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Posté par Isabelle le Mercredi 28/09/2011 à 00:00
Recyclage ne rime pas avec plus d'arbres
L'un des objectifs du recyclage du bois et du papier est de sauver des arbres. En réduisant le nombre d'arbres abattus, il parait évident que les aires boisées s'accroitront proportionnellement. Mais la réalité pourrait bien ne pas être aussi simple.

Selon une analyse théorique élaborée par Didier Tatoutchoup alors qu'il était doctorant (Un doctorant est un chercheur débutant s'engageant, sous la supervision d'un directeur de thèse, dans un projet de recherche sur une durée variable selon les pays et les statuts, comprenant la rédaction et la...) au Département de sciences économiques de l'Université de Montréal, sous la direction de Gérard Gaudet, le recyclage (Le recyclage est un procédé de traitement des déchets industriels et des déchets ménagers qui permet de réintroduire, dans le cycle de...) des produits de la forêt pourrait, à long terme, se traduire par une baisse de la quantité d'arbres.

«Il est nécessaire de prendre des mesures pour préserver les forêts parce que ces aires (Aires (en espagnol, les airs) est une compagnie aérienne intérieure de Colombie.) sont multifonctionnelles et jouent des rôles - tels la protection de la biodiversité et le captage de CO2 - qui sont négligés par l'industrie forestière. Si des mesures de conservation ne sont pas prises, on risque de se retrouver avec moins d'arbres que le niveau optimal souhaité et le recyclage fait partie de ces mesures», rappelle le professeur Gaudet.


Gérard Gaudet
Mais si par le recyclage on ne cherche qu'à accroitre l'étendue des forêts, il se pourrait bien que le but ne soit pas atteint, puisque le raisonnement ne tient pas compte de la valeur commerciale de la forêt, qui sera alors dépréciée. En ajoutant cette donnée dans le modèle, les deux chercheurs en arrivent à la conclusion que la diminution de la demande entrainera logiquement une diminution de l'offre et donc de la production. Dans ce modèle, la production n'est pas l'abattage mais la plantation (Une plantation est une exploitation agricole en monoculture de cultures à forte valeur économique destinées à la vente vers des marchés internationaux. La...).

Le jeu de l'offre et de la demande

L'analyse mathématique modélise le scénario d'un propriétaire terrien qui doit décider de l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) de sa terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des...), c'est-à-dire s'il la reboisera après un abattage ou s'il la destinera à d'autres fonctions agricoles ou commerciales. Le recyclage devant mener à une réduction de la demande de bois, le prix du produit baissera et le propriétaire pourrait avoir avantage à consacrer l'espace libéré à un usage plus rentable. Le modèle prédit que cet effet conduira à long terme à un plus petit nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'arbres si aucune mesure compensatoire n'est arrêtée.

«Contrairement au pétrole qui n'existe plus sous sa forme première une fois consommé, il faut, avec le recyclage du bois et du papier (Le papier (du latin papyrus) est une matière fabriquée à partir de fibres cellulosiques végétales et animales. Il se présente sous forme de feuilles minces et est considéré comme un...), tenir compte à la fois de ce qui est abattu et de ce qui est en circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.), puisqu'on crée une ressource durable, souligne Gérard Gaudet. Le recyclage vise la réutilisation de la ressource et non la gestion des étendues boisées. Ce dernier point (Graphie) nécessite des incitatifs économiques ou des mesures de protection parce que le raisonnement naïf ne tient pas.»

Il faut bien avoir en tête que cette étude est faite à partir d'un modèle théorique et non à partir de données empiriques sur les surfaces disponibles et exploitées. Mais les deux chercheurs sont convaincus que, dans les zones où un autre usage plus rentable de l'espace libéré par la coupe est permis, les aires consacrées à la forêt diminueront. «Ce ne sera toutefois pas le cas pour les forêts publiques, où aucun autre usage n'est possible, tient à préciser le professeur. Dans ce cas, le reboisement s'effectuera soit naturellement, soit par plantation.»

Du strict point de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) de la conservation des surfaces boisées, les mesures destinées à augmenter le recyclage du bois et du papier ne sont pas des moyens appropriés, conclut l'étude publiée dans le numéro d'aout de la Revue canadienne d'économique.

Cela dit, il existe d'autres bonnes raisons de recycler, notamment la réduction du volume (Le volume, en sciences physiques ou mathématiques, est une grandeur qui mesure l'extension d'un objet ou d'une partie de l'espace.) des déchets, reconnait Gérard Gaudet. Mais si l'on espère ainsi sauvegarder la biodiversité, prévenir l'érosion des terres, capter du CO2 et préserver le paysage (Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». Portion de l'espace terrestre saisi horizontalement par un observateur, il implique un...) et les aires de loisir, on risque de faire fausse route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.).

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Source: Daniel Baril - Université de Montréal