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Posté par Adrien le Lundi 05/05/2014 à 17:00
Quand les mammouths préféraient le trèfle aux graminées
Les mammouths et autres rhinocéros laineux de la période pré-glaciaire, entre 50 000 et 25 000 ans, n'abusaient pas des plantes graminées. Les résultats des analyses réalisées sur de nombreuses carottes, auxquelles ont notamment participé des chercheurs du Laboratoire d'écologie alpine (CNRS/Université Joseph Fourier/Université de Savoie) et de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le...) des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS / Univ. Montpellier 2 / IRD), montrent que la végétation (La végétation est l'ensemble des plantes (la flore) sauvages ou cultivées qui poussent sur une surface donnée de sol, ou dans un milieu aquatique. On parle aussi de...) arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire. Elle se situe à l'opposé de l'Antarctique. L'Arctique inclut une partie du Canada, du...) comportait un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de plantes herbacées non graminoïdes, dont la grande faune faisait son festin. Les graminées ont en revanche pris le dessus après la glaciation (Une glaciation ou période glaciaire est à la fois une phase paléoclimatique froide et une période géologique de la Terre durant laquelle une part importante des continents est englacée.), il y 10 à 5000 ans.


Duvanny Yar, dans le nord-est de la Sibérie. La plupart des échantillons de pergelisols analysés pour reconstituer les flores anciennes ont été collectés sur les berges des rivières arctiques. (© Mary Edwards)

La steppe à mammouths, comme on a coutume d'appeler la steppe arctique où paissaient les grands mammifères, n'était pas une steppe à graminées (céréales, plantes fourragères...). C'est le résultat plutôt inattendu de l'étude publiée dans Nature par une équipe internationale de chercheurs. "Pour le savoir, 240 carottages ont été effectués dans le pergélisol - le sol toujours gelé - des régions arctiques. Le séquençage (En biochimie, le séquençage consiste à déterminer l'ordre linéaire des composants d'une macromolécule (les acides aminés d'une...) très haut débit (Le terme de très haut débit (ou THD) fait référence à des capacités d'accès à internet supérieures à celle de...) de l'ADN environnemental extrait de ces échantillons a permis de reconstituer la composition de la végétation arctique durant les trois périodes, pré-glaciaire (entre 50 000 et 25 000 ans), glaciaire (entre 25 0000 et 15 000), et post glaciaire (de 15 000 à nos jours)" explique Pierre Taberlet, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent d'importantes...) CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) au Laboratoire d'écologie alpine et spécialiste de l'ADN environnemental.

"On note une grande diversité végétale avant la glaciation, avec un mélange (Un mélange est une association de deux ou plusieurs substances solides, liquides ou gazeuses qui n'interagissent pas chimiquement. Le résultat de l'opération est une préparation...) de plantes herbacées de type pissenlit, myosotis ou trèfle (Les trèfles sont des plantes herbacées de la famille des Fabacées (Légumineuses), appartenant au genre Trifolium.), et de graminées. La période post-glaciaire, qui correspond à la disparition des mammouths, se caractérise par une recrudescence des graminées", poursuit le biologiste (Sur les autres projets Wikimédia :). Des résultats confirmés par l'analyse des contenus stomacaux de 8 grands mammifères d'avant la dernière glaciation. Pour les scientifiques, l'azote (L'azote est un élément chimique de la famille des pnictogènes, de symbole N et de numéro atomique 7. Dans le langage courant, l'azote désigne le gaz diatomique...) contenu dans les déjections de la grande faune pourrait avoir favorisé les herbacés non graminoïdes au détriment des graminées. "La question que l'on se pose, c'est: est-ce la disparition de la grande faune qui a provoqué le basculement (Le basculement, dans le domaine de l'astronautique, est l'inclinaison progressive d'un véhicule spatial autour d'un axe quelconque. Le basculement peut être utilisé pour modifier la direction du vecteur poussée.) de la végétation arctique vers le "tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) graminées" ou le changement des conditions climatiques ?", indique Pierre Taberlet.

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Source: CNRS-INEE