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Posté par Isabelle le Mercredi 20/05/2015 à 00:00
Diabète et sommeil

Cercle bleu, symbole universel du diabète
Des chercheurs de l'ULB étudient si augmenter la durée du sommeil, peut avoir des effets bénéfiques sur la sensibilité à l'insuline et réduire le risque de diabète de type 2.

Il est clairement reconnu depuis plusieurs années qu'une durée de sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution progressive du tonus...) trop courte a des répercussions néfastes sur la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.). En particulier, trop peu de sommeil entraîne une diminution de notre sensibilité à l'insuline (L'insuline (du latin insula, île) est une hormone peptidique sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas. Elle a, avec le glucagon, un rôle majeur dans la régulation des substrats...), ce qui implique un plus grand risque de développer un diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes (polyurie). Le mot « diabète » vient du grec ancien...) de type 2. Une question non encore résolue était de savoir si intervenir en sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive allant du...) inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y =...), c'est-à-dire augmenter la durée de son sommeil, peut avoir des effets bénéfiques sur la sensibilité à l'insuline et réduire le risque de diabète.

Rachel Leproult,Faculté des Sciences Psychologiques et de l'Education ? Center for Research in Cognition & Neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques, des neurones et du système nerveux.), UNI- et ses collègues ont testé cette hypothèse à l'ULB lors d'une étude d'extension de sommeil qui vient d'être publiée dans le journal Sleep.

Seize adultes en bonne santé mais qui dorment trop peu par rapport à leurs besoins ont été recrutés. Leur manque de sommeil chronique était mis en évidence par le fait qu'ils dormaient systématiquement au moins une heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences...) de plus le week-end par rapport à la semaine, tentant ainsi de compenser le déficit accumulé au cours de la semaine de travail.

Pendant les deux premières semaines de l'étude, ils ont gardé leurs habitudes de sommeil (en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils...) 6h de sommeil en semaine et plus de 7h de sommeil le week-end) et leur sensibilité à l'insuline a été mesurée.

Avec l'aide des chercheurs qui leur ont offert des conseils touchant à une meilleure hygiène (L'hygiène est un ensemble de mesures destinées à prévenir les infections et l'apparition de maladies infectieuses. Elle se base essentiellement sur trois actions :) de sommeil et à l'importance du sommeil pour la qualité de notre fonctionnement quotidien, ils ont ensuite essayé d'augmenter le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) qu'ils consacrent à dormir d'environ une heure par nuit pendant 6 semaines consécutives, un objectif modéré mais réaliste. Malgré de larges différences inter-individuelles, ces participants sont parvenus à augmenter leur temps de sommeil de plus ou moins 45 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain. ...) par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et...) durant les jours de semaine, sans pour autant changer leurs habitudes de sommeil du week-end.

Les résultats montrent, sans équivoque, que les participants qui ont le mieux réussi à augmenter leur durée de sommeil sont également ceux chez qui la sensibilité à l'insuline s'est le plus améliorée.

Ainsi, cette étude montre que des adultes en restriction chronique de sommeil suite à un style de vie (La vie est le nom donné :) inapproprié sont capables d'augmenter de manière modérée leur temps de sommeil et que cette augmentation, même modeste, a des effets bénéfiques sur le métabolisme (Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques qui se déroulent de manière ininterrompue dans la...) glucidique, c'est-à-dire la sensibilitéà l'insuline et le risque de diabète de type 2 (Cet article traite du « diabète de type 2 », une forme de diabète sucré. Mais il existe d'autres diabètes : voir la page d'homonymie Diabète .).

Au-delà des effets potentiellement bénéfiques observés dans cette population de jeunes adultes en bonne santé, cette étude suggère qu'une attention accrue à la qualité de sommeil chez les patients souffrant de diabète peut participer à une atténuation (Perte d'intensité et amplitude d'un signal...) de leurs symptômes et une meilleure régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se rattache au plan scientifique à l'automatique.) de leur métabolisme, une hypothèse qui devra être testée dans des études ultérieures. En effet, les recommandations classiquement données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) aux patients pré-diabétiques et diabétiques visent à une perte de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du...) et une augmentation de l'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison, jardinage, commissions, travail, marche usage des escaliers déplacements transports, l'activité physique de loisirs, et la...), mais négligent la qualité du sommeil des patients.

Les résultats de l'étude de R. Leproult et collègues montrent l'importance d'une évaluation systématique (En sciences de la vie et en histoire naturelle, la systématique est la science qui a pour objet de dénombrer et de classer les taxons dans un certain ordre,...) du sommeil dans cette pathologie (La pathologie, terme provenant du Grec ancien, est littéralement le discours, la rationalité (λογία logos) sur la souffrance (πάθος pathos),...) très répandue au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure...) de la population.

Pour plus d'information voir:
Beneficial Impact of Sleep Extension on Fasting Insulin Sensitivity in Adults with Habitual Sleep Restriction
Rachel Leproult, Gaétane Deliens, Médhi Gilson, Philippe Peigneux Sleep 2015 ; 38(5): 707-715

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Source: ULB