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Posté par Michel le Mercredi 08/06/2011 à 12:00
Un parasite qui vous veut du bien... temporairement !
Les parasites ont tous besoin, à un moment ou un autre de leur cycle de vie, de vivre aux dépens d'un hôte. Dans un article à paraître dans Evolution, une équipe de l'UMR Biogéosciences de Dijon (CNRS / Université de Bourgogne) a montré qu'un parasite peut au contraire, en modifiant le comportement de son hôte, le protéger de manière temporaire.

Le ver (Les vers constituent un groupe très hétérogène d'animaux invertébrés qui partagent une caractéristique commune, à savoir un corps mou, flexible, de forme allongée...) parasite Pomphorhynchus laevis utilise le gammare, un crustacé d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) douce, comme hôte intermédiaire, dans lequel il grandit tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en restant à l'état larvaire. Pour devenir adulte et se reproduire, il doit être ingéré par un poisson (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l'ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à l'ouest et le...) qui deviendra l'hôte définitif. Nombreuses sont les espèces de parasites qui ont donc évolué pour favoriser la prédation de leur hôte intermédiaire par leur hôte définitif. Les chercheurs de l'Equipe Ecologie évolutive de Dijon (UMR Biogéosciences) ont ainsi montré il y a quelques années que les larves de Pomphorhynchus laevis forcent les gammares à adopter des comportements quelque peu suicidaires, en modulant ou en inhibant leurs comportements anti-prédateur tels que la photophobie, l'utilisation de refuges ou la fuite en réaction à l'odeur d'un poisson (Dans la classification classique, les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, pourvus de nageoires et dont le corps est le plus souvent couvert d'écailles. On les trouve abondamment aussi bien en eau douce...). Les crustacés parasitiquement modifiés sont jusqu'à 20 fois plus mangés que les individus non parasités.


Un gammare parasité par Pomphorhynchus laevis.
La larve (La larve est le premier stade de développement de l'individu après l'éclosion de l'œuf ou la naissance chez un grand nombre d'espèces animales, ayant un développement...) du parasite est la boule de couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) orange visible à travers la cuticule du crustacé - © Biogéosciences

Toutefois, cette stratégie n'est pas intéressante pour la larve parasitaire si son stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme »)...) de développement ne lui permet pas encore de s'implanter dans l'hôte définitif: toute prédation par ce dernier se soldera par la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus...) du parasite. Celui-ci a donc intérêt à protéger le gammare de la prédation pendant cette période, quitte à inverser la tendance dès l'infectivité atteinte. C'est ce que l'équipe de l'UMR Biogéosciences vient de démontrer expérimentalement: les gammares hébergeant une larve immature se cachent plus que les gammares sains et encourent un risque de prédation plus faible. En revanche, dès que la larve a atteint le stade où elle peut infecter les poissons, les comportements s'inversent et le taux de prédation des gammares parasités devient plus fort que celui de leurs congénères sains.

Cette protection de l'hôte par la larve de parasite, même pendant un court moment de son développement, pose naturellement la question des intérêts de chacun des acteurs dans cette association. En effet, ces intérêts semblent converger: l'hôte intermédiaire comme le parasite voient, grâce à cette protection, leur risque de mortalité amoindri. On ne peut pas pour autant parler de mutualisme. En effet, si l'hôte trouvait vraiment son compte à posséder des défenses anti-prédateur renforcées, il les mettrait en action de lui-même. Les changements de comportement étant modulés en fonction du stade de développement du parasite, ils bénéficient bien plus à ce dernier qu'à l'hôte.


Référence:

Protection first then facilitation: a manipulative parasite modulates the vulnerability to predation of its intermediate host according to its own developmental stage (Un stage est le plus souvent une période de formation, d'apprentissage ou de perfectionnement qui dure quelques jours à plusieurs mois dans un...), Evolution (sous presse ; disponible en ligne avec la référence DOI: 10.1111/j.1558-5646.2011.01330.x), Lucile Dianne, Marie-Jeanne Perrot-Minnot, Alexandre Bauer, Mickaël Gaillard, Elsa Léger & Thierry Rigaud.


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Source: CNRS-INEE
 
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