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Posté par Adrien le Vendredi 18/08/2017 à 00:00
La découverte d'une nouvelle voie de la douleur pourrait mener à de nouveaux traitements
Selon des scientifiques de l'Université McGill, la découverte d'une nouvelle voie biologique intervenant dans les mécanismes de la douleur pourrait mener à l'utilisation d'anticancéreux existants plutôt que d'opioïdes dans le traitement de la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme pour signifier une...) chronique.

De nombreuses options thérapeutiques utilisées pour le soulagement de la douleur chronique ? dont les opioïdes ? étant associées à un risque de dépendance et d'effets indésirables, cette percée ouvre de nouveaux axes de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) sur le traitement de la douleur chronique, affirme Luda Diatchenko, professeure à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et...) dentaire de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au moment...) McGill et coauteure principale de l'étude.

Les scientifiques ont découvert que les inhibiteurs du récepteur du facteur de croissance épidermique (R-EGF), utilisés couramment dans le traitement du cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de...) du poumon (Le poumon est un organe invaginé permettant d'échanger des gaz vitaux, notamment l'oxygène et le dioxyde de carbone. L'oxygène est nécessaire au métabolisme de l'organisme, et le dioxyde de carbone doit...) afin d'inhiber la croissance tumorale, possèdent des propriétés analgésiques aussi puissantes que celles de la morphine (La morphine (du grec Μορφεύς, Morphée dieu du sommeil et des rêves) est un alcaloïde de l'opium utilisé comme médicament contre la douleur (analgésique). Découverte en...) chez des modèles murins de douleur chronique et inflammatoire.


" Il nous faut maintenant répondre à deux questions : Ces inhibiteurs sont-ils efficaces dans le traitement de la douleur chronique chez l'humain ? Quels sont les effets indésirables du médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en vue d'établir un diagnostic. Un...) à la posologie (La posologie est l'étude des modalités d'administration des médicaments. Elle recouvre également l'ensemble des modalités d'administration de la...) nécessaire pour soulager efficacement la douleur? ", souligne la Pre Diatchenko, titulaire de la Chaire d'excellence en recherche du Canada sur les mécanismes génétiques de la douleur chez l'humain.

L'utilisation de médicaments existants à des fins autres que celles pour lesquelles ils ont été conçus peut se révéler judicieuse, puisque nous en connaissons bien la toxicité (La toxicité (du grec τοξικότητα toxikótêta) est la mesure de la capacité d’une...), ce qui fait d'eux un point (Graphie) de départ intéressant pour la mise au point rapide et relativement peu coûteuse de nouveaux traitements.

Si ces anticancéreux (Un anticancéreux est un médicament permettant de lutter contre le cancer) se révèlent inefficaces pour le traitement de la douleur, ils pourraient néanmoins servir de base pour le développement de nouveaux médicaments. " En modifiant ou en perfectionnant ces médicaments, nous pourrons mettre au point des analgésiques efficaces beaucoup plus rapidement ", explique Jeffrey Mogil, professeur au Département de psychologie de l'Université McGill et coauteur principal de l'étude.

Cette étude, publiée dans The Journal of Clinical Investigation, décrit le rôle essentiel joué par la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des liaisons peptidiques. En général, on parle de protéine lorsque la...) R-EGF dans le mécanisme de la douleur.

" C'est extrêmement intéressant, car le R-EGF est l'une des protéines les plus étudiées en biomédecine en raison de son rôle important dans le cancer. Toutefois, aucune étude, exception faite de quelques études de cas cliniques, n'a permis de démontrer que le R-EGF intervient dans le processus de la douleur ", ajoute Jeffrey Mogil, qui dirige également le Centre de recherche sur la douleur Alan-Edwards.

Selon les chercheurs, la voie du R-EGF découverte chez la souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de...) et la drosophile existe également chez l'humain. En effet, l'article fait également état de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) génétiques recueillies chez des sujets humains souffrant de douleurs faciales chroniques et grâce auxquelles les chercheurs ont pu établir un lien entre deux gènes dans la voie du R-EGF.

" Nous savons que cette voie existe également chez l'humain, affirme la Pre Diatchenko. " Cette découverte est emballante et très importante, car elle nous permettra de comprendre beaucoup mieux la physiopathologie moléculaire de la douleur chronique. "

Les scientifiques espèrent que leur découverte conduira à la réalisation d'essais cliniques qui permettront d'évaluer l'efficacité des inhibiteurs du R-GFR ? normalement utilisés comme anticancéreux ? dans le soulagement de la douleur.

Ces travaux ont été financés par les Instituts de recherche en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) du Canada, le National Institutes of Health des États?Unis (L'UNIS, pour UNIversité du Svalbard, est une université norvégienne implantée en 1993, à Longyearbyen (2000 habitants),...), le Australian National Health and Medical Research Council, la Fondation Louise et Alan Edwards et la Société canadienne de la douleur.

L'article " Epiregulin and EGFR interactions are involved in pain processing ", par Loren J. Martin et coll., a été publié dans la revue Journal of Clinical Investigation.

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Source: Université McGill