Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Gearbest Page Spécial sur les nouveaux clients, Grande Réduction @GearBest! promotion
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Michel le Mardi 21/09/2010 à 00:00
Une région du cerveau liée à l'introspection
Une structure du cortex préfrontal aide à réfléchir sur ses propres pensées.

Une région particulière du cerveau s'avère plus développée chez les personnes montrant une facilité à réfléchir sur eux-mêmes et leurs propres décisions selon une nouvelle étude publiée dans la revue Science. Cet acte d'introspection, ou le fait de "penser sur nos propres pensées", est un élément clé de la conscience humaine bien que les scientifiques aient relevé une grande diversité de la capacité à le faire. Cette nouvelle étude paraîtra dans le numéro du 17 septembre de la revue Science, publiée par l'association scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) à but non lucratif AAAS.

Suite à leur travail, l'équipe de chercheurs dirigée par le Pr. Geraint Rees de l'University College London (UCL) suggère que le volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) de matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide,...) grise située juste derrière nos yeux, le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) préfrontal antérieur, est un bon indice de la capacité d'introspection d'une personne. De plus, les chercheurs proposent que la structure de la matière blanche reliée à cette aire soit aussi en rapport avec le processus de l'introspection.

Il reste toutefois à élucider le lien fonctionnel entre l'introspection et ces deux éléments du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue...). Le résultat de l'étude ne signifie pas que les individus ayant un volume plus important de matière grise dans cette région du cerveau ont, ou auront, plus de pensées introspectives que les autres. Il établit en revanche une corrélation entre structure des matières grise et blanche du cortex préfrontal et niveau d'introspection.

Cette découverte pourrait aider à l'avenir les scientifiques à mieux comprendre comment certaines lésions du cerveau affectent la capacité de l'individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) à réfléchir sur ses pensées et ses actions. Une telle compréhension pourrait alors aboutir à la mise au point (Graphie) de traitements adaptés pour ces patients, tels que les victimes d'accident vasculaire cérébral (Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain d'origine...) (AVC) ou de traumatismes cérébraux, alors qu'ils ne comprendraient même pas l'état dans lequel ils se trouvent.

"Prenez par exemple deux patients atteints d'une maladie mentale (La dénomination maladie mentale est le terme générique qui regroupe toute une série de troubles d'origines diverses (toxiques, organiques, génétiques, psychogènes, traumatiques, etc., etc.). Il a l'avantage...), l'un conscient de sa maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.), l'autre non" dit l'un des auteurs de l'étude, Stephen Fleming de l'UCL. "La première risque de se soigner, la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La...) moins. Si nous comprenons la conscience de soi au niveau neurologique, peut-être aurons-nous alors la possibilité d'adapter des traitements et de mettre au point des exercices spécifiques pour ces patients."

Cette étude est issue de la collaboration entre le groupe de Rees qui étudie la conscience et l'équipe du Pr. Ray Dolan à l'UCL qui cherche à comprendre la prise de décision. Fleming a conçu avec la co-auteur Rimona Weil une expérience pour mesurer la performance d'une personne à un test ainsi que son degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :) de confiance dans les décisions qu'il prend au cours de ce test. En notant la capacité des participants à juger de leurs propres décisions, les chercheurs ont été en mesure d'évaluer leur capacité d'introspection.

Fleming et ses collègues ont commencé par recruter 32 sujets en bonne santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) et leur ont montré deux écrans, chacun contenant six motifs. L'un des écrans affichait toutefois un motif plus brillant que les autres. Les chercheurs ont demandé aux participants d'identifier quel écran (Un moniteur est un périphérique de sortie usuel d'un ordinateur. C'est l'écran où s'affichent les informations saisies ou demandées par l'utilisateur et...) le contenait puis d'estimer leur degré de confiance dans leur appréciation finale. Après l'expérience, le cerveau des participants a été scanné en imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la...) par résonance (Lorsqu'on abandonne un système stable préalablement écarté de sa position d'équilibre, il y retourne, généralement à travers des oscillations propres. Celles-ci se produisent...) magnétique, ou IRM.

La tâche imaginée par Fleming et ses collègues était difficile, de sorte que les participants n'étaient jamais complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique...) sûrs de donner la bonne réponse. Les chercheurs ont pensé que les personnes meilleures pour l'introspection seraient plus sûres d'elles après avoir fait le choix correct et moins sûres lorsque leur choix n'était pas le bon. Effectivement, l'expérience a montré que la capacité à prendre des décisions était la même entre tous les participants mais que la différence semblait se situer dans la connaissance des participants à prendre des décisions.

"C'est comme à l'émission "Who wants to be a millionaire ?" ("Qui veut gagner des millions ?") précise Weil. "Une personne introspective confirmera sa réponse finale que lorsqu'elle sera vraiment sûre et téléphonera peut-être à un ami si elle a un doute. Un participant moins introspectif, au contraire, sera moins efficace pour juger si sa réponse est bonne ou pas"

Ainsi, bien que chaque participant ait fait aussi bien au test, les chercheurs ont confirmé que leur capacité introspective peut énormément varier. En comparant les images IRM du cerveau de chaque participant, ils ont pu repérer une corrélation entre la capacité d'introspection et la structure d'une petite zone du cortex préfrontal. Les capacités méta-cognitives ou de "pensées plus élevées" semblent ainsi en rapport avec la quantité de matière (La quantité de matière est une grandeur de comptage d'entités chimiques ou physiques élémentaires. L'unité qui lui correspond est la mole.) grise du cortex préfrontal antérieur droit et de la matière blanche qui l'entoure.

Ces résultats pourraient refléter des différences innées dans notre anatomie (L'anatomie (provenant du nom grec ἀνατομία anatomia, provenant du verbe ἀνατέμνειν...) nerveuse ou l'effet de l'expérience et d'un entraînement. Dans ce dernier cas, on pourrait alors envisager de "développer" les capacités métacognitives en exploitant la malléabilité de ces régions dans le cortex préfrontal. Il faudra néanmoins plus de recherches pour explorer les mécanismes mentaux de l'introspection et pouvoir ensuite les relier à des processus biologiques.

"La conscience est la "frontière (Une frontière est une ligne imaginaire séparant deux territoires, en particulier deux États souverains. Le rôle que joue une frontière peut fortement varier suivant les...) ultime" de la biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des...)," explique Fleming. "Nous voulons savoir comment nous sommes conscients de certains processus mentaux alors que d'autres sont totalement inconscients. Des scientifiques et des philosophes ont récemment suggéré l'existence de différents niveaux de conscience, allant de la simple expérience des choses vécues à la réflexion qui porte sur ce vécu. L'introspection se situe au bout de cette échelle et la mesure de son activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) en fonction de celle du cerveau nous donne l'espoir de mieux comprendre la biologie de la pensée consciente."

Source: Science, AAAS & EurekAlert
Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS