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Posté par Michel le Mercredi 28/07/2010 à 00:00
Découverte d’altérations structurales du cerveau chez les victimes du syndrome du côlon irritable
Une étude établit un parallèle entre le SCI et les autres troubles de la douleur. Les travaux réalisés dans le cadre d’une étude de recherche universitaire d’envergure ont permis de démontrer des altérations structurales de régions précises du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont...) chez des femmes atteintes du syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou bien dans des circonstances cliniques...) du côlon irritable (SCI), lequel cause une douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond...) et un inconfort abdominaux ainsi qu’une diarrhée ou une constipation (La constipation (d'après le latin co- : "avec"+ stipare : "rendre raide, compact") est une difficulté à déféquer. Les selles sont alors généralement dures et de...), ou les deux en alternance.

Fruits d’une collaboration entre l’UCLA et l’Université McGill du Canada, les résultats de cette étude ont été publiés dans le numéro de juillet de la revue scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) Gastroenterology.

D’après le compte rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des...) de l’étude, le SCI est associé à une réduction aussi bien qu’à une augmentation de la densité de la matière grise de régions clés du cerveau qui jouent un rôle dans l’attention, la maîtrise des émotions, l’inhibition de la douleur et le traitement de l’information viscérale.

Le SCI touche environ 15 pour cent de la population américaine, principalement des femmes. Jusqu’à présent, le corps médical considérait le SCI comme un syndrome « fonctionnel » du tractus gastro-intestinal, qui apparaît parce que ce dernier ne fonctionne pas adéquatement, plutôt que comme un trouble « organique (La chimie organique est une branche de la chimie concernant la description et l'étude d'une grande classe de molécules à base de carbone :...) » accompagné d’altérations structurales d’organes. La majorité des efforts en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) de repérer des altérations structurales ou biochimiques des intestins ont remporté peu de succès. Bien que la physiopathologie du SCI ne soit pas entièrement élucidée, on croit généralement que la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) résulte d’une interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action...) dysfonctionnelle entre le cerveau et les intestins.

Cependant, les résultats de cette étude montrent qu’il existe des altérations structurales bien réelles dans le cerveau des personnes atteintes du SCI. Cette découverte place le SCI dans la même classe que les autres troubles de la douleur comme le trouble lombaire, le trouble de l’articulation temporomandibulaire, la migraine (La migraine (du grec ancien ημικρανίον / êmikraníon, douleur touchant la « moitié du...) et la coxalgie — des troubles en présence desquels les mêmes altérations anatomiques du cerveau ont déjà été observées, en plus d’autres changements. Récemment, les résultats d’une étude plus modeste ont également suggéré l’existence d’une telle association entre le SCI et des altérations structurales du cerveau, mais, jusqu’à présent, aucune étude définitive d’envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère, un avion (ou...) n’avait été réalisée.

« La découverte d’altérations structurales du cerveau, que celles-ci soient la cause ou la conséquence des symptômes gastro-intestinaux, démontre la nature " organique " du SCI et appuie la notion de trouble cérébro-intestinal, a déclaré le Dr Emeran Mayer, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant...) principal de l’étude et professeur de médecine, de physiologie et de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du grec psyche (ψυχὴ), qui signifie âme ou...) à l’école de médecine David Geffen de l’UCLA. En outre, ces résultats détruisent une fois pour toutes la notion voulant que les symptômes du SCI ne soient pas réels, mais seulement " psychosomatiques ". Cela nous permettra de mieux comprendre le SCI, poursuit-il ».

Les chercheurs ont eu recours à des techniques d’imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit par impression...) pour examiner et analyser les différences anatomiques du cerveau de 55 patientes atteintes du SCI et de 48 femmes témoins. Les patientes présentaient un SCI modéré installé depuis 1 an à 34 ans (moyenne de 11 ans). Les participantes à l’étude avaient en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils...) 31 ans.

Les chercheurs ont découvert une réduction de même qu’une augmentation de la matière grise dans des régions corticales précises du cerveau.

Malgré l’inclusion d’autres facteurs comme l’anxiété et la dépression dans l’analyse, les chercheurs ont constaté qu’il demeurait des différences entre les régions du cerveau qui jouent un rôle dans les fonctions cognitive et évaluative, y compris les cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) préfrontal et pariétal postérieur ainsi que le lobe postérieur de l’insula, lequel constitue le principal cortex de sensibilité viscérale à recevoir de l’information sensorielle du tractus gastro?intestinal, des patientes atteintes du SCI et celles des témoins.

« Les altérations de la matière grise du lobe postérieur de l’insula sont particulièrement intéressantes puisqu’elles pourraient jouer un rôle dans l’amplification (On parle d'amplificateur de force pour tout une palette de systèmes qui amplifient les efforts : mécanique, hydraulique, pneumatique, électrique.) de la douleur centrale chez les patients atteints du SCI, a confié le co-chercheur, M. David A. Seminowicz, Ph. D., du centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) sur la douleur Alan Edwards de l’Université McGill. Cette découverte particulière pourrait mettre en lumière une différence ou une anomalie spécifique du cerveau qui interviendrait dans l’amplification des signaux de douleur que les intestins envoient au cerveau ».

Les réductions de matière grise observées chez les patientes atteintes du SCI ont été constatées dans plusieurs régions du cerveau participant aux processus cérébraux qui régissent la mobilisation attentionnelle, lesquels déterminent sur quoi l’organisme doit tourner son attention. Des réductions ont aussi été observées dans le thalamus et le mésencéphale, y compris la périphérie de l’aqueduc (Un Aqueduc désigne un ouvrage destiné à l'adduction d'eau pour la consommation d'une ville.) cérébral — une région qui joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à mastiquer.) un rôle important dans la suppression de la douleur.

Selon M. Seminowicz, « les réductions de la matière grise dans ces régions clés pourraient indiquer l’incapacité du cerveau à inhiber efficacement la réponse à la douleur ».

Les réductions observées de la matière grise se sont révélées uniformes dans les sous-groupes de patientes atteintes du SCI, comme celui des patientes présentant davantage de symptômes associés à la diarrhée qu’à la constipation.

« Nous avons remarqué qu’il y avait une différence entre les altérations structurales du cerveau des patientes qui disaient que leurs symptômes s’exprimaient principalement par de la douleur et celles des patientes qui éprouvaient surtout un inconfort sans douleur, de dire le Dr Mayer, aussi directeur du centre de neurobiologie du stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage courant, on parle de stress...) de l’UCLA. Par contre, nous n’avons observé aucun lien entre le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) écoulé depuis l’apparition du SCI et ces altérations structurales du cerveau. »

Selon le Dr Mayer, les prochaines étapes de la recherche viseront à identifier les gènes responsables de ces altérations structurales du cerveau. Les prochains travaux devront aussi faire appel à une population d’étude élargie afin d’examiner les différences entre les hommes et les femmes et déterminer si les altérations observées dans le cerveau constituent une cause ou une conséquence du SCI.

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Source: Université McGill (William Raillant-Clark, Service des relations avec les médias - Tél.: 514-398-2189)