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Posté par Adrien le Mardi 13/03/2018 à 00:00
Trop de sucre à l'adolescence: risque de dépression à l'âge adulte ?
L'adolescence est une période critique pour le cerveau en développement. Des neuroscientifiques de l'université de Bordeaux ont montré qu'une consommation illimitée de sucrose chez le rat pendant l'adolescence perturbe la plasticité cérébrale, la motivation (La motivation est, dans un organisme vivant, la composante ou le processus qui règle son engagement dans une action ou expérience. Elle en détermine le déclenchement dans une certaine direction avec l'intensité souhaitée et en assure la...) et les comportements émotionnels à l'âge adulte. Les altérations observées sont corrigées par un traitement chronique avec un antidépresseur (Les antidépresseurs sont des substances chimiques qui corrigent et relèvent l'humeur dépressive. Ces thymo-analeptiques sont des stimulants psychiques ou psycho-analeptiques qui ont une action sur les fonctions thymiques. Tous les...). Ces résultats posent la question des potentiels effets délétères de la surconsommation d'aliments ou de boissons sucrées sur la maturation cérébrale et la santé mentale (La santé mentale est un terme relativement récent et polysémique. Habituellement elle est vue comme l'« aptitude du psychisme...) à l'âge adulte.


Figure: Des rats "adolescents" (âgés de 30 à 46 jours) ont eu librement accès à deux bouteilles: une bouteille d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) et une bouteille d'eau sucrée à 5%. La préférence pour l'eau sucrée est immédiate et les quantités bues sont très importantes (jusqu'à 4 fois plus que la consommation habituelle d'eau). A l'âge adulte, les rats ayant consommé l'eau sucrée se montrent moins motivés pour obtenir une récompense appétente, plus anxieux et plus immobiles dans le test de la nage forcée. Ces effets sont supprimés par un traitement chronique avec un antidépresseur administré dès la fin de l'adolescence. De plus, au niveau cérébral, la surconsommation de sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce extraite de la canne à sucre" (Chrétien de Troyes, Le Chevalier au lion). Il est...) à l'adolescence diminue la neurogénèse hippocampique adulte qui est également normalisée par l'antidépresseur.
© Martine Cador, INCIA

Le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...) lors de l'adolescence est toujours en cours de maturation et donc particulièrement sensible à l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre...). Or, l'adolescence est caractérisée par une consommation souvent excessive de drogues, d'alcool, mais aussi d'aliments très riches en sucre (sodas, aliments industriels), ces derniers pouvant représenter jusqu'à 20% de la portion journalière en calories. Cependant, les conséquences de la surconsommation de sucre durant l'adolescence sur le cerveau restent très mal connues.

Les chercheurs de l'équipe Addicteam de l'INCIA (CNRS) ont développé depuis quelques années un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) préclinique sur les effets à long terme de consommation de sucre au cours de l'adolescence. Ils ont montré, en collaboration avec NutriNeuro (INRA), que l'accès illimité à une solution sucrée (5%) pendant l'adolescence chez le rat (Le mot « rat » désigne en français, dans le langage vernaculaire certains mammifères rongeurs, le plus souvent du genre Rattus ou au moins de la famille des muridés. Mais certains...) produit à l'âge adulte une baisse de la motivation, une augmentation des comportements de type anxieux et de l'immobilité dans le test de la nage forcée ainsi qu'une diminution de la neurogénèse dans l'hippocampe. Ces altérations sont classiquement interprétées comme une signature d'un état de type "dépressif" dans les modèles pré-cliniques.

De plus, un traitement chronique avec un antidépresseur (imipramine) permet d'empêcher l'apparition des altérations neurocomportementales associées à la surconsommation d'eau sucrée à l'adolescence. Les chercheurs s'intéressent maintenant à élucider les circuits neuronaux impliqués. Ces travaux ont des implications sociétales importantes puisqu'ils suggèrent qu'une consommation excessive d'aliments riches en sucre (très récompensant) pendant l'adolescence modifie la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) développementale cérébrale et favorise l'apparition d'un état dépressif à l'âge adulte.

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Source: CNRS-INSB
 
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