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Posté par Michel le Lundi 12/04/2010 à 00:00
Un nouvel hominidé avec des traits communs aux espèces Homo
La découverte d'un fossile éclaire sur le passage au genre Homo des premiers hominidés.

Deux squelettes partiels mis au jour dans une grotte d'Afrique du Sud s'avèrent appartenir à une espèce d'hominidé jusqu'à présent non répertoriée et nous éclairent un peu plus sur l'évolution de notre propre espèce, Homo sapiens, indiquent des chercheurs. La nouvelle espèce ainsi caractérisée, Australopithecus sediba, marchait en position debout et partageait de nombreux traits physiques avec les premières espèces connues du genre Homo (Homo est le genre qui réunit l'Homme moderne et les espèces apparentées. Le genre apparaît entre environ 2,5 et 2 Ma. Toutes les espèces sont éteintes sauf Homo sapiens ; les dernières espèces...) ; ses fossiles vont peut-être permettre de répondre à certaines questions clés au sujet de ce que signifie être un être humain.


Crâne de sediba

Les fossiles sont vieux de 1,95 à 1,78 million (Un million (1 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (999 999) et qui...) d'années et dans Science, deux articles décrivent les caractéristiques physiques et l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme...) dans lequel évoluait cette nouvelle espèce d'australopithèque. Il en ressort qu'il s'agissait d'un hominidé ayant une structure osseuse comparable à celle des premières espèces d'Homo mais qui s'en servait plus comme un australopithèque du style de la fameuse « Lucy ».

Ces nouveaux fossiles représentent toutefois un hominidé apparu environ un million d'années après Lucy et ses caractéristiques impliquent que la transition vers le genre Homo s'est produite au cours de stades très lents, avec d'abord l'apparition de diverses espèces de type Homo.

« Il n'est pas possible de déterminer la position phylogénétique précise de Australopithecus sediba par rapport aux autres espèces des premiers Homo » écrit Lee Berger (Un berger (une bergère) est une personne chargée de guider et de prendre soin des troupeaux de moutons (quand il n'y a pas de complément de nom, il s'agit toujours de troupeaux de moutons), ou par extension de...), l'un des auteurs principaux de l'un des deux articles de Science. « Nous pouvons conclure que… cette nouvelle espèce partage plus de traits dérivés avec les premiers Homo qu'avec toute autre espèce connue d'australopithèque et qu'elle représente ainsi un candidat pour l'ancêtre de ce genre ou un groupe frère d'un ancêtre proche qui a persisté un moment après l'apparition des premiers Homo. »

Même si beaucoup de scientifiques pensent que le genre humain Homo a évolué à partir du genre Australopithecus il y a un plus de deux millions d'années, son origine a été largement débattue, d'autres experts ayant proposé une évolution à partir du genre Kenyanthropus. Cette nouvelle espèce Australopithecus sediba pourrait finalement clore le débat et permettre de révéler les ancêtres directs de l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...).

« Avant cette découverte, vous pouviez faire tenir l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) des fossiles de cette période candidats à l'origine du genre Homo sur une petite table. Mais avec la découverte de Australopithecus sediba et la masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps à la force de...) de fossiles que nous avons recueillie, et que nous continuons de récolter, les choses ont dramatiquement changé » indique Berger.

Le nom « sediba » signifie « fontaine » ou « source » dans la langue sesotho parlée en Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la...) du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) et, de fait, les chercheurs pensent que ces nouveaux fossiles vont apporter une profusion d'informations sur nos origines humaines.

Pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré comme une durée.), ces nouveaux fossiles d'hominidés montrent que le passage évolutif d'ancêtres au corps petit et peut-être plus arboricoles à des individus plus grands et pleinement bipèdes s'est produit par étapes.

Berger, de l'Université de Witwatersrand en Afrique du Sud, ainsi que Paul Dirks de l'Université James Cook en Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de l'Océanie. En plus de...), ont commencé en janvier 2008 une étude sur la distribution des fossiles dans les grottes du « Berceau de l'Humanité », un site classé au patrimoine mondial de l'Unesco pour son importance matérielle et culturelle. Plusieurs mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) plus tard, Berger a découvert les deux squelettes partiels dans la grotte de Malapa et a alors analysé avec des collègues américains, suisses et australiens les vestiges qui incluent le crâne, le pelvis et la cheville d'une nouvelle espèce.

Les deux Australopithecus sediba, une femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre d'une reproduction anisogamique.) adulte et un jeune mâle, ont été trouvés à peu de distance dans une partie de la grotte qui avait été protégée des charognards et dont les fossiles sont ainsi très bien conservés. Les chercheurs décrivent leur aspect physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la connaissance de la...), notamment des caractéristiques pelviennes et de petites dents qu'ils partagent avec les premiers membres du genre Homo. Partant de là, ils suggèrent que la nouvelle espèce descend de Australopithecus africanus et que l'apparition des hominidés a signifié l'avènement d'une façon plus efficace de marcher et de courir.

« Ces fossiles nous offrent un aperçu extraordinairement détaillé sur un nouveau chapitre de l'évolution humaine et nous ouvrent une fenêtre sur la période critique où les hominidés sont passés d'une vie (La vie est le nom donné :) dépendante des arbres à celle différente vécue au sol » précise Berger. « Australopithecus sediba s'avère présenter une mosaïque de traits montrant un animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe,...) à l'aise dans les deux mondes. »

Dans un article distinct publié par Science, Paul Dirks et ses collègues de divers pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²),...) analysent le système de grottes de Malapa, datent les fossiles retrouvés et décrivent le milieu géologique et écologique où se situait Australopithecus sediba.

« Nous pensons que le milieu où vivait sediba ressemblait dans une large mesure à l'actuel » note Dirks. « Par exemple, il s'agissait de plaines herbeuses coupées de vallées plus boisées. Les rivières coulaient toutefois dans des directions différentes et le paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un...) n'était pas statique (Le mot statique peut désigner ou qualifier ce qui est relatif à l'absence de mouvement. Il peut être employé comme :) mais changeait tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) ».

Les grottes à Malapa ne sont pas réparties au hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque efficient, sinon de causes, au moins d'une reconnaissance de cause à effet d'un...) mais le long de zones de fracture (En traumatologie, le terme de fracture désigne par définition une solution de continuité osseuse ("rupture" des os).) qui quadrillent le terrain. Elles sont surtout formées de quartz, de silex, de dolomite et de peloïdes mais il peut aussi y avoir dans les roches des grains recouverts d'oxyde (Un oxyde est un composé de l'oxygène avec un élément moins électronégatif, c'est-à-dire tous sauf le fluor. Oxyde désigne également l'ion oxyde...) de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau...), des ooïdes, des grès, et des feldspaths.

« Les fossiles se trouvent presque intacts dans les sédiments d'un système de grottes érodé en profondeur » poursuit Dirks. « Ils ont été apportés dans une même vague (Une vague est un mouvement oscillatoire de la surface d'un océan, d'une mer ou d'un lac. Les vagues sont générées par le vent et ont une amplitude crête-à-crête allant de...) de dépôt, ce qui indique que les décès ont été en rapport étroit et se sont produit juste après que les débris ne soient emportés jusqu'à leur site d'enfouissement ».

Les chercheurs ont identifié les fossiles d'au moins 25 autres espèces d'animaux, dont des tigres à dent (Une dent est un organe enveloppé d'os, dur, blanchâtre, généralement composé d'une couronne libre et d'une ou plusieurs racines implantées dans la cavité buccale, plus...) de sabre, un chat (Le chat domestique (Felis silvestris catus) est un mammifère carnivore de la famille des félidés. Il est l’un des principaux animaux de compagnie et compte...) sauvage, une hyène brune, un chien (Le chien (Canis lupus familiaris) est un mammifère domestique de la famille des canidés, proche du loup et du renard. Autrefois regroupé dans une espèce à part...) sauvage et un cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a évolué au...). Ils suggèrent que les grottes de Malapa avaient plusieurs dizaines de mètres de profondeur à l'époque où les fossiles de Australopithecus sediba se sont formés, et ils proposent que les grottes ont pu servir de pièges mortels pour des animaux cherchant de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.).

« Une explication possible à leur entrée dans la grotte est qu'ils ont pu rechercher de l'eau » ajoute Dirks. « Pour expliquer cet ensemble de fossiles et leur état bien préservé on peut penser qu'à l'époque l'aire où vivait sediba subissait une sècheresse sévère… Les animaux ont peut-être senti l'eau, se sont aventurés trop loin et sont tombés dans des cavités peu visibles dans l'obscurité, ou se sont perdus et sont morts ».

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Source: Science, AAAS & EurekAlert
Illustration: Brett Eloff courtesy of Lee Berger and the University of Witwatersrand