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Posté par Isabelle le Jeudi 09/12/2010 à 00:00
La méditation zen, rempart contre la douleur
La méditation zen présente de nombreux bénéfices pour la santé, dont celle d'atténuer la sensibilité à la douleur. Selon les résultats d'une étude menée à l'Université de Montréal, si les adeptes de la méditation ressentent bel et bien la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un...), ils y pensent cependant beaucoup moins que leurs homologues. Les résultats de cette étude, publiés dans le numéro de novembre de Pain, pourraient avoir des retombées sur la prise en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non...) de la douleur chronique occasionnée par exemple par l'arthrite (L'arthrite (du grec arthron : articulation) est une inflammation aiguë ou chronique des articulations dont l'origine est rhumatismale ou...), les maux de dos (En anatomie, chez les animaux vertébrés parmi lesquels les humains, le dos est la partie du corps consistant en les vertèbres et les...) ou le cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de...).

« Nos recherches antérieures ont montré que les adeptes de la méditation zen ont une moins grande sensibilité à la douleur. L'objectif de cette étude était de déterminer comment ils y parvenaient , explique Pierre Rainville, directeur de cette étude et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de...) à l'Université de Montréal et à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un...) universitaire de gériatrie de Montréal. Grâce à l'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se faisait jadis soit à la main, soit par...) par résonance magnétique fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres en...), nous avons démontré que même si les adeptes de la méditation ont conscience de la douleur, cette sensation n'est pas traitée dans la zone du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du...) responsable de l'évaluation, du raisonnement ou de la formation de la mémoire. Nous pensons qu'ils ressentent bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour exprimer la...) et bien les sensations douloureuses, mais qu'ils abrègent le processus en s'empêchant d'interpréter ou d'étiqueter les différents stimuli comme douloureux. »

Entraîner le cerveau

Pierre Rainville et ses collègues ont comparé la réponse à des stimuli douloureux d'origine thermique (La thermique est la science qui traite de la production d'énergie, de l'utilisation de l'énergie pour la production de chaleur ou de froid, et des transferts de chaleur...) de 13 adeptes de la méditation zen à celle de 13 autres sujets ne pratiquant pas la méditation. Leur perception respective de la douleur a été mesurée et comparée avec les données recueillies par lRM fonctionnel. Les adeptes les plus expérimentés de la méditation zen ont présenté des réponses plus basses à la douleur et une diminution de l'activité cérébrale dans les zones du cerveau responsables de la cognition, de l'émotion et de la mémoire (à savoir le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) préfrontal, l'amygdale et l'hippocampe). Les chercheurs ont également observé une diminution de la communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles...) entre la zone du cerveau qui ressent la douleur et le cortex préfrontal.

« Nos résultats ouvrent de nouvelles perspectives sur le fonctionnement du cerveau , explique Joshua (Joshua est le ketch en acier de Bernard Moitessier construit au chantier Meta de Tarare (Rhône) en 1961 avec lequel il participe au Golden Globe.) Grant, auteur principal de l'étude et doctorant (Un doctorant est un chercheur débutant s'engageant, sous la supervision d'un directeur de thèse, dans un projet de recherche sur une durée variable selon les pays et les...) à l'Université de Montréal. Ces résultats remettent en question les concepts actuels du contrôle mental, censé s'obtenir par un effort ou une activité cognitive croissante. Nous pensons, à l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y = y·x = 1, si 1 désigne...), qu'il est possible d'autoréguler ces processus de manière plus passive en «neutralisant » les zones du cerveau qui, dans ce cas, sont normalement impliquées dans le traitement de la douleur. »

« Ces résultats laissent penser que les adeptes de la méditation zen pourraient avoir acquis l'aptitude de neutraliser certains processus cérébraux supérieurs tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en continuant de ressentir les stimuli , explique Pierre Rainville. Cette aptitude pourrait avoir des conséquences profondes et étendues sur la régulation de la douleur et des émotions et sur le contrôle cognitif. Ce comportement correspond bien à l'état d'esprit du zen et à la notion de pleine conscience. »

À propos de l'étude:
L'article « A non-elaborative mental stance and decoupling of executive and pain-related cortices predicts low pain sensitivity in Zen meditators » est signé Joshua A. Grant, Jérôme Courtemanche et Pierre Rainville de l'Université de Montréal.


Voir sur le même sujet: "l'épaisseur du cerveau, rempart (Un rempart est un élément de fortification entourant un bourg, une ville ou une citadelle, apparaissant au XVIe siècle, et qui remplace la muraille. Il est un...) contre la douleur" http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=7552

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Source: Université de montréal

Illustration: Sculpture de Taisen Deshimaru en posture zazen, à Toulouse - Sculpture par José Torres (photo: Traumrune/Creative Commons)