Un nouveau morceau de phalange rapproche plus les Dénisoviens des Humains modernes que des Néandertaliens
Publié par Adrien le 06/09/2019 à 08:00
Source: CNRS
Un morceau de phalange provenant de la grotte de Dénisova (Sibérie) et contenant de l'ADN exceptionnellement préservée a permis d'obtenir, en 2010, la séquence de son génome et a mis en évidence une population humaine inconnue jusque-là, les Dénisoviens, proche des Néandertaliens. Toutefois, sa morphologie est encore peu connue, par manque d'ossements identifiés.

Une équipe de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter...) Jacques Monod (CNRS/Université de Paris) a mesuré et photographié un autre fragment de phalange, provenant lui aussi de la grotte de Dénisova. Grâce à la génomique (La génomique est une discipline de la biologie moderne. Elle étudie le fonctionnement d'un organisme, d'un organe, d'un cancer, etc. à l'échelle du génome, et non plus limitée...), ils ont montré que ce fragment correspondait à la partie manquante de la célèbre phalange qui avait permis de déchiffrer le génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de certains virus...) Dénisovien.

Avec des collègues du laboratoire PACEA (CNRS/Université de Bordeaux/Ministère de la culture) et de l'université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) de Toronto (Canada), ils ont comparé ce fragment aux phalanges de Néanderthaliens et d'humains anatomiquement modernes. Leur analyse a montré que la phalange est très proche de celles des humains modernes et plus éloignée de celles des Néandertaliens.

Cette proximité contraste avec les molaires et la mandibule (Chez les vertébrés, la mandibule forme la mâchoire inférieure et s'articule avec le crâne au niveau de l'articulation mandibulaire. C'est elle qui porte les dents inférieures qui s'opposent aux dents de la...) récemment identifiée au Tibet qui possèdent des caractères plus archaïques. Cette mosaïque de caractéristiques morphologiques interroge les scientifiques, à la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) de nouveaux ossements qui permettront de mieux caractériser cette "troisième" humanité. Ces résultats sont publiés le 4 septembre 2019 dans Science Advances.


Reconstruction virtuelle de la cinquième phalange distale de Denisova. © Photo de la partie distale de la phalange: Eva-Maria Geigl, Institut Jacques Monod, (CNRS/Université de Paris). Scan µCT et reconstruction virtuelle: Bence Viola, Departement of Anthropology, Université de Toronto (Canada).

Bibliographie

Morphology of the Denisovan phalanx closer to modern humans than to Neandertals. E. Andrew Bennett, Isabelle Crevecoeur, Bence Viola, Anatoly P. Derevianko, Michael V. Shunkov, Thierry Grange, Bruno Maureille, and Eva-Maria Geigl. Science Advances, le 4 septembre 2019. DOI: 10.1126/sciadv.aaw3950.
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