Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Posté par Adrien le Vendredi 02/03/2018 à 00:00
Grands prématurés, grands besoins

Au cours des dernières années, l'attention portée aux aspects techniques des soins dispensés aux grands prématurés a conduit à une réduction importante des complications graves et de la mortalité. Pour réaliser de nouveaux gains, il faudra aussi se pencher sur l'organisation de ces soins, estime le professeur Bruno Piedboeuf.
L'organisation des soins infirmiers est associée au risque de complications graves et de décès chez les grands prématurés

Un article publié dans le Journal of Perinatology par une équipe de chercheurs québécois suggère que l'organisation du travail des infirmières est une variable (En mathématiques et en logique, une variable est représentée par un symbole. Elle est utilisée pour marquer un rôle dans une formule, un prédicat...) qu'il faut considérer pour améliorer le pronostic chez les grands prématurés. "Au cours des dernières années, l'attention qui a été portée aux aspects techniques des soins dispensés à ces enfants a permis une réduction importante des complications graves et de la mortalité. Notre étude montre que pour réaliser de nouveaux gains, il faudra aussi se pencher sur l'organisation de ces soins", résume Bruno Piedboeuf, professeur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant...) et pédiatre au CHU de Québec-Université Laval.

En dépit des progrès de la médecine, environ 55% des grands prématurés souffrent de complications majeures dans les jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...) qui suivent leur naissance, notamment des problèmes pulmonaires, oculaires, auditifs, digestifs et neurologiques. Quant à la mortalité, les choses ont beaucoup évolué depuis quelques années, au point (Graphie) où l'on sauve maintenant près de 95% des enfants qui naissent après 28 semaines de gestation (La gestation est un état fonctionnel particulier propre à la femelle de vivipare qui porte son ou ses petits dans son utérus, entre la nidation de...). Afin de mieux cerner les éléments de l'organisation des soins infirmiers qui influencent le risque de complications graves et de décès, le professeur Piedboeuf et ses collaborateurs ont étudié les cas de 257 grands prématurés admis dans une unité néonatale de soins intensifs moins de 36 heures (L'heure est une unité de mesure  :) après leur naissance. "Il s'agissait d'enfants dont l'âge gestationnel allait de 23 à 29 semaines ou qui pesaient moins de 1 kg à leur naissance", précise-t-il.

Les analyses des chercheurs indiquent que 51% de ces enfants ont eu des complications graves et que 18% sont décédés pendant leur hospitalisation. Le ratio entre le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'infirmières au travail et le nombre recommandé d'infirmières - compte tenu du nombre d'enfants dans l'unité de soins intensifs et de leur état de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) - est un élément important de l'équation (En mathématiques, une équation est une égalité qui lie différentes quantités, généralement pour poser le problème de leur identité. Résoudre l'équation...). "Les jours où cette proportion est supérieure à 1, le risque de complications graves et de mortalité est 19% plus faible que lorsqu'elle est de 1 ou moins", souligne le professeur Piedboeuf.

Fait inattendu, la proportion d'heures supplémentaires dans le total ( Total est la qualité de ce qui est complet, sans exception. D'un point de vue comptable, un total est le résultat d'une addition, c'est-à-dire une somme. Exemple : "Le total des dettes". En physique le...) des heures travaillées par les infirmières n'influence pas le risque de complications graves ou de mortalité. "Cela suggère que dans certaines conditions, les heures supplémentaires effectuées pour se rapprocher du nombre recommandé d'infirmières sont avantageuses pour les enfants, estime le pédiatre, en dépit des risques que cela comporte, entre autres pour la transmission des maladies nosocomiales. Les grands prématurés ont de grands besoins et, pour ces enfants, les infirmières sont plus importantes que les médecins ou les résidents."

Le professeur Piedboeuf a été chef du Département de pédiatrie (La pédiatrie est une branche spécialisée de la médecine qui étudie le développement psycho-moteur et physiologique normal de l'enfant, ainsi que toute la pathologie qui y a trait (maladies...) du CHU de Québec-Université Laval pendant neuf ans. À ce titre, il sait que l'organisation des ressources humaines dans une unité de soins qui accueillent des prématurés n'est pas un exercice de tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) repos. "Il faut viser une réduction des heures supplémentaires pour les infirmières et c'est ce qui s'est produit dans notre centre hospitalier au cours des dernières années. Par contre, par définition (Une définition est un discours qui dit ce qu'est une chose ou ce que signifie un nom. D'où la division entre les définitions réelles et les définitions nominales.), les prématurés arrivent à un moment où on ne les attend pas, ce qui limite la capacité de prévoir avec précision les besoins en personnel."

Outre le professeur Piedboeuf, les autres signataires de l'étude publiée dans le Journal of Perinatology sont Marc Beltempo, de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) McGill, Michèle Cabot, infirmière-chef à l'unité néonatale du Centre mère-enfant du CHU de Québec-Université Laval, Guy Lacroix, du Département d'économique de l'Université Laval, et Régis Blais, de l'Université de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de...).

Au cours des dernières années, l'attention portée aux aspects techniques des soins dispensés aux grands prématurés a conduit à une réduction importante des complications graves et de la mortalité. Pour réaliser de nouveaux gains, il faudra aussi se pencher sur l'organisation de ces soins, estime le professeur Bruno Piedboeuf.

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: Jean Hamann - Université Laval