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Posté par Adrien le Mardi 05/01/2016 à 00:00
Une modélisation des changements globaux
Aux Etats-Unis, comme ailleurs, les pressions sur l'environnement ont tendance à s'additionner. Ainsi, il n'est pas rare qu'un animal ou une plante soit confronté à la destruction de son habitat et qu'il subisse simultanément l'invasion d'une espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est...) étrangère. C'est pourquoi des chercheurs du Laboratoire d'Ecologie, Systématique (En sciences de la vie et en histoire naturelle, la systématique est la science qui a pour objet de dénombrer et de classer les taxons dans un certain ordre, basé sur des principes divers. Elle ne doit pas...) et Evolution (ESE - CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) / Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment où...) Paris-Sud / AgroParisTech) ont décidé de modéliser l'impact non pas d'une menace prise individuellement, comme c'est souvent le cas dans les études scientifiques, mais des quatre principales menaces qui touchent les espèces endémiques des Etats-Unis. Cette étude originale, qui offre une évaluation plus réaliste (et pessimiste à la fois) de la perte de biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des populations et celle...) à venir, a été publiée dans la revue Scientific Reports du groupe Nature.


Modélisation des risques cumulés des changements globaux sur la biodiversité aux USA (à gauche) et sur les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères (à droite) en 2080. Les valeurs des effets cumulatifs qui vont des valeurs basses (bleu) à élevées (rouge). Figure créé avec le logiciel ArcGIS (ArcGIS est un ensemble de logiciels SIG réalisé par la société ESRI. La version actuelle est ArcGIS 9.2) 10.2.1
© C. Bellard, C. Leclerc & F. Courchamp, publié dans Scientific Reports-Nature

"Evaluer les risques d'extinction d'une espèce n'a de sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par...) que si l'on envisage toutes les menaces qui pèsent sur elle, celles liées au réchauffement climatique (Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans et de l'atmosphère,...) mais aussi aux espèces invasives, à la destruction de l'habitat et à l'élévation du niveau de la mer (Le niveau de la mer est la hauteur moyenne de la surface de la mer, par rapport à un niveau de référence adéquat.), introduit Franck Courchamp, directeur de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) au Laboratoire d'Ecologie, Systématique et Evolution. Et si l'on étudie la répartition géographique des menaces, cela n'a d'intérêt que s'il existe, dans les régions concernées, des espèces sensibles à ces menaces ", poursuit-il. C'est ainsi que l'équipe de Franck Courchamp a décidé, pour la première fois, de réaliser une cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la représentation de données sur un...) qui rend compte des quatre grandes menaces qui planent sur la biodiversité des Etats-Unis, et plus précisément sur les 196 espèces endémiques du pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine....). Pourquoi les Etats-Unis ? Parce qu'il s'agit d'un territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres...) ni trop grand, ni trop petit, pour lequel les scientifiques avaient déjà récolté de nombreuses informations. Il s'agit ainsi d'une première modélisation des risques cumulés des changements globaux sur la biodiversité future à large échelle.

La première mission des scientifiques a consisté à regrouper et à vérifier les très nombreuses données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) qui allaient alimenter leurs modèles. Celles-ci concernaient les quatre principales menaces qui pèsent sur la biodiversité - à savoir le réchauffement climatique, l'augmentation du niveau de la mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.), les invasions biologiques et la perte d'habitat - et les 196 espèces de vertébrés (Les vertébrés forment un sous-embranchement du règne animal. Ce taxon, qui dans sa version moderne exclut les myxines, est considéré comme monophylétique. Il appartient à l'embranchement des Chordés,...) terrestres endémiques aux États-Unis. Les chercheurs ont alors pu dresser une carte des menaces présentes et futures, puis une carte des espèces concernées par ces menaces. "Les espèces ne sont pas sensibles à toutes les pressions donc on a regardé pour chaque groupe de vertébrés terrestres (amphibiens, oiseaux, mammifères et reptiles) celles qui les concernaient et on a croisé ces données avec la carte des menaces à venir, explique Franck Courchamp. C'est finalement la moitié Est des Etats-Unis qui présente la plus grande convergence entre les menaces et les espèces menacées entre les 2050 et 2080". Cette approche offre ainsi une vision claire et pertinente des régions où les espèces sont les plus vulnérables face au changement global qui s'annonce, et où il est urgent de mettre en place des programmes de suivi et de conservation.

Cette vision plus réaliste des pressions qui pèsent sur la biodiversité rallonge, de fait, la liste des espèces menacées d'extinction. "Sans compter qu'il y a forcément des interactions et des synergies entre les perturbations environnementales, ce qui signifie que la perte de biodiversité annoncée est sans aucun doute sous-estimée par rapport à ce qui va réellement advenir", conclutFranck Courchamp.

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Source: CNRS-INEE
 
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