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Posté par Adrien le Vendredi 23/02/2018 à 00:00
Une bouffée d'air frais contre l'insomnie
Entre 25% et 35% des femmes souffrent d'insomnie au moment de la ménopause, une prévalence deux à trois fois plus élevée que celle observée dans la population en général. Il existe une approche simple pour améliorer le sommeil des femmes ménopausées aux prises avec des bouffées de chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !)

L'insomnie (L'insomnie est un terme créé au XVIe siècle sur la base du latin insomnia (du latin somniculus, « état de celui qui dort ») et signifie stricto...) compte parmi les problèmes les plus courants au moment de la ménopause (La ménopause, du grec méno, règles et pause, arrêt, appelée aussi âge climatérique, est l'arrêt des règles. Lors de la ménopause la femme ne possède plus...), notamment en raison des bouffées de chaleur qui tirent les femmes de leur sommeil et les laissent en nage. Bonne nouvelle pour toutes celles qui doivent composer avec ces crises nocturnes, le meilleur traitement pour améliorer la qualité de leur sommeil est une thérapie (Une thérapie est un ensemble de mesures appliquées par un thérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé, dans...) facilement applicable qui repose sur des changements d'habitudes de vie (La vie est le nom donné :) et de croyances par rapport au sommeil. Voilà ce qui se dégage d'une étude publiée dans la revue Sleep par une équipe formée de 12 chercheurs américains et du professeur Charles Morin, de l'École de psychologie et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) CERVO.

Entre 25% et 35% des femmes souffrent d'insomnie au moment de la ménopause, une prévalence deux à trois fois plus élevée que celle observée dans la population en général, rappelle Charles Morin. Les flambées de température (La température est une grandeur physique mesurée à l'aide d'un thermomètre et étudiée en thermométrie. Dans la vie courante, elle est reliée aux sensations de froid et de...) corporelle provoquées par les changements hormonaux y sont pour quelque chose, mais elles n'expliquent pas toute l'histoire. "Nos travaux montrent que les bouffées de chaleur surviennent parfois après le réveil, précise le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent d'importantes...). Par ailleurs, il se peut que ces manifestations physiologiques soient un élément déclencheur (En programmation procédurale, un déclencheur (trigger en anglais) est un dispositif logiciel qui provoque un traitement particulier en fonction...) de l'insomnie, mais que des facteurs psychologiques contribuent à son maintien. Se réveiller en sueur (La sueur est un liquide secrété par les glandes sudoripares lors du phénomène de transpiration qui joue un rôle important pour le contrôle de la température du corps (évacuation de...) au milieu de la nuit en se disant qu'il faut absolument se rendormir parce qu'une grosse journée de travail nous attend dans quelques heures crée un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le concept de contexte issu traditionnellement de l'analyse...) propice aux pensées négatives et au cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est appelée...) infernal de l'anxiété (L'anxiété est pour la psychiatrie phénoménologique biologique et comportementale, un état d'alerte, de tension psychologique et somatique, en rapport avec un sentiment désagréable de peurs, d'inquiétude,...) et de l'insomnie."

Le professeur Morin et ses collaborateurs ont comparé l'efficacité de sept approches contre les bouffées de chaleur et l'insomnie testées chez 546 femmes. Les participantes souffraient d'insomnie modérée (un score de plus de 12 sur l'échelle de sévérité de l'insomnie qui va de 0 à 28) et elles avaient au moins 14 bouffées de chaleur par semaine. Les traitements testés pendant 8 à 12 semaines comprenaient la prise d'oméga-3 (Le groupe d'acides gras oméga-3, notés également ω3 (ou encore n-3), sont des acides gras polyinsaturés que l'on trouve en grandes quantités dans certains poissons gras, dans les graines de chia, le lin, la noix,...), d'hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs spécifiques.) 17-bêta-estradiol ou de deux antidépresseurs prescrits contre les bouffées de chaleur. Les tests ont aussi porté sur trois approches non pharmacologiques, soit l'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison, jardinage, commissions, travail, marche usage des...), le yoga et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) contre l'insomnie.

Les analyses des chercheurs révèlent que toutes les approches, sauf la prise d'oméga-3, produisent une certaine amélioration de la qualité du sommeil. La palme de l'efficacité revient toutefois à la TCC qui a réduit de 5,2 points de l'indice de sévérité de l'insomnie. À titre comparatif, l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien,...) et l'antidépresseur (Les antidépresseurs sont des substances chimiques qui corrigent et relèvent l'humeur dépressive. Ces thymo-analeptiques sont des stimulants psychiques ou psycho-analeptiques qui ont une action sur les fonctions thymiques. Tous...) venlafaxine (Effexor), qui viennent au 2e et au 3e rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du noyau d'une...) sur le plan de l'efficacité, ont produit une baisse de 2,2 points. "Après 8 semaines de traitement, 70% des participantes du groupe TCC étaient considérées en rémission d'insomnie, précise le professeur Morin. L'intervention n'a pas eu d'effet sur le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de bouffées de chaleur, mais elle a réduit leur degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :) d'interférence (En mécanique ondulatoire, on parle d'interférences lorsque deux ondes de même type se rencontrent et interagissent l'une avec l'autre. Ce...) avec les activités quotidiennes."

Développée en bonne partie par l'équipe de Charles Morin au cours des trois dernières décennies, la TCC attaque l'insomnie sur deux fronts. D'une part, elle encourage un changement des croyances liées au sommeil, par exemple qu'il est nécessaire de dormir huit heures chaque nuit pour être en forme et en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.). D'autre part, elle vise à instaurer des habitudes de vie propices au sommeil telles qu'aller se coucher uniquement lorsqu'on se sent fatigué, utiliser le lit exclusivement pour dormir, se lever si le sommeil ne vient pas après 20 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le...), et sauter du lit à la même heure (L'heure est une unité de mesure  :) chaque matin, peu importe le nombre d'heures dormies la nuit précédente. Les études menées sur la TCC indiquent qu'elle atténue la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de l'insomnie chez 80% des sujets, incluant une rémission dans 60% des cas.

Malheureusement, déplore le professeur Morin, l'insomnie est le parent pauvre des troubles du sommeil et les personnes qui en souffrent sortent souvent du cabinet du médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il est chargé de soigner les maladies, pathologies, et...) avec une prescription de somnifères. "Pourtant, en 2016, l'American College of Physicians a reconnu que la TCC devrait être le premier traitement recommandé aux personnes qui souffrent d'insomnie, souligne-t-il. Au Québec, pour profiter des avantages de la TCC dans des délais raisonnables, il faut consulter des psychologues qui pratiquent en clinique privée et payer de sa poche."

Le professeur Morin et la doctorante Orlane Ballot poursuivent des travaux sur l'insomnie au moment de la ménopause et ils sont à la recherche de participantes de 45 à 55 ans avec ou sans problème de sommeil.

Entre 25% et 35% des femmes souffrent d'insomnie au moment de la ménopause, une prévalence deux à trois fois plus élevée que celle observée dans la population en général.

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Source: Jean Hamann - Université Laval