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Posté par Michel le Samedi 31/01/2009 à 00:00
Une nouvelle piste thérapeutique pour traiter la maladie d'Alzheimer
Le laboratoire Apoptose, cancer et développement et le Buck Institute for Age research, aux Etats-Unis, ont découvert une molécule capable de se fixer au récepteur membranaire neuronal impliqué dans la maladie d'Alzheimer. Son injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :) conduit chez la souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire, mais aussi de nombreuses...) atteinte d'Alzheimer à une perte des plaques amyloides, dont la présence dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le...) est caractéristique de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.), et à un rétablissement des capacités cognitives perdues. Ces travaux, publiés dans la revue Cell death and differentiation, ont fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par...) d'un brevet CNRS/Buck Institute et une licence a été cédée à une entreprise américaine pour développer un mimétique de la molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite...) comme médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en...) contre la maladie d'Alzheimer.

La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales. Principale cause de démence (La démence (du latin demens) est une réduction acquise des capacités cognitives suffisamment importante pour retentir sur la vie de la personne et...) chez les personnes âgées, elle touche environ 25 millions de personnes à travers le monde (Le mot monde peut désigner :).

La maladie se caractérise entre autres par la formation dans le cerveau des malades de plaques, appelées plaques séniles ou amyloides. Ces dernières déclenchent progressivement la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général,...) des neurones dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout », comme...) du cerveau et plus particulièrement dans deux régions impliquées dans les processus d'apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences, d'attitudes ou de valeurs culturelles, par l'observation, l'imitation,...) et de mémorisation (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.). On sait que ces plaques résultent de l'agrégation d'un composé toxique, le peptide amyloide beta (Le genre Beta appartient à la famille des Chénopodiacées, tribu des Cyclolobae.). Ce peptide provient du clivage (Le clivage est l'aptitude de certains minéraux à se fracturer selon des surfaces planes dans des directions privilégiées lorsqu'ils sont soumis à un effort mécanique (un choc ou une pression continue)....) enzymatique anormal d'un récepteur de la membrane plasmique des neurones appelé APP (Amyloïd protein precursor). Mais quelles sont les molécules extracellulaires qui peuvent se lier à APP pour réguler son activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) ? Comment la formation du peptide amyloide beta est-elle contrôlée ? Ces questions restaient sans réponse et le récepteur APP demeurait un récepteur "orphelin", sans ligand identifié.

L'équipe de Patrick Mehlen du laboratoire Apoptose, cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle...) et développement (CNRS/Université Lyon 1/Centre anticancéreux (Un anticancéreux est un médicament permettant de lutter contre le cancer) L.Berard) travaille sur différentes molécules impliquées dans la régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se rattache au plan scientifique à l'automatique.) des cancers. Elle a découvert que la netrin-1, une protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des...) connue pour intervenir à la fois au cours du développement du système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, de l'encéphale, de la moelle épinière, etc. Il coordonne les mouvements musculaires, contrôle le...) et dans la régulation des cancers, est capable de se lier au récepteur APP. Des études in vitro (In vitro (en latin : « dans le verre ») signifie un test en tube, ou, plus généralement, en dehors de l'organisme vivant...) ont permis aux chercheurs d'observer que la présence de netrin-1 dans le milieu extracellulaire et sa fixation au récepteur APP inhibait la formation du peptide toxique amyloide beta.

En collaboration avec le Buck Institute for age research, aux Etats-Unis, ils ont ensuite travaillé in vivo (In vivo (en latin : « au sein du vivant ») est une expression latine qualifiant des recherches ou des examens pratiqués sur un organisme vivant, par opposition à...) sur des souris modèles qui développent la maladie d'Alzheimer. Ils ont injecté, via des petites pompes, de la netrin-1 dans leurs cerveaux. Ils ont observé que cette infusion de netrin-1 permettait non seulement d'inhiber la formation du peptide amyloide dans le cerveau des souris malades mais aussi de rétablir des capacités cognitives initialement perdues.

La netrin-1 pourrait donc constituer un candidat potentiel pour traiter la maladie d'Alzheimer. Pour exploiter ces résultats, un brevet entre le CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) et le Buck Institute a été déposé en février 2006 et une licence a été cédée à une société américaine spécialisée dans les maladies dégénérative (NTI corp) en mars 2008. Une collaboration entre NTI, le Buck Institute et le CNRS cherche aujourd'hui à développer un mimétique de la netrin-1, c'est-à-dire un composé structurellement identique qui mimerait son activité, comme médicament anti-Alzheimer.

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Source: CNRS
 
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