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Posté par Isabelle le Vendredi 29/06/2018 à 12:00
Quand les jeunes enfants apprennent à manger une grande variété de textures

Comment les jeunes enfants âgés de 6 à 18 mois apprennent-ils à manger des textures variées ? Quelles textures acceptent-ils en fonction de leur âge ? Pour la première fois en France, des chercheurs de l'Inra, en collaboration avec l'entreprise Blédina, ont étudié ces questions(1). Ils ont montré que les enfants acceptent en petite quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un groupe de choses.) la plupart des textures à un âge plus précoce que ce que leur proposent généralement leurs parents à la maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.). Publiés dans la revue Food Quality and Preference, ces travaux suggèrent des recommandations relatives à la diversification alimentaire.

Dans les premiers mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) de vie (La vie est le nom donné :), les apports nutritionnels du nourrisson (On désigne par le mot nourrisson la période entre l'âge d'un mois et de deux ans chez un bébé. Avant cette période, on parlera d'un nouveau-né. La période qui suit...) sont assurés par le lait maternel (Cet article décrit le lait maternel humain.) ou les préparations infantiles pour nourrissons. Vers 4-6 mois, son alimentation évolue avec l'introduction d'une alimentation solide plus variée (fruits, légumes, produits céréaliers, viandes/poissons/?uf et produits laitiers autres que son lait). Au départ, ces aliments sont souvent proposés à l'enfant en purées qui lui permettent de découvrir différents goûts. Puis au fil des mois, les purées sont progressivement remplacées par des morceaux d'abord petits et mous puis de plus en plus gros, durs, collants, fibreux... qui permettront à l'enfant d'apprendre à manger les aliments de la table familiale. Cependant, à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris...) actuelle, les recommandations de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des déterminants physiques,...) sur le sujet sont limitées et les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) scientifiques peu nombreuses. En Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité...), le comité de nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement. La nutrition est également...) de la société de gastroentérologie pédiatrique (ESPGHAN) a émis un avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière...) en 2017 encourageant à une introduction des morceaux(2). Des études observationnelles suggèrent en effet qu'une introduction trop tardive des morceaux serait associée à des refus alimentaires à 18 mois et à des moindres consommations de fruits et légumes à 7 ans.

Dans ce contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui...) et pour la première fois en France, les chercheurs de l'Inra, en collaboration avec l'entreprise Blédina, ont mené une étude longitudinale entre 2015 et 2017, auprès de jeunes enfants afin de mieux comprendre comment ceux-ci apprennent à manger des textures variées et quelles textures sont acceptées en fonction de leur âge. Pour cela, les scientifiques ont suivi deux groupes d'enfants au fil des mois, dans leur laboratoire. Le premier groupe de 24 enfants a démarré l'étude à 6 mois et a été revu à 8 et 10 mois. Le second de 25 enfants a été revu à 12, 15 et 18 mois. Suivant les âges, les chercheurs ont proposé aux enfants trois cuillères (purées lisse ou granuleuse, petits morceaux de légumes cuits ou crus, petits morceaux de viande, pâtes, muesli, morceaux collants (banane et brie) et petits plats bébé (L'onomatopée bébé désigne l'être humain en bas-âge. En puériculture on distingue plutôt le nouveau-né (le premier mois), le...) du commerce) ou un morceau (pain et biscuit) d'aliments de textures très variées, à un âge auquel bien souvent leur parent ne leur avait pas encore proposé à la maison. Pour chaque aliment, les chercheurs ont évalué comment l'enfant mangeait l'aliment (en le suçant ou en le mastiquant) et s'il acceptait l'aliment (s'il était capable de l'avaler). Le parent évaluait, quant à lui, si son enfant aimait ou non l'aliment.

Les résultats ont montré que les purées granuleuses avec ou sans petits morceaux mous étaient très bien acceptées dès 6 mois et que les enfants les consommaient par succion. Entre 6 et 10 mois, les enfants apprenaient progressivement à mastiquer, ce qui leur permettaient d'accepter de mieux en mieux des morceaux mous, collants et le pain. Cependant, à 10 mois, moins de 50 % des enfants étaient capables de manger un quignon de pain ou un biscuit pour bébé dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) imparti (une minute), et c'était seulement à 15 mois que tous les enfants acceptaient ces aliments. Entre 12 et 18 mois, les enfants mastiquaient tous les aliments et le comportement de succion avait quasiment disparu. C'est une période de développement de l'acceptabilité des morceaux de légumes crus et des pâtes (pennette) mais ces aliments étaient acceptés par au moins 50 % des enfants seulement à 15 mois et certains enfants ne parvenaient toujours pas à les manger à 18 mois. Pour les parents, leur enfant aimait l'aliment dès qu'il était capable de le manger, à l'exception du pain et du biscuit, jugés appréciés même si les enfants avaient du mal à les avaler.

Ces données révèlent que les enfants acceptent en petite quantité la plupart des textures proposées ; à un âge généralement plus précoce que ce que leur donnent leurs parents à la maison. L'acceptabilité des morceaux durs et des légumes crus augmente progressivement entre 6 et 18 mois, en parallèle de l'émergence des capacités de mastication (La mastication est un phénomène qui fait appel aux muscles de la mâchoire. Elle constitue la première phase de la digestion (ce qui est souvent ignoré). Les...). Ces travaux permettent d'envisager des pistes de recommandation (Les industries ne fonctionnent pas correctement sans normes garantissant l'interopérabilité, des organismes crées pour, promulguent des recommandations, qui si elles sont...) pour conduire la diversification alimentaire à destination des parents.

Note:
1. Ces travaux ont été menés dans le cadre de la thèse (Une thèse (du nom grec thesis, se traduisant par « action de poser ») est l'affirmation ou la prise de position d'un locuteur, à...) de Lauriane Demonteil.
2. M. Fewtrell, J. Bronsky, C. Campoy, M. Domellöf, N. Embleton, N. Fidler Mis, C. Molgaard Complementary Feeding: A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, 64 (1) (2017), pp. 119-132



Contacts scientifiques:
- Sophie Nicklaus, Centre des Sciences du Goût (Pour la faculté de juger les belles choses, voir Goût (esthétique)) et de l'Alimentation (Inra, AgroSup Dijon, CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) Bourgogne Franche-Comté)
- Carole Tournier, Centre des Sciences du Goût et de l'Alimentation (Inra, AgroSup Dijon, CNRS, Université Bourgogne Franche-Comté)

Département associé:
Alimentation humaine, Caractérisation et élaboration des produits issus de l'agriculture

Référence publication:
Demonteil L, Tournier C, Marduel A, Dusoulier M, Weenen H, Nicklaus S. - Longitudinal study on acceptance of food textures between 6 and 18 months. Food Quality and Preference.https://doi.org/10.1016/j.foodqual.2018.05.010 (Volume 71, January 2019, Pages 54-65).

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Source: INRA
 
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