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Posté par Adrien le Lundi 21/05/2012 à 12:00
Mieux que le graphène: le bore bidimensionnel
Il n'est plus besoin de présenter le graphène, ce fameux cristal monoplan de carbone qui fait tant parler de lui ces dernières décennies. Son succès tient à ses propriétés remarquables de conductivité, robustesse, légèreté, flexibilité et à son caractère bidimensionnel qui en font un candidat idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de façon féconde l'étude de la...) pour les futures plate-formes électroniques.

Alors que les études abondent sur ce cristal (Cristal est un terme usuel pour désigner un solide aux formes régulières, bien que cet usage diffère quelque peu de la définition...), des chercheurs de Rice Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) au Texas se sont intéressés à un autre matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets. C'est donc une matière de base...): le bore (Le bore est un élément chimique de symbole B et de numéro atomique 5.) bidimensionnel. Avec une approche originale, ils ont pu montrer l'existence de nombreuses configurations stables pour les monoplans d'atomes de bore pur. Une fois enroulés en nanotubes, ces derniers restent toujours métalliques, ce qui présente un avantage par rapport aux nanotubes de carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.). En effet, un obstacle majeur au développement et à la conception des nanotubes de carbone tient à leur propriété de chiralité (La chiralité (du grec ch[e]ir~ - main~) est une importante propriété d'asymétrie dans diverses branches de la science. Un objet ou un système est appelé chiral s'il diffère...): deux arrangements de symétrie différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie à l'aide de la trace, dans...) sont possibles qui entraînent selon le cas des propriétés métalliques ou semi-conductrices. Le physicien (Un physicien est un scientifique qui étudie le champ de la physique, c'est-à-dire la science analysant les constituants fondamentaux de l'univers...) théoricien Yacobson espère ainsi pouvoir faire du bore bidimensionnel un excellent moyen de transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de...) d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) par fils quantiques, qui présenteraient les mêmes avantages que le carbone, mais en évitant la difficulté de devoir sélectionner une symétrie particulière.


Molécule de graphène (Cet article ne doit pas être confondu avec l’article graphème.). Le bore bidimensionnel pourrait-il le supplanter ?

Afin d'étudier les configurations stables du métal (Un métal est un élément chimique qui peut perdre des électrons pour former des cations et former des liaisons métalliques ainsi...) pur de bore bidimensionnel, Yacobson et son collègue Evgeni Penev, ont choisi d'utiliser une méthode de calcul habituellement utilisée pour les alliages. Ils ont pour cela considéré le métal comme un pseudo-alliage de deux constituants: les atomes de bore d'une part et les espaces vacants sans atomes de bore d'autre part. Le raisonnement rappelle celui du gruyère, pour lequel on considère les trous du gruyère comme un élément constitutionnel du fromage, et qui le définissent. Cette astuce permet d'éviter les méthodes de calcul traditionnelles qui auraient été bien trop coûteuses et trop longues pour tester les centaines de configurations possibles des monoplans de bore.

Nous pouvons décrire deux configurations extrêmes pour une feuille (La feuille est l'organe spécialisé dans la photosynthèse chez les végétaux supérieurs. Elle est insérée sur les...) d'atomes de bore. Si tous les atomes de bore sont présents dans la matrice, ils s'arrangent alors en triangles et la matrice est dite triangulaire. Si l'on retire tous les atomes possibles de la matrice, on obtient alors un atome (Un atome (du grec ατομος, atomos, « que l'on ne peut diviser ») est la plus petite partie d'un corps simple pouvant se combiner chimiquement...) manquant à chaque troisième position des triangles, et la matrice devient hexagonale (chaque atome (Un atome (grec ancien ἄτομος [atomos], « que l'on ne peut diviser ») est la plus petite partie d'un corps simple pouvant se...) manquant étant au centre de six triangles avant de s'échapper de la matrice). Cette dernière configuration correspond à l'arrangement (La notion d'arrangement est utilisée en probabilités, et notamment pour les dénombrements en analyse combinatoire.) des atomes de carbone au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier celle...) du graphène. Il s'agit de la configuration optimale des monoplans de carbone.

Etonnamment, les calculs de Yacobson et de son équipe montrent que dans le cas des feuilles de bore, une gamme importante de configurations structurelles possibles existe, toutes de stabilité égale. L'énergie de base de ces configurations est essentiellement indépendante de la proportion d'espaces vacants. Ainsi la configuration optimale est intermédiaire entre la configuration hexagonale et la configuration triangulaire, avec 10 à 15% d'atomes manquants dans la matrice. A chaque répartition donnée (Dans les technologies de l'information, une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction, d'un événement, etc.) des espaces vacants au sein de la matrice correspond une configuration, ce qui entraîne une diversité de formes possibles très riche, et qui sont par ailleurs toujours métalliques. C'est ce qui fait la différence drastique avec le cas du graphène, pour lequel tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) écart par rapport à la configuration hexagonale est appelé "défaut".

Le bore bidimensionnel, bien qu'encore difficile à manipuler, est donc prometteur. Ses propriétés métalliques et son polymorphisme sont deux avantages significatifs par rapport au graphène. Il mérite ainsi qu'on l'étudie tout autant que le graphène.

Il reste encore beaucoup à faire, concernant la validation expérimentale ( En art, il s'agit d'approches de création basées sur une remise en question des dogmes dominants tant sur le plan formel, esthétique, que sur le plan culturel et politique. En science, il s'agit d'approches de...) ainsi que la partie pratique. Notamment, comment synthétiser les nanotubes de bore et dans quelles conditions ? Nous pouvons nous attendre à ce que cette synthèse soit polymorphique, avec un méli-mélo de configurations contenues dans chaque feuille, toutes équivalentes et ayant autant de chance de se former. Il y a donc là tout un champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) d'études à explorer...

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Source: BE Etats-Unis numéro 290 (18/05/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /70051.htm
Illustration: Université de Manchester / Chris Ewels
 
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