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Posté par Isabelle le Samedi 23/04/2011 à 00:00
Des pesticides d’OGM détectés chez la mère et le foetus
Robin Renaud - Université de Sherbrooke

Le professeur Aziz Aris
Photo: Robert Dumont
Une nouvelle étude menée à l'Université de Sherbrooke démontre pour la première fois la présence de pesticides, connus pour fonctionner avec les cultures génétiquement modifiées, dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart...) de femmes enceintes, de foetus et de femmes non enceintes. Cette catégorie de pesticides désigne deux groupes : les herbicides à base de glyphosate (Le glyphosate (N-(phosphonométhyl)glycine, C3H8NO5P) est un désherbant total, c’est-à-dire un herbicide non sélectif, autrefois produit sous brevet, exclusivement par...) ou de glufosinate et les insecticides comme la toxine Bt.

Les résultats d'analyse démontrent la présence du métabolite du glufosinate (3-MPPA) dans le sang de 100 % des femmes enceintes et cordons ombilicaux étudiés, ainsi que la présence de la toxine Bt dans le sang de 93 % des femmes enceintes et 80 % de cordons ombilicaux analysés.

Dans le sang de 39 femmes non enceintes, le glyphosate a été détecté dans une proportion de 5 % des cas; le glufosinate dans 18 % des cas; le 3-MPPA dans 67 % des cas; et la toxine Bt dans 69 % des cas. L'étude est conduite par le professeur Aziz Aris, du Département d'obstétrique et gynécologie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. L'article est paru dans la revue Reproductive Toxicology. Le lien pour télécharger l'article est fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus communément Fourni, sont un archipel de petites îles...) en fin de texte.

L'origine alimentaire?

L'étude a concerné 69 femmes vivant à Sherbrooke, dont 30 étaient enceintes et 39 ne l'étaient pas. Les femmes sélectionnées et leurs conjoints ne sont pas connus pour travailler au contact de pesticides et leur alimentation est typique d'une zone urbaine du Canada. La présence de pesticides dans leur sang serait donc essentiellement issue de l'alimentation.

L'auteur précise que la présence de ces pesticides dans le panier alimentaire n'a pas été examinée, mais il est concevable que la majorité de la population y soit exposée, vu l'omniprésence des OGM dans notre alimentation quotidienne (maïs, pommes de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...), soja (Le soja, ou soya, est une plante grimpante de la famille des Fabacées, du genre Glycine (à ne pas confondre avec la glycine, Wisteria sp.), proche du haricot, largement cultivée pour ses graines oléagineuses qui...), etc).

OGM : cultures en croissance

Parmi les cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides, le soja a été la première à être cultivée. Autorisée en 1996, la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail, La...) d'aliments génétiquement modifiés a explosé, voyant la superficie (L'aire ou la superficie est une mesure d'une surface. Par métonymie, on désigne souvent cette mesure par le terme « surface » lui-même (par exemple, on parle de la « surface...) des terres cultivées multipliée par 80. La combinaison (Une combinaison peut être :) de plantes génétiquement modifiées à des pesticides vise à protéger les cultures désirables et à éliminer des plantes indésirables en réduisant la compétition pour les nutriments ou en fournissant la résistance aux insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par...).

Ces aliments génétiquement modifiés sont conçus pour tolérer des herbicides tels que le glyphosate et le glufosinate ou des insecticides tels que les toxines bactériennes du bacille thuringiensis (toxine Bt). L'étude menée à Sherbrooke visait à identifier chez les femmes et les foetus la présence de ces trois substances - ainsi que deux métabolites associés aux herbicides, soit l'acide phosphorique (L'acide phosphorique est un oxacide à base de phosphore de formule H3PO4. C'est un triacide. Il intervient souvent en minéralogie et a une importance capitale en biochimie.) aminométhyl (AMPA) et l'acide (Un acide est un composé chimique généralement défini par ses réactions avec un autre type de composé chimique complémentaire, les...) (3-MPPA).

De la mère à l'enfant

«Un échange optimal dans l'unité foeto-maternelle est nécessaire pour une grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce qu'elle puisse survivre hors du corps de la...) réussie, explique Aziz Aris. Le placenta (Le placenta est un organe unique qui connecte physiquement et biologiquement l'embryon en développement à la paroi utérine. Durant toute la grossesse, le placenta apporte...) joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à...) un rôle majeur dans le développement foetal, dans la régulation des fonctions endocrines et de biotransformation des médicaments.»

Ces échanges impliquent non seulement des constituants nutritionnels, mais aussi les substances xénobiotiques qui représentent un risque pathologique pour le foetus, notamment les médicaments, les additifs alimentaires, les pesticides et les polluants.

Or, en confirmant la présence de deux substances, soit le 3-MPPA et la toxine Bt chez la femme enceinte, le foetus ainsi que les femmes non enceintes, cette étude constitue une première, ouvrant la voie à un nouveau champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) de toxicologie de la reproduction (La Reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement est un ouvrage de sociologie co-écrit par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron paru en 1970 aux éditions de Minuit.), avec des aspects touchant à la nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement....) et aux toxicités utéro-placentaires.

Effets inconnus

Selon le professeur Aris Aziz : «Une meilleure compréhension des échanges des xénobiotiques dans l'unité foeto-maternelle devrait servir de base pour l'utilisation du placenta comme un outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans l'action. Cette augmentation...) pour étudier et prédire certains aspects de la toxicité visant le développement des foetus.»

Citant plusieurs études, le professeur Aris rappelle que des conditions pathologiques dans le placenta sont des causes importantes de décès intra-utérin ou périnatal, d'anomalies congénitales, de retard de croissance intra-utérin, de mortalité maternelle, et beaucoup de morbidité pour la mère et l'enfant.

Compte tenu de la toxicité potentielle de ces polluants environnementaux et la fragilité du foetus, d'autres études plus approfondies sont nécessaires, indique le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés...). L'étude menée par le professeur Aris fait partie d'une recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) clinique financée par le Fonds de la recherche en santé du Québec.

Information complémentaire

Télécharger l'article paru dans Reproductive Toxicology (en document (Dans son acception courante un document est généralement défini comme le support physique d'une information.) PDF) (299,54 ko)

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Source: Robin Renaud - Université de Sherbrooke