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Posté par Redbran le Dimanche 14/01/2018 à 12:00
Le squelette des femmes préhistoriques porte les traces d'un dur travail manuel
Il y a 7 000 ans, les femmes des premières sociétés agraires soulevaient des charges importantes au quotidien. L'analyse de leurs squelettes révèle qu'elles étaient encore plus puissantes que les meilleures athlètes féminines actuelles.


Un village néolithique sur palafittes reconstitué sur le lac (En limnologie, un lac est une grande étendue d'eau située dans un continent où il suffit que la profondeur, la superficie, ou le volume soit suffisant pour provoquer une...) de Constance près de Unteruhldingen en Allemagne. Illustration: Wikimedia Commons / Spiridon MANOLIU

On dit que pour les femmes, le travail n'est jamais terminé. C'était certainement le cas de nos ancêtres, d'après des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) issues de l'analyse de squelettes d'agricultrices d'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale...) centrale du milieu de l'Holocène.

Il y a quelque 7000 ans, la contribution des femmes aux tâches agricoles vitales (Les Vitales sont un ordre de plantes dicotylédones. Cet ordre a été réintroduit dans la Angiosperm Phylogeny Website et ne comprend qu'une seule...) qui consistaient notamment à creuser, semer et soulever de lourdes charges, était essentielle à la réussite des activités agricoles. Le caractère intensif de ces travaux physiques est mis en évidence par une nouvelle étude qui révèle que la partie supérieure du corps des femmes de l'époque était plus puissant que celui des athlètes féminines actuelles.

Les résultats publiés dans la revue Science Advances, portent un nouvel éclairage sur la répartition des tâches dans les sociétés préhistoriques et réfutent l'idée que les femmes étaient confinées aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants. La nouvelle étude, menée en partie grâce au soutien financier de l'UE par le biais du projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) ADNABIOARC, remet en question les précédentes hypothèses concernant la répartition du travail.

Une fenêtre sur le passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur...)

Nos activités laissent des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la...) sur notre squelette (Le squelette est une charpente animale rigide servant de support pour les muscles. Il est à la base de l'evolution des vertébrés. Celui ci leur a fourni un avantage sélectif...). Au cours des 30 dernières années, le dimorphisme sexuel a été documenté par des études anthropologiques portant sur les tendances temporelles de la solidité des os associée à l'intensification de l'agriculture et à l'apparition d'un mode de vie (La vie est le nom donné :) plus sédentaire.

Mais l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) des femmes de la préhistoire a toujours été difficile à interpréter en raison des différences au niveau des réponses du squelette face aux charges mécaniques d'un sexe (Le mot sexe désigne souvent l'appareil reproducteur, ou l’acte sexuel et la sexualité dans un sens plus global, mais se...) à l'autre, et du manque de données comparatives modernes. Selon les auteurs, "(...) chez les joueurs de tennis, les différences au niveau de la latéralité du squelette mettent en évidence une réactivité bien plus importante aux charges mécaniques chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme »....) que chez la femme."

Les efforts répétés induits par le fait de soulever, tirer et courir laisse des traces sur les os. L'évolution des hommes il y a environ 10 000 ans, des chasseurs-cueilleurs toujours en déplacement ( En géométrie, un déplacement est une similitude qui conserve les distances et les angles orientés. En psychanalyse, le déplacement est mécanisme de...) aux agriculteurs plus sédentaires mais soulevant davantage de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à l'opposé de la...), a laissé des traces sur les squelettes qui attirent aujourd'hui l'attention des anthropologues. Les tibias rigides et courbés des hommes d'Europe centrale de 5300 avant notre ère à 100 de notre ère, façonnés par des muscles sans cesse sollicités par la course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.), sont progressivement devenus plus droits et moins rigides au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la Municipalité de Skive.) et à mesure que le nomadisme a laissé la place à l'agriculture. Toutefois, les tibias des femmes n'ont pas changé au cours de cette même période. En examinant leurs humérus, les chercheurs ont cependant constaté un phénomène différent.

Une approche analytique différente produit de nouvelles preuves

Grâce à un système d'imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La...) laser (Un laser est un appareil émettant de la lumière (rayonnement électromagnétique) amplifiée par émission stimulée. Le terme laser...) 3D, l'équipe a enregistré les modèles de 89 tibias et 78 humérus de femmes du Néolithique (5300 à 4600 avant notre ère), de l'âge du bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en poésie et dans les...) (de 3200 à 1450 avant notre ère) de l'âge du fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau...) (de 850 avant notre ère à 100 de notre ère) et du Moyen-Age (de 800 à 850 de notre ère), en Europe centrale.

Elle a comparé la rigidité transversale et la forme de l'humérus et du tibia, ainsi que le chargement (Le mot chargement peut désigner l'action de charger ou son résultat :) et la répartition de la puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) entre les membres du squelette de ces femmes à celui d'athlètes femmes et, pour référence, à un groupe de femmes pratiquant du sport durant leurs loisirs. Les athlètes recrutées pour les besoins de l'étude ont été choisies pour l'intensité et la directionnalité variables de leur sport: coureuses de fond, joueuses de football et rameuses.

L'équipe a découvert que les femmes de la préhistoire présentaient une rigidité humérale supérieure à celle des athlètes modernes, l'intensité de la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice...) étant largement concentrée sur le membre supérieur. La répartition de la puissance entre les membres des femmes du Néolithique, de l'âge du bronze et de l'âge du fer est presque similaire à celle des rameuses semi-professionnelles actuelles. Les valeurs moyennes de rigidité du tibia étaient bien inférieures à celles des rameuses, ce qui signifie que les activités préhistoriques exigeaient moins de forces de réaction au sol (force exercée par le sol sur un corps en contact).

Ces résultats suggèrent que, durant des milliers d'années d'agriculture européenne, les tâches manuelles exigeantes constituaient un aspect plus important que la mobilité terrestre dans le comportement des femmes de la préhistoire, à des niveaux bien supérieurs à ceux des femmes modernes.

Le projet ADNABIOARC (From the earliest modern humans to the onset of farming: the role of climate, life-style, health, migration and selection in shaping European population history) s'est intéressé aux adaptations biologiques, aux innovations technologiques et à la plasticité comportementale induites par la migration et l'agriculture durant la préhistoire.

Référence publication: Science Advances Prehistoric women's manual labor exceeded that of athletes through the first 5500 years of farming in Central Europe

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Source: © Union européenne, [2017]/CORDIS