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Posté par Michel le Mardi 22/03/2011 à 12:00
Des neurones « bilingues » révélateurs des secrets des maladies du cerveau ?
Une équipe composée de chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Université McGill ont découvert une forme de « bilinguisme cellulaire » – un phénomène qui permet à un même neurone d’employer deux modes de communication différents pour échanger de l’information. « Nos travaux pourraient faciliter l’identification des mécanismes qui perturbent la fonction des neurones dopaminergiques, sérotoninergiques et cholinergiques dans des maladies comme la schizophrénie, la maladie de Parkinson (La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique affectant le système nerveux central responsable de troubles essentiellement moteurs d'évolution progressive.) et la dépression », ont écrit le Dr Louis-Eric Trudeau du Département de pharmacologie de l’Université de Montréal et le Dr Salah El Mestikawy de l’Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics...) universitaire en santé mentale Douglas et professeur au département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du grec psyche (ψυχὴ), qui...) de McGill. La découverte a été publiée dans la revue Nature Reviews Neuroscience.

Leurs résultats démontrent que de nombreux neurones du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...) sont en mesure de contrôler l’activité cérébrale en utilisant simultanément deux messagers chimiques ou neurotransmetteurs. Cette activité s’appelle « cotransmission ». Selon le Dr Trudeau, « les neurones du système nerveux, tant dans le cerveau que dans le système nerveux périphérique, sont typiquement caractérisés par le transmetteur principal qu’ils utilisent». Par exemple, les neurones dits dopaminergiques utilisent la dopamine comme transmetteur, et communiquent ainsi de l’information importante pour de nombreux phénomènes comme la motivation (La motivation est, dans un organisme vivant, la composante ou le processus qui règle son engagement dans une action ou expérience. Elle...) et l’apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences,...). Le dysfonctionnement de ces neurones est impliqué dans de graves maladies du cerveau, telles que la schizophrénie et la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) de Parkinson. « Nos travaux récents, effectués en partie en collaboration avec le Dr Laurent Descarries de l’Université de Montréal, démontrent que les neurones dopaminergiques utilisent le glutamate comme deuxième transmetteur. Ils sont ainsi capables de transmettre deux types de messages dans le cerveau, selon deux échelles de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), l’une rapide pour le glutamate, l’autre plus lente (La Lente est une rivière de la Toscane.) pour la dopamine. »

D’autres travaux, effectués par les chercheurs de l’équipe du Dr Salah El Mestikawy de l’Institut Universitaire en Santé Mentale Douglas ont montré que ce bilinguisme était observé également dans les neurones du cerveau qui utilisent la sérotonine, une population de cellules qui communiquent de l’information importante pour le contrôle de l’humeur, l’agressivité, l’impulsivité et la prise alimentaire, mais aussi dans ceux qui utilisent l’acétylcholine, un messager important pour la motricité et la mémoire, et dont les fonctions sont débalancées dans la maladie de Parkinson, par les médicaments antipsychotiques et par la dépendance aux drogues d’abus.

Des travaux effectués en collaboration avec leur collègue, le Dre Åsa Wallen-Mackenzie de l’Université d’Uppsala en Suède, publiés récemment dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, ont permis de suggérer que la sécrétion de glutamate par les neurones dopaminergiques pourrait par exemple être impliquée dans les effets sur le comportement de psychostimulants comme l’amphétamine et la cocaïne. « Nous en savons très peu sur le rôle de la co-transmission dans la régulation des comportements et dans les maladies, ce qui doit être le sujet d’études futures », a fait néanmoins prévaloir le Dr Trudeau.

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Source: William Raillant-Clark, Attaché de presse international, Université de Montréal, Tél.: 514 343-7593