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Posté par Adrien le Mercredi 27/01/2010 à 00:43
Une centrale solaire spatiale ? Un projet futuriste qui pourrait devenir réalité
Bénéficiant d'un grand nombre de financements provenant du gouvernement fédéral et conformément à la volonté d'Obama de doubler la quantité d'énergie produite à partir de sources renouvelables, le solaire a le vent en poupe. Pourtant, malgré ses énormes promesses, les retombées technologiques restent encore très limitées. Un des problèmes majeurs reste le besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes...) d'énergie en continu, alors que la production d'électricité solaire est dépendante des conditions météorologiques et devient nulle la nuit. Des solutions de stockage sont envisagées mais elles ne sont pas encore déployées à grande échelle. De plus les meilleurs emplacements pour installer des fermes solaires sont situés dans les zones désertiques, très éloignées des centres de populations. Il faudrait donc transporter l'électricité sur parfois plusieurs centaines de kilomètres à travers des lignes de transmission qui d'une part n'ont pas encore été construites et qui d'autre part impliqueraient une grande perte d'énergie.

Pour contourner ce manque à gagner les chercheurs se sont tournés vers les étoiles: lancer des panneaux solaires dans l'espace permettrait de récupérer de l'énergie solaire 24h/24 toute l'année. Cette idée, digne d'un film de science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris,...) fiction, avait déjà été explorée dans les années 1960 et 1970 par le Pentagone. Cependant à cette époque le concept était apparu économiquement infaisable quoique technologiquement envisageable. Mais voilà qu'il y a deux ans le Pentagon's National Security Space Office (NSSO) ressort ce vieux dossier et publie un rapport de 75 pages sur une centrale solaire (Une centrale solaire est un système de production d'électricité qui utilise l'énergie solaire.) spatiale. Depuis les ingénieurs ont construit un prototype expérimental, certes de petite taille, mais fonctionnel et produisant 20 Watts d'électricité à partir de cellules solaires situées à environ 150 km de la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois...) de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...).


Vue d'artiste (Est communément appelée artiste toute personne exerçant l'un des métiers ou activités suivantes :) d'une station solaire spatiale

Grâce à ces avancées importantes, produire de l'électricité à partir d'une centrale solaire spatiale est désormais possible. La vraie question maintenant est plutôt de savoir si les prix pourront concurrencer ceux de la production terrestre. Le Pentagone avait estimé que l'installation d'une plateforme expérimentale solaire en orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.) coûterait 10 milliards de dollars pour une puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) produite de 10 Mégawatts, soit un prix beaucoup trop élevé pour une exploitation commerciale. Faisant fis de ces estimations, Solaren, une start-up composée de 10 vétérans de l'aéronautique et de l'industrie de la défense ont proposé de relever le défi. Ils n'ont pour le moment ni office, ni site web (Un site Web est un ensemble de pages Web hyperliées entre elles et mises en ligne à une adresse Web. On dit aussi site Internet par métonymie, le World Wide Web reposant sur Internet.), seulement de grandes ambitions. Dans leur modèle technologique, le satellite (Satellite peut faire référence à :) sera doté de réflecteurs paraboliques pour concentrer les rayons du soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une...) sur les cellules solaires. Il en résultera un rayon électromagnétique qui sera envoyé sur la surface terrestre, réceptionné ensuite par une antenne (En radioélectricité, une antenne est un dispositif permettant de rayonner (émetteur) ou de capter (récepteur) les ondes électromagnétiques.) d'une surface d'un kilomètre carré, puis converti en électricité. Le coût total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition,...) de l'installation prévu est de 2 milliards de dollars soit 5 fois moins que l'estimation du Pentagone. La compagnie espère réaliser ce tour de force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les...) en réduisant le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de lancements de satellites, soit une part importante du budget (Un budget est un document comptable prévisionnel distinguant les recettes et les dépenses.).

Cependant de sérieux doutes subsistent sur la faisabilité du projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande...), dont les principales raisons sont d'ordre technologique. Solaren prévoit de lancer une série de gros satellites dans l'espace, utilisant des robots pour assembler les cellules solaires, qui, une fois installées, transmettront l'énergie solaire à plus de 35500 km de la Terre. Cette technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) ne semble pas être encore complètement maîtrisée, et pourrait accuser des retards importants pour sa mise en fonction. Certains, comme sur le forum "transterrestrial musings", pensent également que l'installation nécessiterait au moins 12 lancements dans l'espace et non 4 comme la start-up le prévoit, ce qui augmenterait énormément les dépenses et rendrait le projet non économiquement viable. Michael Peevey president de la California Public Utilities Comission, partisan du projet, ne cache pas non plus ses craintes. "Je serai le premier à admettre que notre objectif peut dépasser nos compétences dans cette affaire. Mais pour citer le poète Robert Browning, 'les objectifs d'un homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère...) devraient dépasser ses connaissances ou a quoi sert le paradis?'". Quant à Martin Hoffert, un physicien (Un physicien est un scientifique qui étudie le champ de la physique, c'est-à-dire la science analysant les constituants fondamentaux de l'univers et les forces...) de l'université de New York (New York , en anglais New York City (officiellement, City of New York) pour la distinguer de l’État de New York, est la principale ville des États-Unis, elle...), il estime que ce programme devrait être du ressort de la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue sous son abréviation NASA, est l'agence gouvernementale responsable...) et non d'une compagnie privée. S'ajoute enfin à tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) ceci des craintes sur les risques de santé liés aux rayons électromagnétiques envoyés sur Terre. Selon des experts, il n'y aurait pas plus de dangers que ceux liés aux téléphones portables ou aux réseaux sans fil, un sujet qui fait encore débat.

Choisissant de soutenir ce pari risqué, Pacific Gas&Electric (PG&E), un des plus importants fournisseurs d'électricité en Californie, a décidé de signer un contrat, le printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones...) dernier, avec Solaren. Il a en effet promis de racheter l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout », comme...) de la production de ce dernier qui devrait être de 200 mégawatts, soit la moitié de la quantité d'électricité produit en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils...) par une centrale au charbon. Selon les prévisions, les premiers panneaux solaires seront envoyés dans l'espace d'ici 2016. Pourquoi PG&E s'implique dans un tel projet? Selon un décret passé en Californie, 20% de la production d'énergie devrait, fin 2010, provenir de sources renouvelables. Or, à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en...) actuelle, le niveau atteint par PG&E n'est seulement que de 14%, incluant la géothermie et la biomasse ( En écologie, la biomasse est la quantité totale de matière (masse) de toutes les espèces vivantes présentes dans un milieu naturel donné. Dans le domaine de...).

Il existe un autre argument en faveur d'une centrale solaire spatiale: le Pentagone soutient ce type de projet car il peut être un avantage stratégique militaire significatif. Tout d'abord, l'énergie n'étant pas fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le reste (coquille, os, dent, graine, feuilles...)...), il apporte une sécurité énergétique supplémentaire. D'autre part, quand une armée opère dans des terrains reculés, comme dans des régions d'Irak ou d'Afghanistan, un générateur à essence est utilisé pour alimenter les bases. Ceci implique un ravitaillement régulier de camions-essence et de soldats pour les protéger ce qui est très coûteux et dangereux. Enfin, cette énergie spatiale pourrait être d'une grande utilité dans des zones dévastées par des catastrophes naturelles.

Si Solaren est le seul à avoir signé pour le moment un accord avec un fournisseur d'électricité, il n'est cependant pas le seul à s'intéresser au solaire spatial. PowerSat vient de valider plusieurs brevets, pour l'utilisation de centaines de petits satellites reliés ensemble. Ceci permet de réduire les coûts d'installation de la base dans l'espace car il serait alors possible d'utiliser l'énergie solaire pour manoeuvrer les satellites dans l'espace. Il faut également citer Space energy, une compagnie suisse, elle aussi très impliquée dans ce domaine.

Il est encore tôt pour se prononcer sur la réussite d'un tel projet. Néanmoins, les efforts importants réalisés montrent à quel point (Graphie) le secteur des énergies et en particulier les énergies renouvelables devient un enjeu capital aux Etats-Unis et plus généralement dans le monde (Le mot monde peut désigner :).

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Source: BE Etats-Unis numéro 192 (22/01/2010) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /62002.htm
Illustration: Pat Rawlings / NASA