie mais pourrait facilement l’acquérir en développant ou en l’achetant sur étagère. Cependant, l’utilisation civile du
nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) en
Europe (L’Europe est considérée comme un continent ou une partie de l’Eurasie (péninsule occidentale), voire de...) est un sujet profond de désaccord entre les Etats de l’UE. Car, outre son coût, soit de développement, soit d'achat, son utilisation se heurte à des implications politiques immenses qu'elle ne semble pas prête à affronter. Des questions environnementales liées à l’échec au lancement ou l’explosion du
lanceur (
Lanceur, terme de l'astronautique
Lanceur, terme du baseball
Récupérée de «...) dans l’atmosphère freinent également la décision d’investir dans cette technologie.
Le CEA comme d'autres organismes nucléaires européens l'ont d'ailleurs proposé plusieurs fois. Cependant, le coût de développement de cette technologie est prohibitif pour une utilisation épisodique. Par décennie, les missions strictement européennes au delà de l'
orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que décrit dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous...) martienne se comptent sur un des doigts d'une main !
Reste la solution de les acheter sur étagère aux Etats-Unis ou en Russie. Les chances pour l'Europe de s'en procurer aux USA, en dehors d'une mission en coopération, sont pour ainsi dire nulles. En effet, l'organisme nucléaire américain exige, s'abritant derrière les traités de non-prolifération, de mettre en place lui-même le RTG sur le satellite. Cela ne peut se faire qu'au dernier moment sur un site de lancement situé sur le territoire américain. Cela signifie l’accès au satellite et l’utilisation d’un lanceur américain. Inacceptable pour des questions de secrets industriels et de prestige. Notez que certains Etats membres de l’ESA pensent que l’achat de RTG auprès des Russes serait plus simple.
Enfin, pour se conformer aux traités de non-prolifération des armes nucléaires, il faudrait militariser le CSG de Kourou et donner à ses personnels une qualification nucléaire, entraînant sans doute la perte de la compétitivité de ce centre pour les lancements commerciaux.