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Posté par Michel le Mardi 12/01/2010 à 00:00
Et pourtant ils vivaient dans la forêt
Des chercheurs viennent de reconstituer l'environnement de l'un de nos lointains parents du genre Ardipithecus: celui-ci aurait vécu dans un milieu forestier alors qu'il marchait déjà. Une découverte qui pourrait bouleverser les théories sur l'apparition de la bipédie.

Une végétation de type forêt claire, avec des palmiers, des micocouliers et des figuiers: tel était l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux...) d'Ardipithecus ramidus, ce lointain parent de l'Homo sapiens (l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon,...) moderne) qui vivait en Éthiopie il y a 4,4 millions d'années. C'est la conclusion d'une équipe française qui a été publiée dans un numéro spécial de la revue Science consacré à Ardipithecus, auquel participaient pas moins de 47 scientifiques (paléontologues, paléoanthropologues, biochimistes, géologues, et paléobotanistes) du monde (Le mot monde peut désigner :) entier. L'objectif de ces experts ? Décrire la morphologie et l'habitat de l'un des possibles premiers représentants de la lignée humaine. Quitte à contredire le lien supposé entre locomotion et environnement.

Les fossiles de cet hominidé ont été mis au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du...) dans la vallée de la rivière Awash. En langue Afar, ardi signifie « sol » ou « racine ». Ardipithecus ramidus est donc « la racine des grands singes terrestres ». Racine, car son âge le rapproche de la séparation entre la lignée des chimpanzés et celle des humains, située approximativement il y a six millions d'années. Ardipithecus pourrait donc bien avoir été l'un des pères des australopithèques, la famille d'hominidés qui a enfanté le genre Homo (Homo est le genre qui réunit l'Homme moderne et les espèces apparentées. Le genre apparaît entre environ 2,5 et 2 Ma. Toutes les espèces sont éteintes sauf Homo sapiens ;...). Autrement dit, si Ardipithecus n'a pas été notre grand-père, il en a été au moins un cousin proche.


Pour reconstituer la végétation de l'époque, des chercheurs ont étudié des phytolithes,
particules de silice produites par les plantes, particulièrement bien conservées.

Les premiers fossiles d'Ardipithecus ont été extraits de leur gangue sédimentaire en 1994. Le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) notamment de récolter plus d'ossements et de développer des méthodes d'analyses végétales inédites, il aura donc fallu treize ans aux études paléoanthropologiques et environnementales pour parler. Les résultats ? Ardipithecus était à la fois bipède et arboricole. S'il utilisait ses quatre membres pour se mouvoir dans les arbres, une fois au sol, il se tenait debout et évoluait au milieu d'un environnement semi-boisé.

« La rareté des pollens dans les sédiments a stimulé nos travaux sur les fragments de bois fossilisé, les graines et enfin sur ces petites particules de silice produites par les plantes que l'on appelle phytolithes », décrit Doris Barboni, qui a codirigé avec Raymonde Bonnefille les travaux d'analyse végétale au Centre européen de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les...) et d'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un...) des géosciences de l'environnement (Cerege) à Aix-en-Provence. Pour identifier les espèces à l'origine des phytolithes fossiles, les paléobotanistes ont collaboré avec des chercheurs du Centre de bio-archéologie et d'écologie (CBAE), dont Laurent Bremond, et de l'Université Paris-Ouest-La défense, à Nanterre, qui se sont rendus plusieurs fois depuis 1994 en Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec une population de...) pour prélever des échantillons dans différents types de végétation à fin de comparaison.

L'identification de graines de Celtis (auquel appartient le micocoulier méditerranéen) ainsi que la présence de bois de figuier et de palmier indiquent un climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps...) saisonnier. D'autre part, la présence importante de graminées a été attestée par les phytolithes et les pollens. Deux paysages de type forêt claire – où le soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine...) atteint le sol – peuvent correspondre à cet assemblage de végétation: soit les arbres étaient regroupés en bois percés de clairières herbeuses, soit l'herbe (On appelle herbe, dans une acception large, toute plante annuelle ou vivace, non ligneuse, faisant partie des angiospermes (monocotylédones ou dicotylédones), de couleur verte ; dans une acception plus...) poussait au pied d'une forêt clairsemée. Quelle hypothèse préférer ? Les analyses ne le disent pas.

En revanche, elles pointent l'abondance des arbres, estimée entre 40 et 65 % du couvert végétal, un chiffre (Un chiffre est un symbole utilisé pour représenter les nombres.) qui va à rebours du lien supposé entre environnement et mode de locomotion. En effet, la théorie dominante veut que la bipédie soit le fruit (En botanique, le fruit est l'organe végétal protégeant la graine. Caractéristique des Angiospermes, il succède à la fleur par transformation du pistil. La paroi de l'ovaire forme le péricarpe du...) d'une adaptation à la transformation d'un milieu boisé en une savane ouverte, la présence de hautes herbes obligeant les primates (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des...) à se redresser. Ardipithecus montre que la bipédie peut très bien s'épanouir dans un paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». Portion de l'espace...) semi-boisé. Mais alors quel aurait été le moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif qui déplace de la matière en apportant de la puissance. Il effectue ce travail à partir d'une énergie...) du redressement, point (Graphie) de départ de la longue marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un...) évolutive vers l'humain ? A 4 millions d'années de distance, Ardipithecus vient de relancer le débat.

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Source: CNRS (Journal)
Illustration: © MEB, Department of Geology, University of Leicester, UK