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Posté par Adrien le Jeudi 23/11/2017 à 00:00
Un bon odorat pour une bonne croissance
Chez les larves de la mouche drosophile, les acides gras à chaine courte sont attractifs. L'équipe de Yaël Grosjean au Centre des sciences du goût et de l'alimentation, démontre comment s'effectue cette détection et établit qu'elle est suffisante pour déclencher l'alimentation, permettre une meilleure croissance et améliorer la survie. Chez une espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est un concept flou dont il existe une...) cousine, ce signal ( Termes généraux Un signal est un message simplifié et généralement codé. Il existe sous forme d'objets ayant des formes particulières. Les signaux lumineux sont...) est moins attractif et n'induit (L'induit est un organe généralement électromagnétique utilisé en électrotechnique chargé de recevoir l'induction de l'inducteur et de la transformer en électricité...) pas de comportement alimentaire. Cette étude publiée le 27 octobre 2017 dans la revue Scientific Reports, permet de comprendre comment ces espèces proches recherchent leur nourriture et en tirent profit.


Figure. Illustration schématique des différences de niches écologiques occupées par Drosophila melanogaster et Drosophila suzukii. Les adultes de Drosophila melanogaster ont une préférence pour les fruits très mûrs, pourris et en fermentation. En revanche, les adultes de Drosophila suzukii attaquent des fruits frais. Cette étude montre comment leurs larves tirent avantage ou non de ces deux sources alimentaires par la détection olfactive d'acide (Un acide est un composé chimique généralement défini par ses réactions avec un autre type de composé chimique complémentaire, les bases.) propanoïque.
© Ana Depetris-Chauvin, Diego Galagovsky et Yael Grosjean

Comprendre comment les composés chimiques produits par les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi cellulaire glucidique, le...) peuvent avoir un impact sur le comportement est fondamental. L'équipe de Yaël Grosjean utilise comme modèle d'étude la drosophile Drosophila melanogaster. Ainsi, la détection olfactive de certains acides gras à chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) courte (SCFA) bactériens déclenche des comportements opposés chez les larves et les adultes de cette mouche (Mouche est un nom vernaculaire ambigu en français. Le terme mouche (/muʃ/) provient du mot italien musca, qui désigne de nos jours principalement un genre (Musca) comprenant la...). Il est connu que ces SCFA sont attractifs chez les larves. Par contre, aucune information n'est disponible sur les implications physiologiques et écologiques de cette attraction, ni sur les chimiorécepteurs permettant leur détection.

Les chercheurs se sont concentrés sur la compréhension de la détection de ces SCFA, et de leurs conséquences comportementales et physiologiques. Ils ont d'abord déterminé que les réponses attractives dépendent de quatre récepteurs olfactifs. Ils ont ensuite montré qu'en plus d'induire l'attraction innée, la détection olfactive d'un SCFA (l'acide propanoïque) est suffisante pour déclencher des comportements d'alimentation spécifiques du stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) larvaire, un effet qui nécessite l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) correcte de certains neurones sensoriels olfactifs. De plus, ils ont prouvé que ce SCFA soutient la croissance et améliore significativement la survie des larves dans des conditions d'élevage de pénurie.

Les chercheurs ont ensuite étudié le cas d'une espèce proche, Drosophila suzukii, dont les larves vivent dans des fruits non fermentés avec moins de production de ce SCFA. Ils ont constaté qu'il est alors un signal moins attractif et qu'il n'induit pas de comportement alimentaire chez cette mouche.

En résumé, ces travaux fournissent une image détaillée de la détection d'un SCFA et de ses conséquences physiologiques et comportementales chez les larves de deux espèces cousines de drosophiles. Ces données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement,...) sont de première importance pour comprendre comment ces espèces proches, qui peuvent avoir des impacts dramatiques sur les cultures fruitières, recherchent leur nourriture et en tirent profit.

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Source: CNRS-INSB
 
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