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Posté par Adrien le Jeudi 30/08/2018 à 00:00
Quand un robot menaçant améliore les performances cognitives
Un robot humanoïde peut-il influencer par sa simple présence les performances cognitives humaines ? Dans cette étude, publiée dans Science Robotics le 15 août 2018, les chercheurs montrent que la simple présence d'un robot connu pour son antipathie (plutôt que sa sympathie) augmente la sélectivité de l'attention de manière comparable à la présence d'un observateur humain.


Figure: Illustration du dispositif expérimental. Un robot MeccanoidG15KS est piloté à distance par un opérateur (Le mot opérateur est employé dans les domaines :) humain à l'aide de deux smartphones contrôlant les gestes et la voix du robot. Dans les conditions de présence sociale, le robot était positionné en face du participant (à sa droite, à l'orée de sa vision périphérique) et regardait le participant 60% du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) en tournant la tête selon un script prédéfini.
© Nicolas Spatola, Ludovic Ferrand, Pascal Huguet.

Longtemps mis en scène par le 7ème art, les robots humanoïdes dotés de capacités cognitives supérieures à celles des humains et capables à notre égard du meilleur comme du pire (nous servir ou nous asservir) ne relèvent plus totalement de la science-fiction (La science-fiction, prononcée /sjɑ̃s.fik.sjɔ̃/ (abrégé en SF), est un genre narratif (principalement littéraire et...). En effet, les progrès rapides de la robotique sociale humanoïde permettent d'ores (ORES, l'Opérateur des Réseaux Gaz & Électricité est le l'opérateur des réseaux de distribution d'électricité et de gaz pour les 8 gestionnaires du...) et déjà à des robots de se mouvoir de manière de plus en plus efficace et autonome, d'interagir verbalement, de comprendre et de répondre à certaines de nos attentes en tenant compte notamment de nos états émotionnels ; le tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) avec des perspectives d'applications nombreuses, à domicile (services aux personnes âgées et aux personnes dépendantes), à l'école, à l'hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à domicile ou...), dans l'industrie, au sein de nos systèmes de défense, etc...

On ne peut donc ignorer plus longtemps les questions posées par la présence de ces machines dans un futur proche. Comme le font remarquer les auteurs de cette publication, en dépit de ses avancées scientifiques et technologiques spectaculaires, la robotique sociale humanoïde laisse une question fondamentale (En musique, le mot fondamentale peut renvoyer à plusieurs sens.) en suspens. Quel est exactement l'impact de la simple présence des robots humanoïdes sur l'humain ? Des milliers de travaux issus des sciences du comportement, en particulier ceux de la psychologie sociale expérimentale ( En art, il s'agit d'approches de création basées sur une remise en question des dogmes dominants tant sur le plan formel, esthétique, que sur le plan culturel et politique. En science, il s'agit d'approches de...), montrent chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est...) et chez l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de substances organiques. On...) les effets tantôt bénéfiques tantôt néfastes de la simple présence des congénères. Même passive, la présence des autres peut avoir de puissants effets sur nos performances cognitives, par exemple en augmentant la sélectivité de l'attention (avec des conséquences positives ou négatives selon les caractéristiques de la tâche à accomplir).

Forts de ce constat, des chercheurs du Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive et du Laboratoire d'Informatique (L´informatique - contraction d´information et automatique - est le domaine d'activité scientifique, technique et industriel en rapport avec le traitement automatique de l'information par...), de Modélisation et d'Optimisation des Systèmes ont unis (L'UNIS, pour UNIversité du Svalbard, est une université norvégienne implantée en 1993, à Longyearbyen (2000 habitants), principale cité du Spitzberg (en francais,...) leurs forces pour tester les effets de la présence passive d'un robot humanoïde sur l'attention. Les sujets réalisaient un test difficile d'attention sélective une première fois seuls et une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est...) fois soit à nouveau seuls soit en condition de présence passive d'un robot avec lequel ils avaient quelques minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur...) auparavant échangés verbalement et découvert la personnalité sympathique ("le bon robot, serviable et empathique") ou au contraire antipathique ("le mauvais robot, sévère et prétentieux").

Les résultats de l'étude montrent une nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un emprunt au grec...) augmentation de la sélectivité attentionnelle en présence du mauvais robot, augmentation comparable à celle observée par ailleurs en condition de présence humaine (un observateur attentif aux actions du sujet). Les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) de l'étude montrent aussi que, spontanément, les sujets anthropomorphisent le robot (bon ou mauvais) au niveau psychologique, c'est-à-dire le dotent de caractéristiques psychologiques spécifiquement humaines.

En bref, en construisant une machine à leur image, les humains s'exposent de facto à des phénomènes comportementaux auxquels ils n'avaient pas vraiment réfléchis, et dont l'étude en question ne montre sans doute qu'une facette très partielle mais suffisante pour désormais ouvrir ce champs de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) à la question des sciences du comportement. Plus que de nouvelles réponses, de nouvelles questions émergent à mesure que nous explorons les possibilités des robots sociaux. Ces questions impliquent une réponse pour faciliter l'acceptabilité et la transition face ce qui est déjà appelé "une rupture". L'accompagnement et une pédagogie (La pédagogie est, étymologiquement, l'action de "conduire les enfants", du grec PAIDAGÔGIA. C'est donc l'art d'éduquer. Le terme désigne les...) des changements sociaux à venir liés à l'arrivée de ces robots passent en premier lieu par une compréhension de l'impact de l'interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact...) homme-robot, cela d'autant que notre société l'envisage aussi en milieu scolaire.

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Source: CNRS-INSB
 
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