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Posté par Isabelle le Mardi 29/09/2015 à 00:00
Mieux rêver, mieux dormir ?

Les rêves des insomniaques contiennent nettement moins d'impressions de joie, de bonheur, de plaisir et de vivacité que ceux des bons dormeurs.
Les insomniaques ne l'ont pas facile. Ils se lèvent le matin convaincus d'avoir mal dormi et persuadés que la journée qui les attend sera interminable, qu'ils peineront à se concentrer, qu'ils n'arriveront pas à faire correctement leur travail et que leur insomnie (L'insomnie est un terme créé au XVIe siècle sur la base du latin insomnia (du latin somniculus, « état de celui qui dort ») et...) finira par les rendre malades. Ces ruminations mentales les accompagnent du matin jusqu'au soir. Au moment d'aller au lit, ils sont hantés par l'idée que la nuit qui vient sera une répétition de la précédente. De là à penser que le contenu de leurs rêves est teinté par ce négativisme et influence la qualité de leur sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution progressive...), il n'y avait qu'un pas qu'une équipe de chercheurs en psychologie n'a pas voulu franchir avant d'avoir mis cette hypothèse à l'épreuve.

Pour ce faire, Alexandra Duchesne-Pérusse, Maude Pednault-Drolet et CélyneH.Bastien, de l'École de psychologie et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) universitaire en santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable,...) de Québec, Joseph DeKoninck, de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment où...) d'Ottawa, et JasonG.Ellis, de la Northumbria University au Royaume-Uni, ont reçu l'aide de 12 bons dormeurs et de 12 insomniaques. Ces sujets ont accepté de passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) deux nuits en laboratoire, branchés à des appareils permettant de mesurer différentes variables liées au sommeil.

Lorsqu'on dort, les périodes de sommeil paradoxal (Le sommeil paradoxal fait suite au sommeil lent ("sommeil à ondes lentes" désignant les stades 3 et 4), et constitue le cinquième et dernier stade d'un cycle du sommeil lequel...) sont marquées par une activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) onirique élevée. On sait qu'un dormeur est dans cette phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) du sommeil en raison des mouvements oculaires rapides qui l'accompagnent. Pour les besoins de l'étude, les chercheurs ont donc réveillé les sujets quelques minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain. ...) après le début d'une phase de sommeil paradoxal et ils leur ont demandé de raconter leurs rêves et d'y accoler des impressions positives ou négatives.

Les analyses des chercheurs, qui viennent de paraître dans la revue Sleep Medicine, montrent que, contrairement à qu'on observe chez les bons dormeurs, la description que les insomniaques font de leurs rêves contient plus d'éléments négatifs que positifs. De plus, l'évaluation subjective faite par les sujets révèle que les rêves des insomniaques contiennent nettement moins d'impressions de joie, de bonheur, de plaisir et de vivacité que ceux des bons dormeurs. Pour compléter le tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :), un contenu élevé d'éléments négatifs dans les rêves est associé à une faible efficacité du sommeil (temps de sommeil/temps passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose...) au lit).

"Les rêves des insomniaques semblent être en prolongement direct avec leurs expériences de vie (La vie est le nom donné :) éveillée, commente la doctorante en psychologie Alexandra Duchesne-Pérusse. Une explication possible est que les idées qu'ils ruminent contribuent à l'hyperactivité mentale qui précède leur sommeil. La qualité de leur sommeil s'en trouverait affectée."

Si des études sur de plus grands groupes venaient confirmer le lien entre les rêves et l'insomnie, l'étudiante-chercheuse estime que les insomniaques pourraient tenter de briser ce cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est appelée rayon du cercle. Celui-ci étant infiniment...) vicieux en explorant des techniques de contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) des rêves. "Certaines techniques ont donné des résultats pour les gens qui font des cauchemars. Il faudrait voir si elles peuvent aussi aider les personnes qui font de l'insomnie."

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Source: Jean Hamann - Université Laval