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Posté par Adrien le Jeudi 17/05/2018 à 02:10
Vers une analgésie sans tolérance
Une collaboration internationale impliquant deux équipes strasbourgeoises a permis d'identifier un nouveau composé analgésique opioïde puissant mais avec des effets secondaires atténués. Ce travail a été publié le 26 avril dans la revue Pain.

Découvrir un anti-douleur dépourvu d'effets secondaires, c'est le graal recherché par de nombreuses équipes académiques et l'industrie pharmaceutique (L'industrie pharmaceutique est le secteur économique qui regroupe les activités de recherche, de fabrication et de commercialisation des médicaments pour la médecine humaine ou vétérinaire....). En effet, les opiacés comme la morphine (La morphine (du grec Μορφεύς, Morphée dieu du sommeil et des rêves) est un alcaloïde de l'opium utilisé comme médicament contre la douleur (analgésique). Découverte en...), dont l'action analgésique est liée principalement à sa capacité à activer le récepteur opioïde (Un opioïde est une substance opiacée de synthèse ou peptidique dont les effets sont similaires à ceux de l'opium sans y être chimiquement apparentés. Les opioïdes exercent leurs effets par stimulation...) mu, sont encore aujourd'hui les molécules les plus utilisés en clinique et ce malgré de très nombreux effets secondaires à court et à long terme comme la dépression respiratoire, la constipation (La constipation (d'après le latin co- : "avec"+ stipare : "rendre raide, compact") est une difficulté à déféquer. Les selles sont...), la tolérance (diminution de l'effet analgésique au cours du temps) et la dépendance.


Figure: De par ses caractéristiques agoniste mu biaisé et antagoniste des récepteur NPFF, le KGFF09 présente une activité analgésique puissante avec des effets indésirables aigus et chroniques atténués.
© Frédéric Bihel & Frédéric Simonin

Une collaboration internationale impliquant l'équipe de Frédéric Simonin du Laboratoire de Biotechnologie (L’OCDE définit les biotechnologies comme "l’application de la science et de la technologie aux organismes vivants à d’autres...) et Signalisation Cellulaire et l'équipe de Frédéric Bihel du Laboratoire d'Innovation Thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) vient d'identifier un nouveau composé à dualité d'action: agoniste mu biaisé - antagoniste des récepteurs du neuropeptide FF (NPFF1 et NPFF2), qui présente un effet analgésique puissant avec des effets secondaires atténués. A l'aide de cellules exprimant de manière hétérologue les récepteurs mu ou NPFF1/2, les chercheurs ont montrés que ce composé (le KGFF09) est capable d'inhiber la production d'AMP cyclique via le récepteur mu de manière aussi efficace qu'un agoniste mu de référence mais conduit à un recrutement de l'arrestine nettement plus faible. Cette caractéristique biaisée a été décrite comme particulièrement intéressante pour limiter les effets secondaires aigus (dépression respiratoire, constipation) des agonistes du récepteur mu.

Par ailleurs, Le KGFF09, contrairement aux agonistes mu classiques, présente également la capacité de bloquer efficacement les récepteurs du neuropeptide FF, dont l'activation (Activation peut faire référence à :) est associée au développement des effets secondaires chroniques (tolérance, dépendance) des opiacés. En comparant systématiquement le KGFF09 au composé parent (KGOP1) qui est un agoniste mu non biaisé sans composante NPFF, les chercheurs ont pu montrer chez la souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire, mais...) que ce composé présentait une activité analgésique aiguë puissante, de longue durée et produisant moins de dépression respiratoire que le KGOP1. Par ailleurs, sa composante antagoniste des récepteurs NPFF limite fortement le développement de la tolérance analgésique et de la dépendance physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique...) observées avec le KGOP1.

Ces propriétés font de cette molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite quantité de matière possédant les...) un candidat tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) à fait intéressant pour le développement de nouveaux analgésiques plus sûrs, plus efficaces et avec des effets indésirables à court et à long terme limités.

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Source: CNRS-INSB
 
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