Cancer du sein: un duo de récepteurs envisagé comme piste thérapeutique
Publié par Adrien le 16/04/2018 à 00:00
Source: CNRS-INSB
Ralf Jockers, directeur de recherche Inserm et chef d'équipe à l'Institut Cochin (Inserm / CNRS / Université Paris-Descartes), a coordonné une étude qui vient de paraître dans Nature Communications et dans laquelle sont étudiées et mises en évidence les propriétés antiprolifératives d'un récepteur membranaire, GPR50, dans le cadre de cancers du sein. L'association du récepteur TßRI avec GPR50 induit (L'induit est un organe généralement électromagnétique utilisé en électrotechnique chargé de recevoir l'induction de l'inducteur et de la transformer en électricité (générateur) ou en force (moteur).) en effet le ralentissement (Le signal de ralentissement (de type SNCF) annonce une aiguille (ou plusieurs) en position déviée qui ne peut être franchie à la vitesse normale de la ligne.) de la croissance tumorale dans les tumeurs mammaires, faisant de ce duo une piste thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) d'intérêt.


Figure: En rouge: GPR50, en vert (Le vert est une couleur complémentaire correspondant à la lumière qui a une longueur d'onde comprise entre 490 et 570 nm. L'œil humain possède un récepteur, appelé cône M, dont la bande...): TßRI, en jaune (Il existe (au minimum) cinq définitions du jaune qui désignent à peu près la même couleur :): superposition (En mécanique quantique, le principe de superposition stipule qu'un même état quantique peut possèder plusieurs valeurs pour une certaine quantité observable (spin, position, quantité de mouvement etc.)) des deux marquages montrant la colocalisation de ces récepteurs.
© Inserm

Les récepteurs couplés aux protéines G (RCPG) sont impliqués dans de nombreux processus physiologiques et physiopathologiques, et sont connus pour reconnaître une large gamme de signaux biologiques internes et externes: molécules du goût (Pour la faculté de juger les belles choses, voir Goût (esthétique)), hormones, neurotransmetteurs...

Cependant, le ligand d'une centaine de ces récepteurs n'est pas encore identifié à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début...): on parle de récepteurs orphelins. Dévoiler leurs fonctions présente un intérêt scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) important, car ils pourraient constituer de potentielles cibles médicamenteuses. C'est dans ce cadre que Ralf Jockers, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) Inserm, s'est intéressé à l'un d'entre eux, GPR50.

Dans cette étude, l'équipe démontre que GPR50 est capable de se lier à un récepteur de la famille des TGFß ("facteur de croissance transformant", connu pour jouer un rôle dans la prolifération et la différenciation cellulaire dans de nombreux types de cellules) de type I: TßRI. C'est la formation de cet hétérodimère qui est à l'origine des effets anti-tumoraux observés dans les tumeurs mammaires.

En induisant la formation du complexe TßRI-GPR50 sur des modèles murins de cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie...), les chercheurs ont pu observer et confirmer une réduction significative de la prolifération tumorale.

Par ailleurs, les chercheurs ont également montré que la surexpression de GPR50 mime cet effet anti-prolifératif, ralentissant ainsi la croissance tumorale.

À l'inverse (En mathématiques, l'inverse d'un élément x d'un ensemble muni d'une loi de composition interne · notée multiplicativement, est un élément y tel que x·y = y·x = 1, si 1 désigne...), l'élimination ciblée de GPR50 dans un modèle de cancer du sein augmente la croissance tumorale et diminue de façon significative les chances de survie de l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de substances organiques. On réserve...).

De plus, après étude d'une base de données (En informatique, une base de données (Abr. : « BD » ou « BDD ») est un lot d'informations stockées dans un dispositif informatique. Les technologies existantes permettent...) regroupant des informations et statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données ainsi que la présentation de ces ressources afin de les rendre...) de patientes ayant survécu à un cancer du sein, l'équipe a mis en évidence qu'une faible expression du récepteur GPR50 était corrélée à un pronostic moins favorable des patientes (c'est-à-dire un taux de survie plus faible), quel que soit le sous-type de cancer du sein.

Ces travaux prouvent le rôle protecteur joué par GPR50 contre la croissance tumorale lors d'un cancer du sein, et font de ce récepteur une cible thérapeutique d'intérêt pour développer de nouvelles méthodes de traitement. En effet, la mesure de son expression pourrait constituer un test de diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation,...) précoce du cancer du sein, tandis qu'une activation (Activation peut faire référence à :) ciblée de son expression pourrait permettre de ralentir la croissance tumorale.
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