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Posté par Michel le Mercredi 31/03/2010 à 00:00
Un troisième sexe chez une espèce proche de l'olivier
Un système de reproduction inconnu jusqu'à ce jour chez une espèce proche de l'olivier, Phillyrea angustifolia L. vient d'être découvert par des chercheurs du laboratoire de Génétique et évolution des populations végétales et du Centre d'écologie fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres en argument. Aujourd'hui, le terme a été étendu, et...) et évolutive. Ce système explique chez cette espèce la présence élevée d'individus mâles en mélange avec des hermaphrodites. Ces hermaphrodites dont les fleurs portent les organes mâles et femelles, se répartissent en deux groupes non distinguables morphologiquement. Les plantes de chaque groupe sont stériles entre elles mais sont complètement fertiles avec celles de l'autre groupe. Dans ces conditions, le pollen (Le pollen (du grec palè : farine ou poussière) constitue, chez les végétaux supérieurs, l'élément fécondant mâle de la fleur : ce sont de minuscules grains de forme plus ou...) des hermaphrodites ne peut féconder qu'un individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) sur deux. En revanche, le pollen des mâles peut féconder tous les hermaphrodites. Ainsi le désavantage subit par les mâles est immédiatement compensé. Cette découverte montre pour la première fois que le passage de l'hermaphrodisme à la dioécie (1) est possible au cours de l'évolution. Ces travaux sont publiés dans la revue Science.

Des chercheurs du laboratoire de Génétique et évolution des populations végétales (CNRS/Université de Lille 1) et du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS/Université de Montpellier 1, 2 et 3/ENSA Montpellier/CIRAD/Ecole pratique des hautes études) ont découvert, chez une espèce proche de l'olivier, Phillyrea angustifolia L., un système de reproduction inconnu jusqu'à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...) caractérisé par des relations d'incompatibilité entre plantes hermaphrodites. Ce nouveau mode de reproduction explique le mystère des fréquences élevées (jusqu'à 50%) d'individus mâles en mélange avec des individus hermaphrodites chez cette espèce. Les individus hermaphrodites dont les fleurs portent les organes mâles et femelles, se répartissent en deux groupes non distinguables morphologiquement. Les plantes de chaque groupe sont inter-stériles (elles ne peuvent se féconder entre elles) mais sont complètement fertiles avec celles de l'autre groupe. Dans un tel système, une plante (Les plantes (Plantae Haeckel, 1866) sont des êtres pluricellulaires à la base de la chaîne alimentaire. Elles forment l'une des subdivisions (ou règne) des Eucaryotes. Elles sont, avec les autres...) hermaphrodite ne peut féconder qu'un hermaphrodite sur deux alors qu'un mâle peut féconder tous les hermaphrodites de la population. Le handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou non et qui mène...) lié à la perte de la fonction femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre d'une reproduction anisogamique.) chez les individus mâles (également appelés femelle-stériles pour marquer ce désavantage) qui les conduit à ne transmettre leurs gènes que par les gamètes mâles (et non par les gamètes mâles et les gamètes femelles comme c'est le cas chez les hermaphrodites) est immédiatement contrebalancé.

D'autre part, cette incompatibilité inter-hermaphrodites à deux groupes morphologiquement identiques est peut-être un mode de reproduction clé, à l'origine d'espèces à sexes séparés chez les plantes, via des systèmes de reproduction « intermédiaires ». En effet, dans le contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le...) général de l'évolution des systèmes de reproduction à partir de l'hermaphrodisme vers la dioécie (système où les sexes sont portés par des individus différents), les systèmes mixtes chez lesquels on observe la présence dans la même espèce de femelles et d'hermaphrodites (gynodioécie) ou la présence de mâles et d'hermaphrodites (androdioécie) sont considérés comme intermédiaires et dérivés de l'hermaphrodisme. Cependant, jusqu'à présent, les exemples empiriques montraient tous que l'androdioécie avait évolué à partir de systèmes dioïques grâce à l'acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.) d'une fonction mâle par les femelles et non à partir des systèmes hermaphrodites via la perte de la fonction femelle chez certains hermaphrodites. Ce travail montre pour la première fois que le passage de l'hermaphrodisme à l'androdioécie (2) est possible.

Cette découverte, chez des plantes hermaphrodites d'un système d'incompatibilité à seulement deux groupes non distinguables morphologiquement est tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) à fait inattendue. L'un des défis des chercheurs est maintenant d'expliquer d'un point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) fonctionnel le maintien à deux du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de groupes d'incompatibilité.


Notes:

(1) Système où les sexes sont portés par des individus différents.
(2) Présence au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un...) des populations d'une même espèce d'individus hermaphrodites et d'individus mâles.


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Source: CNRS