Isabelle Giroux, professeur à l'École de psychologie, travaille à trouver ce qui se passe dans la tête d'un individu lorsqu'il s'adonne aux jeux de hasard.
Photo: Marc Robitaille Il n'existe aucune façon de prédire le
hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque apparent, sinon de causes, au moins de connaissance des causes. On parle de hasard :), par
définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.) imprévisible et incontrôlable.
Parce que cela lui procure un plus grand sentiment de confiance envers ses chances de gagner, l'
acheteur (L'acheteur est un métier qui consiste à gérer les achats dans une entreprise.) de billets de loterie préfère généralement choisir son billet lui-même au lieu de laisser le
caissier (Le métier de caissier consiste à tenir la caisse d'une entreprise ou d'une administration : l'exemple le plus connu est le caissier d'une grande surface.) ou la caissière le faire à sa place. La Société Loto-Québec a bien compris ce mécanisme, elle qui invite ses détaillants à disposer ses billets en éventail bien en vue sous le plastique du comptoir. Scénario analogue au casino où les chercheurs ont remarqué qu'à la roulette, les joueurs qui lancent la bille eux-mêmes ont tendance à parier davantage que lorsque c'est le croupier qui s'en
charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement...).
Que se passe-t-il donc dans la tête d'un
individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) lorsqu'il s'adonne aux jeux de hasard ? C'est le sujet de la conférence qu'a
donnée (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) le 24 septembre à l'
Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures)....) Isabelle Giroux, professeur à l'École de psychologie et auteure de plusieurs projets de
recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) sur les habitudes de jeu des Québécois. Dès le début de son exposé, la conférencière a précisé que ses propos ne porteraient pas sur le jeu pathologique, mais bien sur les habitudes de jeu de monsieur et madame Tout-le-monde à qui il arrive à l'occasion d'acheter des billets de loterie, de jouer au poker, aux cartes, au bingo ou de parier quelques dollars dans les machines à sous au casino.
À moi le magot !
Principal constat: les individus oublient souvent qu'ils n'ont aucun
contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) sur le jeu et qu'il est impossible de prédire le hasard. Par exemple, avant de miser sur une
combinaison (Une combinaison peut être :) de 6/49, beaucoup de joueurs surferont sur le site
internet (Internet est le réseau informatique mondial qui rend accessibles au public des services comme le courrier électronique et le World Wide Web. Ses utilisateurs sont désignés par le néologisme « internaute ». Techniquement, Internet...) de Loto-Québec pour consulter le
tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) des
statistiques (La statistique (par opposition à une statistique) est l'ensemble des instruments et de recherches mathématiques permettant de déterminer les caractéristiques d'un...) indiquant la
fréquence (La fréquence est le nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit pendant une durée déterminée. La fréquence est l'inverse (au sens mathématiques) de la période. On note . Si...) de sortie des numéros gagnants, comme le joueur à la roulette au casino notera et analysera les numéros et les couleurs déjà sortis avant de miser. Toujours avec cette mauvaise compréhension du hasard, mais cette fois devant des appareils de loterie
vidéo (La vidéo regroupe l'ensemble des techniques, technologie, permettant l'enregistrement ainsi que la restitution d'images animées, accompagnées ou non de son, sur un support adapté à l'électronique et non de type...), des joueurs vont privilégier ou délaisser telle ou telle machine, jugeant l'une "chaude" et l'autre "froide". D'autres encore joueront durant des
heures (L'heure est une unité de mesure :) sur la même machine à sous, tant ils sont convaincus que leur patience paiera de retour et que ce n'est qu'une question de
temps (Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent pour l'observateur qu'est l'homme. Si on considère l'Univers...) avant que le magot leur tombe entre les mains. C'est ce qu'Isabelle Giroux appelle le syndrome de l'
autobus (Un autobus (ou bus), comme un autocar (ou car), est un véhicule automobile pour le transport en commun de voyageurs. Le mot bus et autobus vient d'Omnés Omnibus qui était...): "À l'arrêt, une personne attend l'autobus depuis de longues
minutes (
Forme première d'un document :
Droit : une minute est l'original d'un acte.
Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain.
Unités et...). Plus le temps passe, plus elle se dit qu'elle devrait quitter l'arrêt et faire le chemin à pied. Mais elle se dit qu'il suffit qu'elle s'éloigne pour que l'autobus lui passe sous le nez..."
Un autre exemple offert par la conférencière conforte cette idée d'une incompréhension du hasard chez plusieurs. On a demandé à des personnes de faire une suite au hasard de pile ou face en écrivant la lettre P, F, etc., d'expliquer Isabelle Giroux. Or, non seulement les gens "corrigeaient" leur suite en se disant qu'après une série de P, il fallait bien équilibrer la série en mettant quelques F, mais ils disaient perdre en quelque sorte leurs points de repère lorsqu'on cachait les premières lettres, alors qu'il n'existe évidemment aucune interdépendance entre elles. Selon Isabelle Giroux, cette façon de raisonner vient peut-être du fait qu'on nous a toujours enseigné qu'il fallait tirer profit de nos expériences.