[News] Quand la machinerie intracellulaire déraille: Agir au coeur de la dépression

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Adrien
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[News] Quand la machinerie intracellulaire déraille: Agir au coeur de la dépression

Message par Adrien » 15/05/2018 - 0:00:07

La dépression touche environ une personne sur 10 chaque année en France. Pourtant, les traitements dont on dispose aujourd'hui ne fonctionnent pas dans un cas sur trois. Une étude pluridisciplinaire, comprenant études cliniques, analyses sur tissus cérébraux post-mortem, et modèles animaux, publiée le 7 mai 2018 dans Nature Medicine, identifie le facteur de transcription Elk-1 comme nouvelle cible thérapeutique dans la dépression et ainsi ouvre des horizons pour une prise en charge plus adaptée.

Image
Figure: Elk-1 est fortement exprimé dans le gyrus denté de l'hippocampe. Co-détection des ARNm elk1 (rouge) et vglut1 (vert) ; marquage nucléaire DAPI (bleu), coupe coronale de souris.
© Sylvie Dumas
La dépression est la maladie psychiatrique la plus fréquente. Dans un tiers des cas, les traitements standards restent inefficaces, occasionnant des risques de rechutes et de complications sévères. L'identification de nouvelles stratégies thérapeutiques est donc un enjeu majeur pour les patients présentant une dépression chronique et résistante aux traitements de référence.

Associant recherche clinique et fondamentale, cette recherche (1) a permis de démontrer l'implication d'une protéine, le facteur de transcription Elk-1, dans la dépression et la résistance au traitement. Chez l'homme ainsi que chez la souris, Elk-1 est fortement exprimé dans le cerveau, en particulier au niveau de l'hippocampe, une région impliquée dans les réponses adaptatives au stress. Régulant l'expression de très nombreux gènes directement au sein de la cellule, Elk-1 joue ainsi un rôle important dans la modification des émotions et du comportement.

L'étude de tissus cérébraux post mortem issus de la Banque de cerveaux Douglas - Bell Canada (BCDBC) a permis de mettre en évidence des taux élevés de Elk-1 de l'hippocampe, dans la dépression résistante. Ces résultats ont été obtenus après comparaison entre des sujets sains, décédés de cause naturelle, et des sujets décédés par suicide au cours d'une dépression.

Deux études cliniques indépendantes ont par la suite été conduites à Montréal et Marseille. Menées sur des patients souffrant de dépression, ces études ont mesuré, avant et après traitement, la présence du marqueur Elk-1 dans le sang. Des résultats identiques, associant un mauvais pronostic à un taux de Elk-1 élevé après traitement ont été retrouvés dans les deux études.

Le recours aux modèles animaux a été déterminant pour valider le lien de cause à effet entre le facteur de transcription Elk-1 et la dépression et tester l'efficacité d'une molécule pour contrer l'action de Elk-1 et agir sur les symptômes dépressifs. Chez la souris, augmenter l'expression de Elk-1 dans l'hippocampe, la structure cérébrale étudiée post-mortem, suffit pour induire des comportements dépressifs. A l'inverse, inhiber sa signalisation à l'aide d'un composé qui perturbe spécifiquement l'interaction protéine-protéine entre Elk-1 et son régulateur principal, la MAP-kinase-ERK, induit des effets antidépresseurs.

En rupture avec les stratégies conventionnelles du développement des antidépresseurs, qui agissent au niveau de la synapse, ce travail identifie une nouvelle approche pharmacologique (WO2010/037841) qui consiste à cibler directement un facteur de transcription pour traiter la dépression. Cette stratégie alternative pourrait être d'un intérêt décisif pour le développement de nouveaux médicaments, notamment pour les patients résistants aux traitements habituels.

Note:
(1) Cette découverte résulte d'une collaboration entre des équipes de l'Institut de Biologie Paris-Seine, de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, de l'Institut de Neurosciences de la Timone, de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas (Université McGill) et de l'Université Paris-Descartes.


Source: CNRS-INSB

Pendesinialessandro
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Re: [News] Quand la machinerie intracellulaire déraille: Agir au coeur de la dépression

Message par Pendesinialessandro » 15/05/2018 - 10:48:27

Bonjour
……Ces résultats ont été obtenus après comparaison entre des sujets sains, décédés de cause naturelle, et des sujets décédés par suicide au cours d'une dépression……
…….Le recours aux modèles animaux a été déterminant pour valider le lien de cause à effet entre le facteur de transcription Elk-1 et la dépression et tester l'efficacité d'une molécule pour contrer l'action de Elk-1 et agir sur les symptômes dépressifs…..
Dit l’article !

1°-Il n’y a pas de « mort naturelle » ! Chaque mort d’un être vivant, homme inclus, a nécessairement UNE ou DES causes. Je trouve étonnant qu’on persiste dans cette fausse symétrie ! Je peux comprendre les non-initiés par exemple, mais quand il s’agit du corps médical j’ai du mal à le digérer….

2°-Il me semble qu’on se trompe lorsqu’on évoque « le lien de cause à effet » on exclut –et c’est quasiment une constante dans ce domaine- la VRAIE cause (ou étiologie, étude des causes d’une maladie). Dans la dépression on confond souvent la (ou les) vraie cause, avec les effets qu’on « soigne » chimiquement en le masquant ou en le déplacent…..quitte à qu’il aboutisse à un cancer ou trou dans l’estomac !

3°-Si une douleur soutenue ou chronique peut conduire à un état dépressif, voire à une dépression, il est tout aussi certain qu’une dépression, ainsi qu’un stress prolongé et intense, peut engendrer une douleur chronique car chaque fois qu’un problème psychique ne trouve pas de solution dans l’action (notamment verbale) régresse inévitablement sur le corps. C’est d’ailleurs ce qui arrive dans la très grande majorité des cas !

4°-L’homme pathologique, ou dépressif, d’aujourd’hui est plus un traumatisé qu’un névrosé (ou un psychotique), il est bousculé, vide et agité, il subit des pressions sociales, notamment dans le domaine professionnel, qui le déséquilibre psychiquement ; c’est dans cette voie qu’il faut chercher et éviter, autant que possible, des palliatifs chimiques qui ne guérissent pas…L’efficacité d’une molécule dans ce domaine est purement illusoire, notamment à long terme, sans une assistance psychologique efficace genre psychothérapie cognitive et comportementale. L’emploi d’antidépresseurs dans la plupart des dépressions est trompeur et dangereux. :grrr:

5°-L’organicisme occupe les lieux de décisions hégémoniques. De sorte que les psychiatres ou les travailleurs de la santé mentale ainsi formés ne comprennent plus rien aux concepts de la vie psychique, qu’ils considèrent comme des vieilleries. Ce n’est pas parce que les psychiatres américains ont fait adopter leur classification (DSM-IV et 5) par la majorité de l’Association Mondiale de Psychiatrie que sa valeur scientifique est prouvée ou rationnellement démontrée !

NB « A l’image du déprimé qui avale sa boîte de Prozac, (nous fait remarquer Patrick Lemoine) l’humain est-il en train de tomber malade en ingurgitant une overdose d’informations ? »….A tort ? :yxt:

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