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Posté par Michel le Mardi 09/11/2010 à 00:00
Des Néandertaliens pourraient se manifester à votre table
Le fait de voir de la viande provoque un sentiment de non-agression qui pourrait être en lien avec les célébrations familiales des primates.

Frank Kachanoff était surpris. Il pensait que la vue de la viande sur la table rendrait les gens plus agressifs, pas moins. Après tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.), les entraîneurs de football n'offrent-ils pas à leurs joueurs de grosses pièces de viande rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.) juste avant une partie, en espérant les stimuler? Et qu'en est-il de l'idée que nous nous faisons d'un animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se...) qui grogne et rugit devant quiconque lui confisque sa viande? Ne serait-ce pas le cas chez les humains aussi ?


Chercheur au Département de psychologie de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) McGill à Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de...) et manifestant un intérêt particulier pour l'évolution, Frank Kachanoff a plutôt découvert le contraire. Selon des travaux présentés lors d'un récent symposium tenu à McGill, le fait de voir de la viande semble rendre l'être humain significativement moins agressif. "J'étais inspiré par mes travaux sur l'amorçage et l'agression, qui indiquaient que le seul fait de regarder un objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être...) qu'on a appris à associer à l'agression, comme un revolver, est susceptible de conduire une personne à se comporter de façon plus agressive. Je voulais savoir si nous pourrions réagir agressivement à certains stimuli de notre environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à...), non pas à cause des associations acquises, mais à cause d'une prédisposition innée."

L'idée que la viande entraînerait un comportement agressif avait du sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine....), puisque cela aurait aidé nos ancêtres primates à chasser, s'approprier et protéger leurs ressources de viande. Monsieur Kachanoff croyait que la prédisposition innée des humains à réagir agressivement à l'égard de la viande pouvait par conséquent avoir évolué, et il a recruté 82 sujets mâles pour tester sa théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance spéculative, souvent basée sur l’observation...), à l'aide de techniques éprouvées visant à provoquer et mesurer l'agression. En elle-même, l'expérience était fort simple. Pendant qu'ils classaient des photographies, les sujets devaient punir un lecteur de scénario chaque fois qu'il commettait une erreur. Certaines images représentaient de la viande et d'autres, des images neutres. Les sujets croyaient qu'ils pouvaient infliger au lecteur de scénario des sons de volumes variés, y compris des sons provoquant de la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond...), des sons qu'il entendrait une fois sa lecture terminée. Étant donné les chercheurs prévoyaient que le groupe triant des images de viande infligerait davantage d'inconfort au lecteur, ils furent très surpris des résultats.

"Nous avons utilisé des images de viande prête à manger. En termes de comportement, avec le recul, il apparaît normal que nos ancêtres soient restés calmes, puisqu'ils étaient entourés d'amis et de membres de la famille au moment du repas", a expliqué monsieur Kachanoff. "J'aimerais reprendre cette expérience en utilisant des images de chasse. Peut-être que, l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) prochaine, l'Action de grâce sera le bon moment de remettre l'ouvrage sur l'enclume."

Les psychologues de l'évolution croient qu'il est utile d'observer les réflexes innés de manière à mieux comprendre les tendances sociales et le comportement personnel. Les travaux de Frank Kachanoff sont importants parce qu'ils examinent les manières dont la société peut influencer les facteurs environnementaux pour réduire les risques de comportement agressif. Ses travaux ont été réalisés sous la direction du professeur Donald Taylor et de la doctorante Julie Caouette, du Département de psychologie de McGill, et ont été présentés lors du symposium annuel de science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large....) du premier cycle de l'Université.

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Source: Université McGill (William Raillant-Clark, Service des relations avec les médias - Tél.: 514-398-2189)