[News] Maladie de Parkinson: Circuits gagnants

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[News] Maladie de Parkinson: Circuits gagnants

Message par Adrien » 12/01/2018 - 0:00:04

Des chercheurs proposent une nouvelle approche pour améliorer la greffe de neurones chez les personnes atteintes de Parkinson

Traiter les personnes atteintes de la maladie de Parkinson en leur greffant des neurones sains est une idée séduisante qui n'a toutefois pas produit les résultats espérés jusqu'à présent. En effet, même si les neurones greffés survivent, ils ne parviennent pas à recréer les circuits de neurones dopaminergiques essentiels au bon fonctionnement du cerveau. Une équipe internationale dirigée par Martin Lévesque, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche CERVO, pourrait bien avoir trouvé pourquoi. Dans un récent numéro de Nature Communications, les chercheurs proposent d'ailleurs une «recette» pour produire des neurones pouvant reconstituer les circuits de neurones détruits par le parkinson.

Image
Photo: Cléophace Akitegetse
Cette image montre les neurones dopaminergiques d'un cerveau entier de souris vu en plongée. Les neurones apparaissent comme des points clairs et leurs prolongements, les axones, sont les filaments rouges. Ce sont ces réseaux neuronaux qui sont détruits chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. L'image a été prise grâce à une technique développée au Centre de recherche CERVO.
Rappelons que la maladie de Parkinson est causée par la mort de neurones qui utilisent la dopamine comme principal neurotransmetteur. «Le cerveau humain renferme des milliards de neurones. De ce nombre, à peine 25 000 sont des neurones dopaminergiques. Ils représentent donc une très petite fraction de l'ensemble, mais ils ont des fonctions très importantes, notamment dans la régulation des mouvements et le contrôle des comportements comme la motivation, l'attention et la récompense», signale le professeur Lévesque.

Ces neurones forment des circuits qui relient différentes parties du cerveau. «Chaque neurone possède une partie allongée, appelée axone, qui se ramifie et forme une arborescence dont les extrémités établissent des connexions avec d'autres neurones. Un seul axone peut s'étendre sur plusieurs centimètres et influencer les fonctions de centaines de neurones», précise le chercheur. La formation des circuits de neurones dopaminergiques survient d'abord pendant l'embryogenèse, mais elle se poursuit jusqu'à l'adolescence. Les neurones et les autres cellules du cerveau produisent des molécules répulsives ou attractives qui régissent la formation des réseaux de neurones ainsi que leur trajectoire dans le cerveau.

Afin d'établir les conditions gagnantes pour favoriser la reconstruction de ces circuits chez les personnes atteintes de parkinson, les chercheurs ont étudié quels mécanismes étaient activés pendant la formation des réseaux neuronaux chez des souris. «Nous avons profité des avancées dans l'identification des facteurs de transcription - des protéines qui entrent dans le noyau de la cellule et qui contrôlent l'expression des gènes - pour déterminer ceux qui influencent la formation et le guidage des circuits neuronaux dopaminergiques», résume le professeur Lévesque.

Les analyses des chercheurs révèlent le rôle prépondérant de trois facteurs de transcription - Lmx1a, Lmx1b et Otx2 - qui agissent sur une cible commune, la plexine C1. «Cette protéine est un récepteur qui se trouve à la surface des axones et qui intervient dans leur guidage. Lorsque la plexine C1 est présente dans un neurone dopaminergique, son axone est repoussé et il ne peut s'associer aux autres pour former un réseau. Pour qu'une greffe réussisse, il faut donc s'assurer que les neurones transplantés ne produisent pas de plexine C1. Cet aspect n'avait pas été pris en compte jusqu'à maintenant dans les tentatives de greffes neuronales pour la maladie de Parkinson.»

Martin Lévesque et son équipe ont entrepris d'explorer plus avant cette piste avec l'aide de chercheurs suédois. «Notre projet consiste à prendre des cellules de peau humaine, de les reprogrammer pour en faire des neurones dopaminergiques qui n'expriment pas la plexine C1 et de les transplanter dans le cerveau de souris modèles pour le parkinson. Nous espérons ainsi pouvoir recréer des circuits de neurones dopaminergiques fonctionnels dans leur cerveau.» Si les résultats sont probants, ils ouvriraient la porte à des essais chez l'homme. «Cette façon de faire assurerait un apport suffisant en neurones tout en réduisant les risques de rejet puisque les cellules de la peau proviendraient du patient lui-même», souligne le professeur Lévesque.

L'article paru dans Nature Communications est signé par Audrey Chabrat, Guillaume Brisson, Hélène Doucet-Beaupré, Charleen Salesse, Marcos Schaan Profes, Axelle Dovonou, Cléophace Akitegetse, Julien Charest, Daniel Côté et Martin Lévesque, du Centre de recherche CERVO. Les autres signataires sont Suzanne Lemstra et R. Jeroen Pasterkamp, de l'University Medical Center Utrecht, Monica I. Abrudan et Emmanouil Metzakopian, du Sanger Institute de Cambridge, et Siew-Lan Ang, du Francis Crick Institute de Londres.

Cette image montre les neurones dopaminergiques d'un cerveau entier de souris vu en plongée. Les neurones apparaissent comme des points clairs et leurs prolongements, les axones, sont les filaments rouges. Ce sont ces réseaux neuronaux qui sont détruits chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. L'image a été prise grâce à une technique développée au Centre de recherche CERVO.

Source: Jean Hamann - Université Laval

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