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Posté par Isabelle le Jeudi 22/03/2018 à 12:00
Les gènes jouent un rôle dans l'empathie

Une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l'Université de Cambridge, de l'Institut Pasteur, de l'université Paris Diderot, du CNRS et de la société de génétique 23andMe, suggère que notre empathie n'est pas seulement le résultat de notre éducation et de notre expérience, mais aussi en partie influencée par les variations génétiques. Ces résultats sont publiés dans la revue Translational Psychiatry le 12 mars 2018.

Jouant un rôle clé dans les relations humaines, l'empathie est à la fois la faculté de reconnaître les pensées et les sentiments d'autrui, et celle d'y apporter une réponse émotionnelle adaptée. Dans le premier cas, on parle d'"empathie cognitive", et dans le second, d'"empathie affective".

Il y a 15 ans, une équipe de scientifiques de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) de Cambridge a mis au point (Graphie) le Quotient d'Empathie ou EQ, une brève mesure d'auto-évaluation de l'empathie. Grâce à ce test, qui mesure les deux types d'empathie, les chercheurs ont montré que certains d'entre nous sont plus empathiques que d'autres, et que les femmes, en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous identiques sans changer la...), sont légèrement plus empathiques que les hommes. Les autistes, quant à eux, rencontrent en moyenne des difficultés avec l'empathie cognitive, même lorsque leur empathie affective reste intacte.

Aujourd'hui, l'équipe de Cambridge, l'Institut Pasteur (L’Institut Pasteur est une fondation française privée à but non lucratif qui se consacre à l'étude de la biologie, des microorganismes, des...), l'université Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la...) Diderot, le CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) et la société de génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) 23andMe, rapportent les résultats de la plus grande étude génétique menée sur l'empathie, utilisant les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) de plus de 46 000 clients de la société 23andMe. Ces personnes ont toutes complété en ligne le questionnaire (Les questionnaires sont un des outils de recherche pour les sciences humaines et sociales, en particulier la psychologie, la sociologie, le marketing...) EQ et fourni (Les Foúrnoi Korséon (Grec: Φούρνοι Κορσέων) appelés plus...) un échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) de salive (La salive est un liquide biologique sécrété par les glandes salivaires, à l'intérieur de la bouche.) pour analyse génétique (Une analyse génétique est une technique d'analyse du génome des cellules d'un organisme. Les analyses génétiques se pratiquent sur tout type d'organisme. Chez les humains elles sont...).

Les résultats de cette étude, menée par Varun Warrier(1) (Université de Cambridge), par les professeurs Simon Baron-Cohen(2) (Université de Cambridge) et Thomas Bourgeron(3) (Université Paris-Diderot , Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le...) Pasteur, CNRS), et par David Hinds (société 23andMe), révélent tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) d'abord que notre empathie est en partie génétique. En effet, au moins un dixième de cette variation est associée à des facteurs génétiques.

Puis, ils confirment que les femmes sont en moyenne plus empathiques que les hommes. Cependant, cette variation n'est pas due à notre ADN car aucune différence n'a été observée dans les gènes qui contribuent à l'empathie chez les hommes et les femmes. Par conséquent, la différence d'empathie entre les sexes est le résultat d'autres facteurs, tels que la socialisation, ou de facteurs biologiques non génétiques tels que les influences hormonales prénatales, qui diffèrent également entre les sexes.

Enfin, les chercheurs ont observé que les variants génétiques associés à une plus faible empathie sont également associés à un risque plus élevé d'autisme (Le terme autisme tend a désigner aujourd'hui un trouble affectant la personne dans trois domaines principaux:).

Varun Warrier explique ainsi: "nous franchissons une étape majeure dans la compréhension du rôle joué par la génétique dans l'empathie. Si les gènes n'expliquent qu'un dixième de la variation du degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :) d'empathie entre les individus, les facteurs non génétiques sont aussi essentiels".

Selon le professeur Thomas Bourgeron, "ces résultats offrent un éclairage neuf et passionnant sur les influences génétiques sous-tendant l'empathie". Il précise que "individuellement chaque gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide ribonucléique (ARN) fonctionnel. On peut...) joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à mastiquer.) un petit rôle et qu'il est donc difficile de les identifier. La prochaine étape consistera donc à étudier un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) encore plus grand de personnes afin de répliquer ces découvertes et d'identifier les voies biologiques associées aux différences individuelles en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La...) d'empathie".

Le Professeur Simon Baron-Cohen ajoute enfin: "Découvrir que ne serait-ce qu'une fraction de nos différences en termes d'empathie relève de facteurs génétiques, nous aide à comprendre les individus comme les autistes, qui ont du mal à imaginer les sentiments et les émotions des autres. Cette difficulté à lire les émotions peut devenir aussi invalidante que n'importe quel autre handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une...). La société que nous formons doit soutenir les personnes concernées grâce à des méthodes pédagogiques inédites, des alternatives (Alternatives (titre original : Destiny Three Times) est un roman de Fritz Leiber publié en 1945.) ou des accommodements raisonnables favorisant leur intégration".

Financements Cette étude a reçu le soutien de l'Autism Research Trust (www.autismresearchtrust.org) et de la Templeton World Charity Foundation (TWCF), Inc. Elle a également bénéficié du soutien du Conseil de la recherche médicale (La recherche médicale se divise en recherche fondamentale et clinique.), du Wellcome Trust, de l'Institut Pasteur, du CNRS, de l'Université Paris-Diderot, de la Fondation Bettencourt-Schueller, du Cambridge Commonwealth Trust et du St John's College de l'Université de Cambridge. Elle a été menée en association avec l'Institut national pour la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) (NIHR) Collaboration pour le leadership en recherche appliquée et soins (CLAHRC) du Cambridgeshire et Peterborough NHS Foundation Trust, l'Institut national de recherche sur le génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de certains virus dont le génome est porté par...) humain (NHGRI) des Instituts nationaux de santé (NIH) et la Fondation américaine des sciences.

Notes :
(1)Varun Warrier est étudiant en doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le docteur. Selon les pays et les...) à l'Université de Cambridge.
(2) Le professeur Simon Baron-Cohen est directeur du Centre de recherche sur l'autisme à l'Université de Cambridge.
(3) Thomas Bourgeron est professeur à l'Université Paris-Diderot. Il dirige l'unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l'Institut Pasteur / CNRS.


Référence publication
Genome-wide analyses of self-reported empathy: correlations with autism, schizophrenia, and anorexia nervosa, Translational Psychiatry, 12 mars 2018

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Source: CNRS
 
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