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Posté par Michel le Jeudi 09/06/2011 à 12:00
Mimivirus isolé, génome amputé
En absence de compétition avec d'autres microorganismes, Mimivirus, le plus grand virus à ADN connu, perd 17% de son génome. C'est ce que vient de démontrer une collaboration franco-américaine impliquant des chercheurs du CNRS, de l'Université de la Méditerranée et de l'Université de Provence(1). Ces résultats sont publiés en ligne, cette semaine, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Les Mimivirus, découverts en 2003 par deux équipes dirigées par le Professeur Didier Raoult (Didier Raoult (né en 1952) est un chercheur biologiste français. Médecin de formation, il se spécialise en maladies infectieuses....), représentent le plus grand groupe de virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme...) à ADN connu, possédant 900 gènes à eux seuls. Ils ont été repérés dans des amibes, êtres unicellulaires, se trouvant notamment dans les circuits de refroidissement d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) des systèmes de climatisation (La climatisation est la technique qui consiste à modifier, contrôler et réguler les conditions climatiques (température, humidité, niveau de...). L'originalité de ce virus vient de sa taille et de sa vulnérabilité à être infecté par des petits virus: les virophages.


Reconstitution de l'image des deux particules virales de Mimivirus obtenue grâce au laser LCLS.

En milieu naturel, c'est-à-dire au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier celle...) des amibes, les Mimivirus vivent en « communauté ». Ils partagent leur espace amibien avec d'autres organismes tels que des virus et des bactéries. Des échanges constants de gènes chez ces microorganismes à vie (La vie est le nom donné :) intra-amibienne, aussi bien entre eux qu'avec leur hôte protozoaire ont permis cette évolution vers une vie en «communauté».

Les chercheurs ont cultivé de manière isolée le Mimivirus. En laboratoire, seul dans une amibe (Les amibes (du grec amoibē transformation), sont des protozoaires simples de taille variant entre 20 µm et 1 mm de longueur (mais le plus souvent entre 200 µm et...) et sans contact avec d'autres microorganismes, ils ont observé, en évolution accélérée (seulement 150 passages(2)), une réduction de 17% de la taille de son génome. Cette perte génomique se fait pour l'essentiel sous forme de délétions(3) des deux extrémités de son génome. En absence d'autres microorganismes et donc de compétition au sein de l'amibe, le Mimivirus élimine, alors, une partie de son génome en supprimant notamment les gènes impliqués dans la formation de longues fibrilles qui entourent sa capside(4). Le Mimivirus devient ainsi "chauve". Les chercheurs ont également observé qu'il devenait résistant aux virophages.

Ce travail montre qu'un changement d'écosystème peut être associé à une modification majeure et rapide du génome des microorganismes.


Notes:

(1) Unité de Recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) sur les Maladies Infectieuses et Tropicales Émergentes (CNRS/Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II)) et Unité Architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) et Fonction des Macromolécules Biologiques (CNRS/Universités d'Aix-Marseille I et II).

(2) Le mimivirus se multiplie dans sur une amibe en 2-3 jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle...), avant qu'elle n'éclate. Un échantillon du Mimivirus est prélevé puis réintégré dans une nouvelle amibe. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) ceci est répété de nombreuses fois.

(3) Perte d'un fragment D'ADN constituant une cause de mutation.

(4) Enveloppe qui entoure le génome viral.


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Source: CNRS
Illustration: © Seibert et al.