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Posté par Isabelle le Mardi 15/05/2018 à 12:00
Cancer du sein: découverte d'une protéine responsable de la formation de métastases

Des chercheurs montréalais bloquent les métastases d'un type de cancer du sein en laboratoire.

Jean-François Côté, chercheur à l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et professeur à la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie),...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures)....) Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires internationales. Montréal...), s'intéresse aux métastases, la première cause de décès lié au cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle...). Dans un article récemment publié dans Cell Reports, son groupe a mis au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à...) une protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des liaisons peptidiques. En général, on parle de protéine lorsque la...) qui, une fois désactivée, pourrait empêcher les métastases de se développer dans une forme particulièrement virulente du cancer du sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale...), le type HER2 positif.

Une femme sur huit recevra un diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et...) de cancer du sein au cours de sa vie (La vie est le nom donné :) et 1 sur 30 en mourra. L'équipe du Dr Côté a fait le pari d'améliorer ce pronostic.

Les cellules cancéreuses les plus rusées

Une tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de volume d'un tissu, clairement délimitée sans précision de cause.) cancéreuse se développe lorsque des cellules prolifèrent à un rythme anormalement élevé et s'agglomèrent dans un tissu sain. Certaines de ces cellules s'avèrent encore plus rusées: "Parfois, des cellules cancéreuses parviennent à quitter la tumeur afin de se propager ailleurs dans l'organisme, ce qui complique l'évolution de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.)", explique Jean-François Côté, directeur de l'unité de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) en organisation (Une organisation est) du cytosquelette et migration cellulaire de l'IRCM.

Ces cellules se déplacent plus aisément que la plupart de leurs congénères. Elles se détachent de la tumeur, entrent dans la circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) sanguine et atteignent d'autres organes, par exemple les poumons, les os ou le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le...). On les appelle "cellules métastatiques".

Les cellules métastatiques sont plus difficiles à détruire à cause de leur dispersion (La dispersion, en mécanique ondulatoire, est le phénomène affectant une onde dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel les différentes fréquences...) dans le corps. Par ailleurs, elles résistent davantage aux traitements actuels. Une des priorités en oncologie est donc de bloquer la propagation des cellules métastatiques. On pourrait ainsi sauver plusieurs vies, puisque 90 % des décès liés au cancer du sein sont causés par des métastases.


Marie-Anne Goyette, Jean-François Côté et Marie-Pier Thibault.
CRÉDIT: IRCM.
Une cible thérapeutique prometteuse

Jean-François Côté et ses collaborateurs ont franchi un pas de plus dans cette direction. Les scientifiques ont effectivement démontré qu'une protéine, AXL, influe sur l'apparition de métastases dans le cancer HER2 positif, qui représente 20 % des cancers du sein. Dans ce type de cancer particulièrement agressif, les cellules cancéreuses sont plus susceptibles de se détacher d'une tumeur où l'on trouve de grands taux d'AXL afin de former des métastases.

L'étude du Dr Côté a été effectuée sur des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus,...) et des cellules de tumeurs provenant de patientes montréalaises. Certains indices statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation...) suscitent déjà l'espoir quant à son extrapolation à l'humain: chez les femmes ayant un cancer HER2 positif, on constate que moins AXL est présente, meilleur est le taux de survie. Par le passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des...), des chercheurs avaient associé la protéine AXL à un type de cancer du sein particulier, le cancer triple négatif, mais personne n'avait examiné sa présence dans le cancer HER2 positif avant l'équipe de Jean-François Côté.

"Grâce à cette découverte, un traitement ciblant AXL pourrait diminuer les risques de métastases", se réjouit le Dr Côté.

En effet, l'action d'AXL pourrait être contrecarrée. Les chercheurs de l'IRCM ont administré un traitement inhibant AXL à des souris ayant une tumeur HER2 positive. Ils ont ensuite constaté que les métastases étaient moins sujettes à se développer. Ce médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en...) fait actuellement l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction...) d'essais cliniques chez l'humain pour d'autres usages thérapeutiques. Si les recherches subséquentes s'avèrent tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) aussi concluantes, la découverte de l'IRCM permettrait l'utilisation de ce traitement chez les patientes atteintes du cancer du sein. Il agirait en complément à la thérapie (Une thérapie est un ensemble de mesures appliquées par un thérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé, dans le but de l'aider à guérir, de minimiser ou de soulager...) ciblant les tumeurs de type HER2 positif.

La suite des travaux est déjà amorcée dans le laboratoire de l'IRCM: "En ce moment, nous vérifions si l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement...) de la tumeur, tels les vaisseaux sanguins et le système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du...), est affecté lorsqu'on inhibe AXL", dit le Dr Côté. En comprenant la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit...) dans sa globalité, l'équipe contribuerait à déjouer les pronostics actuels... et remporterait ainsi son pari.

À propos de l'étude

Le projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration...) de recherche a été réalisé à l'unité de recherche en organisation du cytosquelette et migration cellulaire de l'IRCM par Marie-Anne Goyette, Stéphanie Duhamel, Ariane Pelletier, Marie-Pier Thibault et Jean-François Côté. Léo Aubert, Philippe Roux et Louis Gaboury, de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le...) de recherche en immunologie (L'immunologie est la branche de la biologie qui s'occupe de l'étude du système immunitaire. Apparu très tôt dans l'échelle de l'évolution, ce système a évolué pour discriminer le soi du...) et en cancérologie (L'oncologie ou carcinologie ou cancérologie est la spécialité médicale d'étude, de diagnostic et de traitement des cancers. Un médecin...) de l'Université de Montréal, Paul Savage, Radia Marie Johnson, William J. Muller et Morag Park, de l'Université McGill, Peter Carmeliet, de l'Université catholique de Louvain, et Jean-Philippe Gratton, du Département de pharmacologie et physiologie (La physiologie (du grec φύσις, phusis, la nature, et λόγος, logos, l'étude, la science) étudie le rôle, le fonctionnement et...) de l'UdeM, ont également collaboré à l'étude.

La recherche a bénéficié d'un soutien financier de la Chaire Transat en recherche sur le cancer du sein, des Instituts de recherche en santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) du Canada, du Fonds de recherche du Québec ? Santé, de la Fondation du cancer du sein du Québec, de la Fondation Cole et de la Chaire Diane et Sal Guerrera en génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité...) du cancer.

Plus de renseignements sur les travaux de Jean-François Côté .

À propos de l'IRCM

Fondé en 1967, l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) est un organisme à but non lucratif qui effectue de la recherche biomédicale fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.) et clinique en plus de former une relève scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) de haut niveau. Doté d'installations technologiques ultramodernes, l'Institut regroupe 33 équipes de recherche qui ?uvrent notamment dans le domaine du cancer, de l'immunologie, des neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques, des neurones et du système...), des maladies cardiovasculaires et métaboliques, de la biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences...) des systèmes et de la chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces d'investigations communs ou proches.) médicinale. L'IRCM dirige également une clinique de recherche spécialisée en hypertension, en cholestérol (Le cholestérol est un lipide de la famille des stérols qui joue un rôle central dans de nombreux processus biochimiques. Le cholestérol tire...), en diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes (polyurie). Le mot « diabète » vient du grec ancien dia-baïno, qui signifie « passer au...) et en fibrose kystique ainsi qu'un centre de recherche sur les maladies rares et génétiques chez l'adulte. L'IRCM est affilié à l'Université de Montréal et associé à l'Université McGill. Sa clinique est affiliée au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). L'IRCM reçoit l'appui du ministère de l'Économie, de la Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large....) et de l'Innovation du Québec.

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Source: Université de Montréal
 
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