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Caractéristiques du livre :
- Auteur: André Pichot
- Editeur: Flammarion
- Date de parution: 31 Octobre 2001
- Format: Poche
- Dimensions: 11 cm x 18 cm x 2 cm
- Nombre de pages:
- Prix indicatif: 9,03 € - Acheter ce livre sur Amazon.fr



Si les problèmes liés à l'eugénisme, au "nettoyage ethnique" et au racisme reviennent si souvent sur le devant de l'actualité, c'est qu'ils sont loin d'être résolus, faute de notions claires sur les concepts de race, de gène et d'individu. L'historien et chercheur André Pichot entreprend ici de donner les outils nécessaires pour comprendre la vraie nature des intrications – qui ne cessent de se multiplier de nos jours – entre la biologie et la société. Le récit effarant des dévoiements de la biologie, de Lyssenko à Alexis Carrel, de Julian Huxley à Ernst Haeckel, et du "darwinisme social" (doctrine qui considère l'homicide collectif comme la cause du progrès de l'humanité) à Auschwitz, met en garde contre les interprétations simplistes. Carrel n'était pas plus dangereux que Huxley au prétexte que l'un était pétainiste et l'autre directeur de l'Unesco, et le naturaliste allemand Haeckel a fait bien davantage que le célèbre Gobineau pour propager les thèses eugénistes. La critique aiguisée des positions antiracistes trop catégoriques, quant à elle, montre clairement le chemin qui mène d'une pensée biologique imparfaite au fantasme de race parfaite. Un ouvrage passionnant et d'utilité publique. "(Les hommes) ne sont ni inégaux ni différents, ils sont incomparables. Et c'est parce qu'ils sont incomparables qu'ils sont égaux, mais d'une égalité qui ne se fonde ni sur la mesure ni sur la comparaison, l'égalité en dignité, et en droits. Les critères biologiques n'ont ici aucun intérêt." --Victor Gasquet


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Historien des sciences, c’est un déficit de pensée qu’André Pichot vient combler. Question embarrassante que celle de l’eugénisme. Médias et historiens pensaient l’avoir verrouillée à l’intérieur de l’idéologie nazie. Or, ce qui transparaît de cette étude serrée, c’est que si l’eugénisme a été laissé dans l’ombre, c’est parce qu’il offrait une image gênante des sociétés de la première moitié du 20è siècle dans leurs relations avec le nazisme. En effet, les premières lois eugénistes datant de 1907 furent américaines. En Suède, elles restèrent en vigueur jusqu’en 1970. Le Directeur de l'UNESCO, Julian Husley, humaniste social-démocrate, attestait encore, en 1946, de leur bien-fondé. Quant à la Fondation Rockefeller, elle joua un rôle des plus important dans son implantation en Europe, en particulier par le financement de laboratoires allemands. L’eugénisme était ainsi le lieu commun de la pensée scientifique de cette époque. Si par ailleurs on a voulu faire de Gobineau le père de cette idéologie abjecte, c’est en réalité du côté de Darwin qu’on en trouve les fondements. On lui doit entre autres l’interprétation des problèmes sociaux en termes biologiques. Et bien sûr, son prestige est aujourd’hui intact. Ce ne sont ainsi pas les horreurs nazies qui ont fait disparaître l’eugénisme, mais les progrès de la génétique. Or celle-ci, très à la mode désormais, campe sur les mêmes questions : éviter par exemple la naissance d’individus malades. Il semblerait que le racisme moderne, décalqué de l’eugénisme, ne trouble plus personne… --Joël Jégouzo


Quatrième de couverture

De quelle façon les notions de « race », de « groupe ethnique », de « correction génétique » sont-elles utilisées, sous couvert de légitimité scientifique, à des fins politiques ? Cet ouvrage retrace l'histoire des conceptions biologiques de la société et de leurs applications racistes et eugénistes depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours. André Pichot y analyse les relations qu'entretiennent science, politique et idéologie, et s'appuie sur des exemples précis : celui du nazisme, mais aussi celui de programmes de recherches eugénistes, lancés ou subventionnés par d'éminentes organisations scientifiques, dès le début du XXe siècle. Et, aujourd'hui, alors chie la génétique moléculaire domine la biologie, il met en garde contre d'autres avatars du rêve d'une société « pure ».


L'auteur vu par l'éditeur

André Pichot, épistémologue et historien des sciences, est chercheur au CNRS. Il est l'auteur, entre autres, d'une Histoire de la notion de vie (Tel, 1993), de Petite Phénoménologie de la connaissance (Aubier, 1991) et d'une Histoire de la notion de gène (Champs-Flammarion, 1999).


SDM

Avec la découverte récente du génome humain, on a tout lieu de s'inquiéter de son utilisation à des fins racistes et eugéniques. Le livre d'André Pichot relance le débat en proposant un parcours documenté de l'histoire "idéologique" de la biogénétique de Darwin à nos jours. Un parcours que l'auteur résume à ceci: que les meilleurs gagnent et que les nuls crèvent. C'est aussi l'un des fondements de la société capitaliste. D'après Pichot, l'ultime résultat de l'eugénisme biologique est de remplacer la Nature et sa sélection naturelle par la sélection artificielle des scientifiques et des politiciens. Le meilleur des mondes n'est pas si loin. -- Services Documentaires Multimédia




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