WikiLeaks - Définition

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

Logo de WikiLeaks


URL www.wikileaks.org
Type de site Lanceur d'alerte, Wiki
Lancement Décembre 2006
État actuel Actif

WikiLeaks est un site Web de ressource et d'analyse politique et sociétale, à la fois ouvert et sécurisé, dont la raison d'être est de donner une audience aux fuites d'information en provenance notamment « des régimes d'oppression en Asie, aux États-Unis, l'ancien bloc soviétique, l'Afrique et le Moyen-Orient » tout en protégeant ses sources. Le site se veut également une aide pour « ceux qui, en Occident, veulent porter à la connaissance de tous les comportements non éthiques de leur gouvernement ou de grandes entreprises ».

Le site a été créé en décembre 2006 et dans l'année qui a suivi, il a ajouté 1,2 million de documents à sa base de données grâce à une communauté d'internautes, composée de dissidents chinois, iraniens, des mathématiciens et des technologues d'entreprises Internet des États-Unis, de Taïwan, d’Europe, d’Australie et d’Afrique du Sud et de nombreux anonymes.

Les réactions que suscite le site sont contrastées. Certaines de ses publications déclenchent de violentes polémiques et des intimidations au plus haut niveau (infra). Le site a également du faire face à quelques problèmes techniques et financiers (infra) qui menacent son existence même mais son action est également défendue par certains, comme le Parti Pirate Suédois qui à l'été 2010 a proposé d'héberger gracieusement WikiLeaks.

Fonctionnement et philosophie

Le site divulgue, de manière anonyme, non identifiable et sécurisée, des documents témoignant d'une réalité sociale et politique, voire militaire, qui nous serait cachée, afin d'assurer une transparence planétaire. Les documents sont ainsi soumis pour analyse, commentaires et enrichissements « à l’examen d’une communauté planétaire d’éditeurs, relecteurs et correcteurs wiki bien informés ». Selon son fondateur, Julian Assange, l'objectif à long terme est que WikiLeaks devienne « l'organe de renseignements le plus puissant au monde ».

La sécurité du site est renforcée par l'emploi de technologies cryptographiques de pointe. À cette fin, des processus mathématiques et de chiffrement extrêmement sophistiqués doivent assurer le caractère privé, l’anonymat et l’impossibilité d’identification. Techniquement, WikiLeaks associe des versions remaniées de Freenet, de Tor ou de PGP à des logiciels de conception maison. Les contributeurs peuvent se connecter en mode normal ou en mode sécurisé.

WikiLeaks pense notamment ainsi être « étanche aux attaques politiques et légales » et, en ce sens, « impossible à censurer ».

En phase de test avant son développement grand public en 2007, le site est surtout actif dans sa version native anglophone mais, au total, il devrait comporter des versions en 12 langues, dont le français, et il annonçait en novembre 2007 avoir déjà reçu 1,2 million de documents.

WikiLeaks est arrivé en tête du classement hebdomadaire chez Euronews des sites les plus visités en Europe au 4 août 2010.

Réactions

Au début de 2008, la banque suisse Julius Bär a intenté une action en justice contre WikiLeaks.org, qui publiait des documents portant sur une affaire de blanchiment aux îles Cayman l'impliquant. Devant une cour de Californie, la banque a obtenu en février 2008 que la société californienne Dynadot efface l'adresse WikiLeaks.org de ses registres DNS. Techniquement ceux-ci font le lien entre le nom de domaine WikiLeaks.org et l'adresse IP du serveur qui héberge le site. Le contenu du site n'avait donc pas été effacé et restait (et reste) accessible via cette adresse. Le 1er mars 2008, le juge fédéral Judge White est revenu sur sa décision et a autorisé non seulement l'opérateur à réactiver l'adresse, mais aussi WikiLeaks à maintenir disponibles les documents publiés sur la banque Julius Bär.

Le 9 avril 2009, DENIC, responsable de l'attribution des domaines Internet allemands, a décidé de retirer WikiLeaks.de des listes d'adresses Internet officiellement reconnues. Cette décision aurait été prise à la suite de la publication par le site d'une liste secrète de censure australienne, mais Heise online a déterminé que le propriétaire du domaine, Theodor Reppe, avait omis de verser la cotisation annuelle, incitant DENIC a reprendre possession du domaine.

Malgré une seconde suspension du compte le 23 janvier 2010 depuis que le site existe, le compte Paypal est réactivé.

Le 15 mars 2010, un document classé (SECRET/NOFORN) de 32 pages est publié sur Wikileaks montrant que l'U.S. Intelligence chercherait à détruire WikiLeaks. Le document rapporte ainsi que celle-ci concocte un plan pour marginaliser l'organisation. Puisque WikiLeaks utilise « la confiance en tant que centre de gravité en protégeant l'anonymat et l'identité des personnes internes responsables de fuites et autres lanceurs d'alerte », le rapport recommande « l'identification, la révélation publique, le renvoi, la poursuite judiciaire et criminelle contre les personnes, actuelles ou passées, qui ont révélé au public des informations internes comme moyen d'affaiblir ou de détruire ce centre de gravité et de dissuader d'autres personnes envisageant les mêmes actions d'utiliser le site WikiLeaks.org ». Deux ans après la date du rapport, aucune source n'a été exposée. Il semble que le plan a échoué. La justification de ce plan, inscrite dans le rapport dit : « Plusieurs pays étrangers, entre autres la Chine, la Corée du Nord, la Russie, le Vietnam et le Zimbabwe, ont dénoncé et bloqué l'accès au site WikiLeaks.org ». Le rapport apporte d'autres justifications en énumérant quelques fuites embarrassantes délivrées par Wikileaks : « Les dépenses d'équipement des États-Unis en Irak, des violations probables commises par les USA du traité de la convention internationale de la guerre chimique en Irak, la bataille concernant la ville irakienne de Fallujah, et des violations des droits de l'homme à Guantanamo Bay ». Pour l'heure aucune source ne vient confirmer l'authenticité de ce rapport.

Le 6 juin 2010, on apprend par le site spécialisé Wired News qu'un analyste militaire américain du nom de Bradley Manning, jusqu’alors stationné dans l’est de l’Irak, est arrêté par les services de sécurité américains. Il est soupçonné d'avoir livré au site WikiLeaks plusieurs scoops, dont la fameuse vidéo d'une bavure américaine en Irak (supra). L'arrestation est confirmée le 7 juin 2010 par les services de sécurité américains. En fait, Manning aurait été aux arrêts depuis une quinzaine de jours avant la révélation de l'arrestation et interrogé au Koweït. Le hacker Adrian Lamo a décidé de dénoncer Bradley Manning au FBI quand celui-ci lui a confié avoir fait parvenir à WikiLeaks 260 000 pages de documents confidentiels incriminants provenant des ambassades américaines à travers le monde.

Le 26 juillet 2010, le gouvernement des États-Unis a condamné la publication de documents secrets sur la guerre en Afghanistan (supra), affirmant que cela menaçait la sécurité de soldats américains engagés en Afghanistan. Une enquête a été lancée à cet effet par le Pentagone le jour suivant, afin de retrouver l'origine des informations. Le 5 août le Pentagone a exigé que Wikileaks lui remette immédiatement la totalité des 15 000 documents classés "secret défense" qui n'ont pas encore été divulgués et détruise ceux qui ont déjà été mis en ligne. Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, a vivement contesté l'initiative de WikiLeaks, jugeant le site "moralement", sinon légalement coupable. Le principal responsable de WikiLeaks,Julian Assange, aurait cependant été averti par les autorités américaines qu'il s'expose à des poursuites pour espionnage. Le 9 août des ONG appellent Wikileaks à retirer de ses publications les noms d'Afghans aidant les forces américaines. Quelques rares critiques évoquent une manipulation.

Le 24 août 2010, le procureur général de Liège (Belgique) et le père d'une victime de Marc Dutroux ont critiqué la publication par le site WikiLeaks d'éléments confidentiels du dossier judiciaire du pédophile belge, intervenue pourtant plus de 16 mois auparavant (supra), au mépris du secret de l'instruction. Selon le procureur : « ce sont des infos vraies, fausses, très disparates qui mettent en cause une série de gens qui n'ont parfois rien à se reprocher, qui ont simplement été cités dans une enquête, qui se voient ainsi exposés, peut-être au mépris public sur internet ». Dans le même temps, le fondateur du site, Julien Assange, devait faire face à une opportune accusation de viol par la justice suédoise. Laquelle a retiré ses charges le jour même, tout en indiquant poursuivre son enquête.

Page générée en 0.014 seconde(s) - site hébergé chez Contabo
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
A propos - Informations légales | Partenaire: HD-Numérique
Version anglaise | Version allemande | Version espagnole | Version portugaise