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Posté par Isabelle le Lundi 25/04/2016 à 12:00
La dépression pourrait augmenter le risque de diabète de type 2
La dépression pourrait multiplier le risque de diabète de type 2 en présence de signes annonciateurs du syndrome métabolique tels que l'obésité, l'hypertension et des taux de cholestérol anormaux. C'est ce qu'ont observé des chercheurs de l'Université McGill, de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical...) de recherches cliniques de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de...) affilié à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) de Montréal et de l'Université de Calgary.

D'autres études ont déjà évoqué la possibilité d'un lien entre la dépression et le diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes (polyurie). Le mot « diabète » vient du grec ancien...). Toutefois, la présente étude publiée dans Molecular Psychiatry donne à penser que, lorsque la dépression côtoie des facteurs de risque métaboliques, ces éléments se conjuguent pour multiplier le risque d'apparition du diabète.

"Selon des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) récentes, ce n'est pas la dépression en soi qui augmenterait le risque de diabète de type 2 et de problèmes cardiovasculaires, mais bien la dépression conjuguée à des facteurs de risque comportementaux et métaboliques", explique Norbert Schmitz, auteur principal de la nouvelle étude, professeur agrégé au Département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du grec psyche...) de l'Université McGill et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur...) à l'Institut universitaire en santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme à fonctionner de façon harmonieuse, agréable, efficace et à faire face avec...) Douglas, affilié à l'établissement. "En menant cette étude, nous souhaitions analyser les caractéristiques de sujets qui avaient à la fois des symptômes dépressifs et des facteurs de risque métaboliques."

Échantillon de plus de 2500 adultes

Réalisée au Québec, l'étude, qui s'est déroulée sur quatre ans et demi, a réuni 2525 sujets de 40 à 69 ans répartis en quatre groupes selon leur tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) clinique : dépression accompagnée d'au moins trois facteurs de risque métaboliques, dépression seule, facteurs de risque métaboliques seuls et, enfin, témoins sains.

Les chercheurs ont constaté que le risque d'apparition du diabète n'était pas significativement plus élevé chez les participants atteints de dépression seule que chez les témoins sains, résultats qui vont à l'encontre des observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande participation...) antérieures. Les sujets qui avaient des symptômes de dérèglement métabolique, mais qui ne faisaient pas de dépression, étaient environ quatre fois plus susceptibles de souffrir de diabète. En revanche, chez les patients aux prises à la fois avec une dépression et des facteurs de risque métaboliques, le risque d'apparition du diabète était multiplié par plus de six. De plus, l'analyse révèle que l'effet conjugué (En mathématiques, le conjugué d'un nombre complexe z est le nombre complexe formé de la même partie réelle que z mais de partie imaginaire opposée.) de la dépression et des symptômes métaboliques est plus marqué que la somme de ces effets pris individuellement.

Cercle vicieux ?

Selon les chercheurs, les liens entre la dépression, les dérèglements métaboliques et le risque de diabète sont multiples. Dans certains cas, la dépression peut aggraver les facteurs de risque métaboliques qui peuvent à leur tour aggraver la dépression, enfermant le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué...) dans un cercle vicieux.

Les données le démontrent : les patients déprimés sont moins susceptibles de suivre les conseils de leur médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il est chargé de soigner les maladies, pathologies, et blessures de ses...) pour la prise en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non pécuniaire pour être transporté.) du syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou bien dans des circonstances cliniques d'écart à la norme pas...) métabolique, qu'il s'agisse de prendre un médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en vue d'établir un...), d'arrêter de fumer (Fumer est une pratique consistant à brûler une substance pour en inhaler la fumée par la bouche ou le nez.), de faire plus d'exercice ou de manger plus sainement. Or, bien souvent, le syndrome métabolique empire en l'absence d'une prise en charge efficace, ce qui risque d'accentuer les symptômes dépressifs.

Au?delà de ces considérations comportementales, certaines formes de dépression altèrent le métabolisme (Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques qui se déroulent de manière ininterrompue dans la cellule ou l'organisme...) et peuvent dès lors entraîner un gain de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à l'opposé de la...), de l'hypertension et une anomalie du métabolisme du glucose (Le glucose est un aldohexose, principal représentant des oses (sucres). Par convention, il est symbolisé par Glc. Il est directement assimilable par l'organisme.). Ajoutons à cela que certains antidépresseurs peuvent eux aussi engendrer un gain de poids.

Le traitement global, clé de la prévention

Les chercheurs font observer que les cas de dépression ne sont pas tous identiques. Seules quelques personnes déprimées présentent également des dérèglements métaboliques. Cependant, pour briser le cercle vicieux et améliorer véritablement l'état de ces patients, il est essentiel de les repérer et d'adopter à leur égard une démarche thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) globale.

"Si l'on ne traite que la dépression, on n'agit ni sur le mode de vie (La vie est le nom donné :) ni sur les facteurs de risque métaboliques. Le patient risque donc de voir son état de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) se dégrader, ce qui l'exposera davantage à une récidive de sa dépression", conclut le professeur Schmitz.

Cette étude a été financée par les Instituts de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques....) en santé du Canada et le Fonds de recherche du Québec - Santé.

L'article "Depression and risk of type 2 diabetes: the potential role of metabolic factors", par Norbert Schmitz et ses collaborateurs, a été publié dans Molecular Psychiatry.

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Source: Université McGill