Géopolitique
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La géopolitique est une science humaine qui, étymologiquement, se propose d'étudier les implications politiques de la géographie.

Genèse de la géopolitique contemporaine

Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, la géopolitique (La géopolitique désigne tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d’influence sur des territoires et les populations qui y vivent,...) contemporaine a subi des évolutions, qu'il est possible d'étudier sous un angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) épistémologique.

Fondateurs

Le terme apparaît sous la plume (Une plume est, chez les oiseaux, une production tégumentaire complexe constituée de β-kératine. La plume est un élément caractéristique de la classe des oiseaux. Comme les poils, les écailles, les ongles, les...) du professeur de Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble...) Politique/Géographie suédois Rudolf Kjellén d'abord dans un cours dans les années 1905 intitulé, les Grandes puissances du présent, puis dans un ouvrage, Stormakterna[1]. Pour son auteur la géopolitique est " la science de l’État comme organisme géographique ou comme entité dans l’espace : c'est-à-dire l’État comme pays, territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est...), domaine ou, plus caractéristique, comme règne. Comme science politique elle observe fermement l’unité étatique et veut contribuer à la compréhension de la nature de l’État "[2].

Il reprend en réalité les éléments de géographie politique (La notion de géographie politique a été formulée, en tant que savoir scientifique, au XIXe siècle, par Friedrich Ratzel (1844-1904), géographe allemand marqué par les recherches du géographe Alexandre de Humboldt (1769-1859), du naturaliste...) énoncés par le géographe allemand Friedrich Ratzel, que l’on considère comme le père de la Geopolitik allemande. Ratzel analyse l’État en rapport avec sa géographie (La géographie (du grec ancien γεωγραφία - geographia, composé de "η γη" (hê gê) la Terre et "γραφειν"...), son espace, son milieu, les deux sont en interactions. Dans son ouvrage Politische Geographie oder die Geographie der Staaten, des Verkehrs und des Krieges[3], Ratzel perçoit l’État comme un être vivant.

Écoles de pensée

Friedrich Ratzel
Friedrich Ratzel

Suite aux analyses de Friedrich Ratzel, puis de Kjellén, un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d’universitaires et de membres des États-majors tentent de mettre aux points des analyses géopolitiques au service de leur pays. On peut ainsi distinguer trois grandes écoles :

L’École allemande : die Geopolitik

La géopolitique allemande – ou Geopolitik - repose sur les approches théoriques de Friedrich Ratzel (1844-1904), qui donnera naissance à l’École de Berlin. Cette Geopolitik émerge avec la naissance du IIe Reich, dans la deuxième partie du XIXe siècle, qui cherche à se donner une légitimité territoriale et renforcer sa puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :). Elle est fortement influencée par des approches naturalistes ou environnementalismes comme ceux du géographe Carl Ritter, de la pensée hégélienne notamment diffusée par son disciple (On appelle disciple (latin discipulus, l'élève) celui qui suit l'enseignement d'un maître.) Ernst Gapp, ou encore le darwinisme social passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur le présent. L'intuition...) entre les mains du biologiste-philosophe, père du terme Écologie Ernst Haeckel.

L'approche géographique de Friedrich Ratzel, interprétée comme géopolitique, s'applique à démontrer que l'État, thème principal des travaux géopolitiques, est "comme un être vivant qui naît, grandit, atteint son plein développement, puis se dégrade et meurt"[4]. L'État pour vivre (ou survivre) doit s'étendre et fortifier son territoire. À travers ce prisme, Ratzel défend l'idée que l'Allemagne pour vivre doit devenir un véritable empire et donc posséder un territoire à sa mesure. Pour cela, il faut que le politique mette en place une politique volontariste afin d'accroître la puissance de l’État. Ce dernier a donc besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes...) pour se développer de territoires, d'un espace, l'espace nourricier, le Lebensraum (terme inventé par Ratzel), "l'espace de vie (La vie est le nom donné :)" (souvent traduit par "espace vital").

Les successeurs de Friedrich Ratzel mettent cette nouvelle discipline au service du Prince et elle sera appliquée sous le IIIe Reich. Ils proposent au régime nazi une approche cartographique du monde (Le mot monde peut désigner :) où les "Grands Peuples" (grandes puissances) se partagent la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que...) en fonction d’alliances et d’une hiérarchie raciale des peuples. Cette Geopolitik active s’inscrit contre l'idée du droit des peuples à disposer d'eux mêmes émise par la SDN. Parmi les disciples de Friedrich Ratzel, il faut citer le général bavarois Karl Haushofer (1869-1946) qui affine (En mathématiques, affine peut correspondre à :) la notion d'"espace de vie" et la perception de l'espace dans un but hégémonique. Après la défaite de 1918, il devient l'un des chantres de la puissance allemande. Haushofer prévoit un partage du monde en quatre zones :

  1. une zone pan-européenne recouvrant l’Afrique et dominant le Moyen-Orient ; dominée par l’Allemagne,
  2. une zone pan-américaine dominée par les États-Unis
  3. une zone pan-russe incluant l’Asie centrale et l’Asie du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) dominée par la Russie
  4. une zone pan-asiatique dominée par le Japon, alliée de l’Allemagne, recouvrant l’Extrême-Orient (Chine), l’Asie du Sud-Est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.) et le Pacifique Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.). Cette partition du monde permet de contrer l'encerclement anglo-saxon.

Cette application par le politique d’une discipline percevant l’État comme un organisme et à but hégémonique est appliquée au cours de la Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure...) Guerre mondiale.

Suite à ses dérives, au sortir de la guerre, la géopolitique tant en Allemagne qu’ailleurs dans le monde est bannie des milieux universitaires et des États-majors, aux profits d’autres approches du monde. D’ailleurs, les disciplines géographiques ont renoncé à réutiliser ces approches jusqu’aux années 1970/80.

L’École américaine

Les géopoliticiens américains - l'amiral Alfred Mahan (1840-1914) ou le journaliste/professeur de Science politique Nicholas Spykman (1893-1943) - se sont intéressés aux relations entre le développement technologique des civilisations et la domination de l'espace par les États. Fortement influencé par l'école anglaise, Alfred Mahan et Nicholas Spykman articulent leurs travaux sur la puissance maritime (sea power) et la politique d'endiguement (Containment) de l'Allemagne puis de la Russie, choisissant l'alliance avec l'Empire britannique.

L'École américaine a aussi expliqué comment les grands empires d'Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la...) avaient réussi à se stabiliser dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) en se basant seulement sur l'administration très hiérarchisée de l'irrigation (L’irrigation est l'opération consistant à apporter artificiellement de l’eau à des végétaux cultivés pour en augmenter la production, et permettre leur développement normal en cas de déficit d'eau induit par un...) dans les territoires ou l'Asie des moussons. C'est la théorie (Le mot théorie vient du mot grec theorein, qui signifie « contempler, observer, examiner ». Dans le langage courant, une théorie est une idée ou une connaissance...) des despotismes orientaux, grande thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à l'égard du sujet ou du thème qu'il évoque.) de géopolitique. L'École américaine – ou École de Berkeley - s'est toujours intéressée à la dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son...) culturelle qui marque l'espace terrestre.

Le retour de la géopolitique américaine se poursuit au XXe siècle avec les thèses de Samuel P. Huntington dans le Choc des Civilisations (cf. Bibliographie).

L’École anglaise : la sea power

Cette École définit la puissance anglaise par la domination des mers/océans (théorie de l'empire maritime). Principal contributeur, l'amiral britannique Halford Mackinder (1861-1947) conçoit la planète comme un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) composé par un "océan mondial" (9/12e), une "île mondiale" (2/12e - Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres...), Asie, Europe) et de grandes îles périphériques ou "Outlyings Islands" (1/12e - Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan Pacifique;...), Australie). Afin de dominer le monde, il faut dominer l'île mondiale et principalement le cœur de cette île, le heartland, véritable "pivot géographique du monde" (allant de la plaine (Une plaine est une forme particulière de relief, c'est un espace géographique caractérisé par une surface topographique plane, avec des pentes...) de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme une des...) centrale à la Sibérie occidentale et en direction de la Méditerranée, du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud). Ainsi, l'Empire britannique, qui s'est construit sur la domination des océans, doit désormais, pour rester une grande puissance mondiale, s'attacher à se positionner sur terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...) en maîtrisant les moyens de transports par voie de chemin de fer (Le chemin de fer est un système de transport guidé servant au transport de personnes et de marchandises. Il se compose d'une infrastructure spécialisée, de matériel...). L'approche géopoliticienne anglaise renvoie à cette volonté de domination du monde via le commerce, en contrôlant les mers, puis désormais les terres, se faisant l'héritière directe, non seulement de la géopolitique allemande, mais aussi des premiers navigateurs anglais, comme Walter Raleigh : "Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce tient la richesse ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même". La géopolitique de Mackinder est à replacer dans une perspective de concurrence entre la puissance maritime britannique et la puissance allemande qui à travers son contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de la Mitteleuropa, tend vers le contrôle du heartland.

Une École française?

Il semble qu’il n’existe pas de géopolitique " à la française ". Toutefois, d’après Yves Lacoste l’un des ouvrages de Paul Vidal de la Blache (1845-1918), père de l’École française de géographie, La France de l’Est (1917) doit être analysée comme un ouvrage géopolitique dans la mesure où Vidal de la Blache explique les raisons de l’appartenance de l’Alsace et la Lorraine (La Lorraine est le premier d’une série de deux navires, le second étant La Savoie. C’est, à l’époque, le plus grand paquebot français.) à la France. Citons aussi le géographe Jacques Ancel (1882-1943), auteur d’ouvrages sur la question des nationalités dans l’Empire Austro-hongrois, qui s’intéresse aux questions des frontières définies comme des " isobare(s) politique(s), qui fixe(nt), pour un temps, l’équilibre entre deux pressions ; équilibre de masses, équilibre de force "[5], reprenant les travaux d'André Chéradame[6].

S’il existe une géopolitique française, c’est surtout dans la contestation de l’approche géopolitique allemande et de ses légitimations déterministes. André Chéradame, dés 1916, condamne les dérives de la Geopolitik allemande dans son ouvrage Le plan pangermaniste démasqué. Le redoutable piège berlinois de la partie nulle. Dans l'entre-deux guerre, l'amiral Raoul Castex (1878-1968) synthétise la stratégie (La stratégie - du grec stratos qui signifie « armée » et ageîn qui signifie « conduire » - est :) navale dans son ouvrage à portée géopolitique Théories stratégiques(1929).

Il semble toutefois que ces trois directions ne soient pas aussi éloignées les unes des autres. En effet, toute trois proposent une géopolitique dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :), active, percevant l’État comme un organisme qui doit vivre ou survivre face à la concurrence d’autres États.

Depuis la fin des années soixante, cette école de pensée a été réactualisée à travers les différents ouvrages d'Yves Lacoste (cf. bibliographie) et l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) français de géopolitique (IFG) de Saint-Denis (Université Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les...) 8), dirigé par Béatrice Giblin-Delvallet.

Fin de la géopolitique avec la Seconde Guerre mondiale ?

Après la Seconde Guerre mondiale, la notion de géopolitique, traduisant mal une répartition de plus en plus complexe des pouvoirs institutionnels dans le monde, recule au profit de quatre disciplines de sciences humaines :

  • Les relations internationales, appuyées sur la théorie du droit international,
  • La sociologie politique, sociologie des relations internationales, cf. Guerre et Paix entre les nations (Raymond Aron). On notera que sur ce point (Graphie) l'évolution reste limitée, puisque la notion d'international reflète la division (La division est une loi de composition qui à deux nombres associe le produit du premier par l'inverse du second. Si un nombre est non nul, la fonction...) du monde en nations souveraines, ce qui se traduit en pratique par l'intergouvernemental plutôt que par une mondialisation (Le terme « mondialisation » désigne l'expansion et l'harmonisation des liens d'interdépendance entre les nations, les activités humaines et les systèmes politiques à l'échelle du monde....) institutionnelle.
  • La géographie politique qui étudie :
    • l'organisation (Une organisation est) du pouvoir et des territoires à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent...) de la Terre
    • le découpage social de l'espace dans les relations de pouvoir
    • la cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la représentation de données sur un support réduit...) électorale
  • La Géostratégie, étude des intérêts des États et des acteurs politiques dans l'espace surtout international.
    C'est un espace du droit international, des alliances, des conflits, des positions parce que la stratégie consiste à projeter les intérêts d'un État dans le monde (et par extension pour les entreprises).
    Le géostratège envisage les conséquences d'un conflit localisé.

Quelques grands mouvements géopolitiques dans l'Histoire

Avec le recul de l'Histoire, on perçoit plus facilement les grandes tendances, et les motivations qui ont conduit les États à adopter une stratégie :

  • La politique de glacis (Un glacis est) (Cyrénaïque, Chypre (Chypre (grec Κύπρος ; turc Kıbrıs) est une île située dans le Bassin Levantin qui constitue la partie la plus orientale de la mer Méditerranée;...), Palestine) développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à...) par les souverains ptolémaiques.
  • Le contrôle des cols alpins, qui fut un enjeu majeur de l'époque préromaine (péages celtes) et de l'époque romaine (péages imposés par Rome),
  • L'effondrement de l'empire carolingien au IXe siècle, sous l'effet des invasions des Vikings (remontée des fleuves par les drakkars), des Sarrasins et des Hongrois,
  • Le développement de l'empire chinois sous la dynastie des Song du Xe au XIIe siècle,
  • Le développement de la civilisation islamique du VIIIe au XVe siècle.
  • Le développement des Républiques de Venise et de Gênes (Gênes (Genova en italien, Zena en ligurien) est une ville italienne, capitale de la Ligurie, deuxième port de la Méditerranée derrière Marseille. Elle compte...), qui s'est effectué par le commerce dans la Méditerranée, consécutif aux Croisades,
  • Le développement du commerce maritime au XVe siècle entre Londres (Londres (en anglais : London - /?l?nd?n/) est la capitale ainsi que la plus grande ville d'Angleterre et du Royaume-Uni. Fondée il y a plus de 2 000 ans par les Romains, la ville est aujourd'hui...), Bruges, les Villes hanséatiques du nord, Gênes et Venise, qui a ruiné les voies de commerce continentales qui passaient par les foires de Champagne (Provins, Troyes...),
  • Le contournement de l'Afrique par les grands navires marchands européens, faisant suite à la chute de Constantinople, dont la conséquence fut que le commerce caravanier s'en ressentit : déclin inexorable de villes commerciales puissantes comme Tombouctou, Gao ou Samarcande, et celui des empires associés à leur prospérité.
  • La consolidation politique de la France sous Louis XIII et Louis XIV, contre la puissance espagnole,
  • La fin du Premier Empire en 1814/1815, sous l'effet des différentes coalitions entre l'Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants (en 2006), qui représentent 83,8% de la population du...) et des puissances continentales,
  • La victoire de l'alliance France/Angleterre/États-Unis… contre l'alliance continentale autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) de l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale,
  • L'écroulement du IIIe Reich sous l'effet du débarquement des forces américaines, anglaises, françaises (débarquement en Provence, libération de Paris), canadiennes.
  • Le contrôle des lieux de passage maritimes ou terrestres, et les conflits autour du Bosphore ou de Gibraltar,
  • La construction de tunnels ferroviaires et routiers, péages, à travers les Alpes...

L'analyse géopolitique aujourd’hui

Retour de la géopolitique

La géopolitique, après avoir été bannie comme savoir scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.), a retrouvé une nouvelle légitimité d’approche suite aux différents conflits qui ont émergé dans les années 1970. Dans son essai, le géographe Yves Lacoste dénonce la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet....) mise des différents États-majors (politique, militaire, financier, économique) sur les savoirs cartographiques et géographique limités à des perspectives stratégiques. Il souhaite une vulgarisation de l’approche géographique. À la même période, autour d’un cénacle d’enseignants de divers horizon (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en physique, philosophie, littérature, et bien d'autres domaines :), il lance la Revue Hérodote qui se veut une revue de stratégie et de géopolitique. Yves Lacoste définit la nouvelle géopolitique comme l’étude des interactions entre le politique et le territoire, les rivalités ou les tensions qui trouvent leur origine ou leur développement sur le territoire.

La géopolitique, afin d’éviter de retomber dans les travers du passée, se doit d’utiliser l’ensemble des connaissances liées à la géographie (géographie physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne...), mais aussi la géographie humaine (La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme.) dans toutes ses composantes (sociales, économiques, culturelles, sanitaires), les matières premières et les flux (Le mot flux (du latin fluxus, écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments (informations / données, énergie, matière, ...) évoluant dans un sens commun. Plus précisément le...) de ressources), mais aussi utiliser l’histoire, la science politique, etc.

La mondialisation pourra peut-être conforter la légitimité de nouvelles approches géopolitiques.

Les axes d’analyses

Dès le début des années 1980 étaient entrevus des risques de marginalisation géopolitique de l'Europe, qui pourraient s'accentuer aujourd'hui si la réaction n'est pas adaptée :

  • Liaisons sur l'océan Pacifique (L'océan Pacifique, qui s'étend sur une surface de 180 000 000 km², est l'océan le plus vaste du globe terrestre. Il comprend entièrement l'Océanie et quelques autres îles et archipels qui...) prenant le pas sur celles de l'océan Atlantique (L'océan Atlantique est l'un des cinq océans de la Terre. Sa superficie de 106 000 000 km² en fait le deuxième par la taille derrière l'océan Pacifique. Il s'est formé par l'éloignement de plaques tectoniques, il y a 180...),
  • Impact de la fonte de la banquise (La banquise est une étendue de mer gelée. Elle se forme durant l'hiver polaire, lorsque la température de l'eau de mer descend en dessous de -1,9°C. Au cœur de l'hiver, l'épaisseur de...) dans l'Arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire. Elle se situe à l'opposé de l'Antarctique. L'Arctique inclut une...) sous l'effet du changement climatique, et évolutions structurelles du transport maritime (Le transport maritime est le mode de transport le plus important pour le transport de marchandises (marine marchande). Le transport de personnes par voie maritime a perdu beaucoup d'importance du fait...) et aérien,
le détroit d'Ormuz : point de tension géostratégique entre l'Iran, Oman (péninsule de Musandam) et les Émirats arabes unis.
le détroit (Dans la politique européenne, les « Détroits » (substantivés, sans plus de précisions) désignent la longue passe entre la mer Méditerranée et la mer Noire, marquée par...) d'Ormuz : point de tension (La tension est une force d'extension.) géostratégique entre l'Iran, Oman (péninsule de Musandam) et les Émirats arabes unis (L'UNIS, pour UNIversité du Svalbard, est une université norvégienne implantée en 1993, à Longyearbyen (2000 habitants), principale cité du Spitzberg (en francais, Spitzberg...).
  • Accès aux champs pétrolifères du Moyen-Orient, construction d'oléoducs et de gazoducs, transport (Le transport, du latin trans, au-delà, et portare, porter, est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre.) pétrolier (Un pétrolier est un navire citerne servant à transporter le pétrole ainsi que ses dérivés (essence). Pour le transport d'autres liquides, les...), pic pétrolier (Un pic de production désigne le sommet de la courbe qui caractérise la production pétrolière d'un puits ou d'un champ pétrolier ; par agrégation le pic...), montée de la consommation de pétrole (Le pétrole est une roche liquide carbonée, ou huile minérale. L'exploitation de cette énergie fossile est l’un des piliers de l’économie...) de la Chine
  • Retour du charbon (propre) : Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de l'Océanie. En plus de l’île-continent du même nom, le pays...), Chine, Canada…

Par sa recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique,...) des interactions entre les grandes zones du monde (énergie et matières premières, flux de ressources, passages à risques), la géopolitique s'intéresse naturellement à la politique internationale et à ses aspects diplomatiques.

Le terme de géopolitique revêt une connotation stratégique, voire militaire, tandis que le terme de géographie politique fait plutôt référence à l'organisation des États, des régions, des entités administratives, des frontières, et des habitants. On constate que de nos jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...) la mondialisation et l’effondrement d’un monde bipolaire ont multiplié et complexifié les liens entre toutes les populations de la planète. Depuis une dizaine d’année, les centres universitaires multiplient les sections géopolitiques afin de répondre à une demande croissante d’analyse dite géopolitique.

Les enjeux ne manquent pas :

  • Enjeux démographiques liés à la surpopulation (La surpopulation survient lorsque les ressources disponibles pour un territoire donné sont insuffisantes pour la population qui y vit. Le seuil de surpopulation varie...) mondiale,
  • Enjeux humains liés aux flux désordonnés de populations, aux migrations non contrôlées, etc.,
  • Dans ce contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui...), la pérennité des langues dans le monde est un enjeu très important,
  • Enjeux culturels associés à l'utilisation d'une langue,
  • Recrudescence des menaces terroristes,
  • Risques de prolifération nucléaire (Le terme d'énergie nucléaire recouvre deux sens selon le contexte :) (Iran, Corée du Nord),
  • Recherche de la maîtrise (La maîtrise est un grade ou un diplôme universitaire correspondant au grade ou titre de « maître ». Il existe dans plusieurs pays et...) du cycle fermé (Dans l'industrie nucléaire, la fermeture du cycle du combustible nucléaire désigne le recyclage du combustible irradié (ou combustible usé) en combustible neuf et l'élimination des déchets ultimes (produits de...) de l'uranium (L'uranium est un élément chimique de symbole U et de numéro atomique 92. C'est un élément naturel assez fréquent : plus abondant que...), et partenariats mondiaux,
  • Accès à l'eau potable (Une eau potable est une eau devant satisfaire à un certain nombre de caractéristiques la rendant propre à la consommation humaine.) et à l'assainissement (L’assainissement est un processus par lequel des personnes peuvent vivre dans un environnement plus sain ; pour cela, des moyens physiques, institutionnels et sociaux sont mis...) (Turquie/Syrie, Israël, Asie, Afrique…),
  • Ressources halieutiques et zones de pêche,
  • Agroressources au Brésil, usines biochimiques,
  • Accès aux ressources naturelles en Afrique, au Moyen-Orient…
  • Gisements éoliens ou hydroliens,
  • Risques sur les tunnels transfrontaliers…
  • Remises en cause internes de l'État (régionalisme, autonomie, séparatisme, indépendantisme) : au Canada (Québécois) ; Europe (Bretons, Catalans, Flamands, Ligue du Nord, Savoie, Wallons) ; Afrique…
  • Horogenèse, néologisme créé par Michel Foucher. Discipline s'intéressant à la genèse des frontières.

Les facteurs décisifs dans les alliances

La géopolitique s'attache à étudier les différents facteurs qui aboutissent à la constitution des alliances.

La géopolitique s'intéresse aux différents facteurs qui influencent les stratégies :

  • Maîtrise globale des mers et/ou de la terre (peuples de la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.), peuples de la terre) : on assiste souvent à des différences de stratégie entre une puissance ou une alliance entre puissances maritimes et une puissance ou une alliance entre puissances continentales, ce facteur influence les autres,
  • Contrôle des points de passage et des moyens de transport : détroits, cols, tunnels, aéroports, ports, gares,
  • Facteurs financiers (impôts, taxes…)
  • Accès aux ressources naturelles et aux matières premières,
  • Maîtrise des techniques (navigation, aéronautique (L'aéronautique inclut les sciences et les technologies ayant pour but de construire et de faire évoluer un aéronef dans l'atmosphère terrestre.) et espace…),
  • Types de régimes politiques (démocratie,...)
  • Facteurs culturels, sociologiques et philosophiques.

Aspects militaires et énergétiques

Les États-Unis ont mis en place depuis la fin des années 1980 une stratégie globale visant à assurer la suprématie de l'armée américaine et des entreprises américaines sur le monde [7]. Elle est structurée autour d'un consortium de grandes entreprises des secteurs de l'informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le traitement automatique de l'information par des machines telles que les...) et de l'aéronautique, qui a permis de projeter les forces américaines en Irak, lors des deux guerres du Golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) en 1991 et en 2003. Cette stratégie globale concerne maintenant presque tous les secteurs d'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.), et s'appuie sur une utilisation très structurée des technologies de l'information (web, réseaux du net).

L'accès aux ressources pétrolières conduit à définir des stratégies spécifiques (voir géopolitique du pétrole).

On constate ses effets également dans l'alliance que les États-Unis ont réalisée, en réponse au protocole de Kyoto, avec la Chine, l'Inde, le Japon, et l'Australie, visant à développer le charbon propre, et les nouvelles générations de réacteurs nucléaires (réacteurs de génération IV, en:Integral Fast Reactor).

Aspects linguistiques

La langue est un facteur essentiel de la communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications,...) entre les peuples. Ainsi, la précision du langage peut-elle jouer un rôle décisif dans des négociations internationales.

C'est sans doute l'un des facteurs qui a fait que la langue française était la langue parlée dans les cours européennes au siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une...) des Lumières (XVIIIe siècle). En effet, le français a été supporté dès 1635 par l'Académie (Une académie est une assemblée de gens de lettres, de savants et/ou d'artistes reconnus par leurs pairs, qui a pour mission de veiller aux usages dans leurs...) française.

Il en a résulté des règles strictes de droit international, reconnues dans le statut des langues officielles retenues par l'Organisation des Nations unies. Le français est ainsi l'une des six langues officielles reconnues par l'ONU pour les négociations internationales. Le français joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à mastiquer.) donc un rôle important dans la diplomatie.

Les gentilés (nom d'habitant d'un continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce terme désigne une vaste étendue...), d'un pays, d'une région, par exemple) sont un aspect relativement invariable de la géographie linguistique.

Exemples :

  • un Français (avec une majuscule = le gentilé),
  • un Européen.

Le français, glottonyme qui désigne la langue française. Dans un contexte de mondialisation, où l'utilisation du web se répand de plus en plus de part le monde, on peut s'interroger sur la pérennité des langues. L'attribution d'un nom à une langue est un enjeu géopolitique essentiel.

Voir : glottonymie

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