Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Bons plans et avis Gearbest: Xiaomi Mi Mix2, OnePlus 5T
Code promo Gearbest: réduction, coupon, livraison...
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Adrien le Mercredi 21/09/2011 à 00:00
Des oeufs de grenouilles pour déprogrammer des cellules
Transformer des cellules de peau de souris en cellules souches avec une efficacité réelle multipliée par plus de 100. Une équipe de recherche de l'Institut de génétique humaine de Montpellier du CNRS, à laquelle ont collaboré des chercheurs de l'INRA (1), vient d'y parvenir en couplant deux techniques: l'injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :) de quatre gènes bien spécifiques dans le noyau des cellules de peau (La peau est un organe composé de plusieurs couches de tissus. Elle joue, entre autres, le rôle d'enveloppe protectrice du corps.) de souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus,...) puis leur incubation (L'incubation est la période pendant laquelle les ovules sont couvés, de manière à les maintenir au chaud et à permettre le développement...) dans un extrait d'œufs de grenouille (Le terme grenouille est un nom vernaculaire donné à certains amphibiens, principalement dans le genre Rana. À un de ses stades de développement, la larve de la grenouille est appelée un...) Xénope (2). Ces résultats confirment l'intérêt des cellules souches issues de cellules différenciées pour réaliser des autogreffes et ouvrent des perspectives thérapeutiques intéressantes en termes de médecine régénératrice. Ils viennent d'être publiés dans les PNAS.


Œufs de Xénope
© Méchali

En 2006, des chercheurs japonais ont fait une avancée spectaculaire: ils sont parvenus à déprogrammer des cellules différenciées de souris en cellules souches en injectant un cocktail de quatre gènes. Cependant, la production de ces cellules souches dites induites (iPS) reste peu efficace et leur déprogrammation loin d'être totale.

''Comme pour un ordinateur (Un ordinateur est une machine dotée d'une unité de traitement lui permettant d'exécuter des programmes enregistrés. C'est un ensemble de circuits...), si l'on veut repartir à zéro, l'idéal est de désinstaller entièrement le système avant d'en installer un nouveau'', explique Marcel Méchali, directeur de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique,...) à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de génétique humaine de Montpellier du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) et membre de l'Académie des sciences. Son équipe a réussi à multiplier l'obtention de ces cellules souches iPS (Ips est un genre d'insectes de l'ordre des coléoptères, et de la sous-famille des Scolytinae. Les Ips sont des insectes xylophages ravageurs.) par un facteur de plus de 100. Pour cela, Olivier Ganier chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le...) au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier celle des mammifères qui englobe...) de cette équipe, a fait pénétrer dans des cellules de peau de souris le cocktail de quatre gènes mais aussi des extraits d'œufs de Xénope, une grenouille africaine bien connue des chercheurs. L'intérêt de ces œufs d'amphibiens réside dans la facilité à en obtenir de grandes quantités, au contraire des ovocytes de mammifères. Avec ces deux traitements, le noyau est doublement déprogrammé, même si ce n'est pas encore total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total...). Autre avantage: l'extrait a permis de déprogrammer d'autres voies que, seul, le cocktail de gènes ne permet pas encore. Reste maintenant à identifier les composants présents dans les extraits d'œufs capables d'effacer l'identité des cellules différenciées.

Les scientifiques ont également testé les propriétés de reprogrammation de ces cellules iPS ''doublement déprogrammées''. Ils ont injecté dans des embryons de souris blanches des cellules iPS ''doublement déprogrammées'' provenant de souris noires. Des individus au pelage métissé ont été obtenus, prouvant que ces cellules iPS se sont différenciées en cellules de la peau. Ces chimères(3) ont par la suite donné naissance à des souriceaux entièrement blancs mais aussi entièrement noirs démontrant ainsi que certains noyaux des cellules iPS ''doublement déprogrammées'' se sont aussi différenciés en noyaux de cellules sexuelles.

Ces travaux confirment les potentialités des cellules iPS dans le domaine de la médecine régénératrice. Capables de se redifférencier dans n'importe quelle voie tissulaire, les cellules iPS pourraient demain permettre le remplacement des cellules malades ou détruites par une greffe de cellules du patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) et reconstruire ainsi un organe (Un organe est un ensemble de tissus concourant à la réalisation d'une fonction physiologique. Certains organes assurent simultanément plusieurs fonctions, mais dans ce cas, une fonction est...) ou tissu lésé par une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) ou un accident, sans problème de rejet.

Notes:

(1)Cette étude a été menée par des chercheurs de l'Institut de Génétique Humaine du CNRS, du laboratoire de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle...) du développement et reproduction de l'INRA et l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier (CNRS/Universités Montpellier 1 et 2).
(2)Le Xénope est un des systèmes modèles les plus connus en biologie pour des études de développement embryonnaire et des études des mécanismes de duplication de l'ADN et du cycle cellulaire.
(3)Chimère: organisme porteur de deux ou plusieurs génotypes différents.


Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: CNRS