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Posté par Adrien le Mardi 27/02/2018 à 00:00
Tatouage: Sentence triple
L'étude montre que 37% des hommes et 4% des femmes se sont fait tatouer pendant leur détention. Dans une bonne proportion des cas, le tatouage a été réalisé à l'aide de matériel non stérile. Le tatouage en milieu carcéral est associé à un risque presque trois fois plus élevé d'infection par le virus de l'hépatite C (L’hépatite C est une maladie infectieuse transmissible par le sang et due au virus de l'hépatite C (VHC ou HCV en anglais), qui s’attaque au foie. L'infection se caractérise par une inflammation du foie...)

La prévalence de l'infection par le virus de l'hépatite (L’hépatite (du grec hépar: foie) désigne toute inflammation aiguë ou chronique du foie. Les formes les plus connues étant les formes virales (notées de A à G) et alcoolique. Mais l'hépatite peut...) C (VHC) est presque trois fois plus élevée chez les détenus qui se font tatouer en milieu carcéral, révèlent les travaux d'une équipe de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du...) et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) du CHU de Québec - Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) Laval. Cette étude, qui vient de paraître dans la revue Annals of Epidemiology, suggère qu'il serait souhaitable de fournir du matériel de tatouage stérile aux détenus parce que cette mesure limiterait la transmission du VHC non seulement à l'intérieur des prisons, mais aussi à l'extérieur de leurs murs. "Un détenu qui ne contracte pas le VHC pendant son séjour en milieu carcéral ne peut le transmettre une fois qu'il réintègre la société", résume le responsable de l'étude, Michel Alary.

L'hépatite C est une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) qui frappe 71 millions de personnes dans le monde (Le mot monde peut désigner :). Elle cause une inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…) du foie (Le foie est un organe abdominal impair et asymétrique, logé chez l'homme dans l'hypocondre droit, la loge sous-phrénique droite, la partie supérieure du creux épigastrique puis atteint l'hyponcondre et qui assure trois...) pouvant évoluer vers la cirrhose (La cirrhose est une maladie chronique du foie dans laquelle l'architecture hépatique est bouleversée de manière diffuse par une destruction des cellules du foie (hépatocytes), suivie de lésions de fibrose...) ou le cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de...) du foie; environ 400 000 personnes en meurent chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.). Les médicaments antiviraux sont efficaces dans 95% des cas, mais les traitements coûtent cher. Le VHC se transmet par le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un...), et le principal facteur de risque (En gestion des risques, un facteur de risque est une source de risque qui est classée en risques inhérents génériques probables dans le but de faciliter l'évaluation ou l'atténuation des risques.) est l'utilisation d'aiguilles et de seringues contaminées par des personnes faisant usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) de drogues injectables.

Les chercheurs ont évalué la prévalence de la maladie et les facteurs de risque dans la population carcérale grâce au concours de 1 315 hommes et de 250 femmes répartis dans 7 centres de détention du Québec. Les tests de détection effectués à l'aide d'un échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) de salive (La salive est un liquide biologique sécrété par les glandes salivaires, à l'intérieur de la bouche.) montrent que 12% des participants et 19% des participantes étaient infectés par le VHC. Le fait d'avoir déjà fait usage de drogues intraveineuses était le principal facteur de risque.

Les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) obtenues par les chercheurs révèlent également que la pratique du tatouage est courante en prison: 37% des hommes et 4% des femmes se sont fait tatouer pendant leur détention. "Il s'agit le plus souvent de tatouages rudimentaires réalisés à l'aide de trombones, d'aiguilles à couture et d'encre de stylo", souligne le professeur Alary. Chez les personnes tatouées en prison, 13% des répondants et 56% des répondantes ont rapporté que l'équipement utilisé pour réaliser le travail n'était pas stérile. Chez les personnes n'ayant jamais fait usage de drogues intraveineuses, la prévalence du VHC était 2,8 fois plus élevée si elles s'étaient fait tatouer pendant leur détention.

Bien que l'étude ne permette pas d'établir de lien de cause à effet, elle suggère néanmoins que certains détenus contractent le VHC en se faisant tatouer avec de l'équipement contaminé par le virus. Pour prévenir la transmission de l'hépatite C et pour contenir les coûts liés à son traitement, il faudrait envisager la possibilité de fournir du matériel de tatouage stérile aux détenus, fait valoir Michel Alary. Une expérience pilote menée par le Service correctionnel du Canada en 2005 avait montré que le coût des soins annuels d'un détenu atteint d'hépatite C étaient 38 fois plus élevé que les dépenses occasionnées par un tatouage réalisé avec du matériel stérile. "Le taux de roulement ( En mécanique, le roulement, et plus précisément le roulement sans glissement, est le mouvement d'un corps qui reste en contact avec une surface d'appui sans glisser, qui...) dans les centres de détention du Québec est élevé, rappelle le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant...). Si on veut limiter la transmission du VHC entre les détenus ainsi que dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude...) de la population, il faut s'attaquer à ce facteur de risque à l'intérieur des prisons. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le monde y gagnerait."

L'étude parue dans Annals of Epidemiology est signée par Céline Poulin, Yohann Courtemanche et Michel Alary, de la Faculté de médecine et du CHU de Québec - Université Laval, et par Bouchra Serhir, de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical...) national de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des...) du Québec.

L'étude montre que 37% des hommes et 4% des femmes se sont fait tatouer pendant leur détention. Dans une bonne proportion des cas, le tatouage a été réalisé à l'aide de matériel non stérile.

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Source: Jean Hamann - Université Laval