
Une étude de l'Université Concordia de Montréal établit un lien entre la longueur des doigts et la prise de risques dans les activités financières, récréatives et sociales
Les investisseurs pourraient vouloir examiner les doigts de leur conseiller financier avant de lui confier leurs économies à l'avenir. D'après des chercheurs de l'
Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) Concordia, le rapport entre la taille de l'index et celle de l'annulaire chez l'homme pourrait indiquer un taux élevé de testostérone avant la naissance, une tendance à prendre des risques, voire une
probabilité (Probabilité vient du latin probare (prouver, ou tester). Le mot probable signifie « qui peut se produire » dans le cas de futures éventualités, ou « certainement...) de réussite financière.
Cette découverte, publiée dans la revue
Personality and Individual Differences, laisse entendre que les
mâles alpha s'exposent à de plus gros risques dans leurs relations, sur le court de squash et sur le marché des capitaux.
"Des recherches antérieures ont établi que la prise de risques et la réussite financière sont liées à un taux élevé de testostérone, explique Gad Saad, directeur de l'étude, professeur de
marketing (Le marketing (on utilise aussi parfois — dans 7% des cas, d'après les chiffres donnés par Google — le néologisme français mercatique) est une discipline qui cherche à...) à l'École de gestion John-Molson et titulaire de la chaire en
science (La science (du latin scientia, connaissance) relève Historiquement de l'activité philosophique, et fut pendant longtemps un exercice spéculatif visant à élucider les mystères du monde par l'exercice de la raison. À...) du comportement évolutif et consommation darwinienne de l'Université Concordia. Nous avons examiné le rapport entre le taux de testostérone avant la naissance et la propension chez l'homme à courir divers risques. Nos résultats démontrent un lien à cet égard dans trois sphères: loisirs, société et finances."
L'auteur principal de l'étude et un
doctorant (En France, un doctorant est un jeune chercheur menant un projet de recherche sur une durée (réglementaire) de trois ans, comprenant la rédaction et la...) à Concordia, Eric Stenstrom, poursuit: "Puisque les femmes sont souvent attirées par les hommes en forme, sûrs d'eux et riches, ces derniers ont tendance à prendre des risques en
matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. Elle occupe de l'espace et...) de sports, de relations interpersonnelles et de finances afin de mieux plaire à leurs compagnes potentielles. Il est d'autant plus intéressant de savoir que cette tendance est influencée par l'exposition à la testostérone: plus il y en a dans l'utérus de la mère, plus l'enfant sera plus tard porté à s'exposer au risque sur une patinoire, dans un bar ou sur le parquet de la Bourse."
Une observation chez les hommes
À l'aide d'un
sondage (
Un sondage peut désigner une technique d'exploration locale d'un milieu particulier.
Un sondage peut également être une méthode statistique d'analyse d'une population...), le professeur Saad et son équipe ont analysé la prise de risques chez 413 étudiants et étudiantes. "L'exposition prénatale à la testostérone influence non seulement le développement du cerveau du fœtus, mais elle ralentit également la croissance de l'index par rapport aux quatre autres doigts sauf le pouce", ajoute Zack Mendenhall, coauteur de l'étude et étudiant à la maîtrise à Concordia.
La
longueur (La longueur d’un objet représente la distance entre deux de ses extrémités, les plus éloignées possibles. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est souvent celle de...) des doigts, modifiée par la testostérone, constitue une mesure pratique de l'exposition prénatale à l'hormone mâle. Dans le cadre de l'étude, la taille de l'index a été comparée à celle des autres doigts, ce qui a permis d'exprimer le rapport rel2. Les chercheurs ont ainsi découvert que les sujets dont l'indice rel2 est moins élevé ont davantage tendance à prendre des risques. Ces
données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) ont été confirmées par une mesure supplémentaire, soit la différence entre la proportion de l'index et celle de l'annulaire. En outre, la corrélation a uniquement été observée chez les répondants masculins.
"L'absence de cette corrélation chez la femme pourrait s'expliquer par le fait que la prise de risques ne constitue pas pour elle un comportement d'accouplement, et ce, contrairement à l'homme", explique le professeur Saad.