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Posté par Isabelle le Jeudi 19/05/2011 à 12:00
Zéro douleur = une foule de bienfaits
Il n'est pas étonnant d'apprendre que la douleur lombaire est la forme la plus courante de maladie chronique chez l'adulte. Cela dit, on ignore souvent que les personnes aux prises avec de la douleur chronique souffrent également de handicaps cognitifs et de perte de matière grise dans les parties du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions...) associées au traitement de la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme pour signifier une remise en cause de son...) et à ses composantes émotionnelles, notamment la dépression et l'anxiété.

Dans le cadre d'une étude longitudinale dont les résultats ont été publiés cette semaine dans le Journal of Neuroscience, un groupe de chercheurs sur la douleur de l'Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill ont posé la question suivante: si l'on peut soulager la douleur lombaire chronique, peut-on inverser ces modifications dans le cerveau ? La réponse est oui.

L'équipe a commencé en recrutant, par l'intermédiaire de la Clinique orthopédique de la colonne vertébrale et de l'Unité de gestion de la douleur Alan Edwards du CUSM, des patients qui souffraient de douleur lombaire depuis plus de six mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) et qui planifiaient un traitement - des injections ou une chirurgie (La chirurgie est une technique médicale consistant en une intervention physique sur les tissus, notamment par incision et suture. Un médecin...) - pour diminuer leur mal. Les examens en IRM ont été réalisés sur chaque sujet avant les interventions ainsi que six mois plus tard. Ils ont servi à mesurer l'épaisseur corticale et l'activité cérébrales pendant qu'on demandait aux sujets de réaliser une tâche cognitive simple.

« À leur retour, nous voulions savoir si la douleur avait diminué et si leur quotidien s'était amélioré », a déclaré l'auteur principale de l'étude, Laura S. Stone, du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) sur la douleur Alan Edwards de McGill. « Nous voulions voir si l'une des anomalies liées à la douleur découverte initialement dans le cerveau avait au moins ralenti ou s'était partiellement inversée. »

Non seulement l'équipe a-t-elle observé une récupération de la fonction anatomique du cerveau, mais également sa capacité de fonctionner. Une fois les sujets traités, les chercheurs ont découvert une augmentation de l'épaisseur corticale dans des zones cérébrales spécifiques liées à la diminution de la douleur et au handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou non et qui...) physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la...). En outre, on a découvert que l'activité cérébrale anormale observée initialement pendant une tâche cognitive exigeant beaucoup d'attention était revenue à la normale après le traitement.

Bien que la réalisation de travaux supplémentaires soit nécessaire pour confirmer si la douleur chronique entraîne de véritables modifications dans le cerveau, Mme Stone émet l'hypothèse que la douleur lombaire chronique, à tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le moins, maintient ces différences. « En éliminant la douleur grâce à un traitement efficace », ajoute-t-elle, « on peut inverser ces modifications cérébrales anormales. »

Parmi les autres chercheurs ayant contribué à cette étude, signalons: David A. Seminowicz (autrefois de McGill, aujourd'hui de l'Université du Maryland); Timothy H. Wideman (McGill); Lina Naso (McGill); Zeinab Hatami-Khoroushahi (McGill); Summaya Fallatah (McGill); Mark A. Ware (McGill/CUSM); Peter Jarzem (McGill/CUSM); M. Catherine Bushnell (McGill); Yoram Shir(McGill/CUSM); et Jean A. Ouellet (McGill/CUSM).


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Source: Université McGill
 
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